Je veux quit­ter ce pays

Biographies Collection - - Jackie O - Pho­to­gra­phiée nue

Ti­na 17; il y avait entre eux la même dif­fé­rence d’âge qu’entre lui et Ja­ckie.

Les Ken­ne­dy s’y op­posent éga­le­ment, car ce ma­riage pour­rait nuire à la campagne élec­to­rale de Robert pour la pré­si­dence. Mais le des­tin en dé­cide au­tre­ment quand Bob­by est as­sas­si­né à Los An­geles, le 5 juin 1968. Tran­sie de peur, Ja­ckie re­doute que les Ken­ne­dy soient pour­sui­vis par des ter­ro­ristes et ac­cepte la pro­po­si­tion de l’ar­ma­teur: « Je hais ce pays, mar­monne- telle amè­re­ment le len­de­main des fu­né­railles. Je dé­teste l’amé­rique et je ne veux pas que mes en­fants conti­nuent d’y vivre. S’ils ont dé­ci­dé d’ex­ter­mi­ner les Ken­ne­dy, mes en­fants sont les pre­miers sur la liste… Je veux quit­ter ce pays. » Le 20 oc­tobre 1968, la jeune mère de 39 ans épouse en se­condes noces Aris­tote Onas­sis et uti­lise son nou­veau ma­riage comme une oc­ca­sion pour quit­ter les États- Unis avec ses en­fants. Il s’agit aus­si d’une deuxième union pour le ma­rié de 62 ans, qui est di­vor­cé et a deux en­fants, Alexandre et Ch­ris­ti­na Onas­sis. Op­po­sés à cette idée de re­ma­riage, ces der­niers consi­dèrent Ja­ckie comme une aven­tu­rière et la traitent ou­ver­te­ment de « gei­sha amé­ri­caine » . La cé­ré­mo­nie a lieu dans la pe­tite cha­pelle de l’île Skor­pios,

« Leur ma­riage re­lève de la rai­son plus que de la pas­sion

»

pro­prié­té de l’ar­ma­teur dans la mer Io­nienne. Pour se ma­rier avec Ja­ckie, Ari met fin à sa re­la­tion avec la can­ta­trice Ma­ria Cal­las, qu’il fré­quente de­puis huit ans. La di­va, qui es­pé­rait l’épou­ser un jour, se sent tra­hie et en souffre beau­coup. Les mé­dias s’em­parent de l’his­toire et l’évè­ne­ment pro­voque un tol­lé gé­né­ral dans leurs pages. On peut lire à la une d’un quo­ti­dien bri­tan­nique « Ja­ckie épouse un chèque en blanc », alors que le New York Times écrit « Ici, c’est la co­lère, le choc et la conster­na­tion ».

Pour tous, il est évident qu’il s’agit da­van­tage d’un ma­riage de rai­son que de pas­sion. Da­vid Hey­mann le confirme dans son livre Ja­ckie, un mythe amé­ri­cain: « Onas­sis re­pré­sen­tait pour Ja­ckie une échap­pa­toire au­tant que l’in­dé­pen­dance fi­nan­cière à la­quelle elle as­pi­rait de­puis si long­temps. Elle avait be­soin de sé­cu­ri­té et elle ado­rait le luxe. Onas­sis lui of­frait les deux. Elle vou­lait une pré­sence mas­cu­line forte dans la vie de son jeune fils, et elle vou­lait échap­per à ce qu’elle ap­pe­lait l’ob­ses­sion op­pres­sante de l’amé­rique pour elle et ses en­fants. »

Si Jac­que­line ne s’en­tend pas avec les en­fants d’ari, ce­lui- ci en­tre­tient une bonne re­la­tion avec Ca­ro­line et John- John. Mais le couple se voit ra­re­ment, car elle vit al­ter­na­ti­ve­ment En 1971, un pa­pa­raz­zi réus­sit à prendre des cli­chés de Jac­que­line Ken­ne­dy Onas­sis, alors qu’elle est nue sur la plage de Skor­pios. L’édi­teur Lar­ry Flynt les achète pour 18 000 $ et les pu­blie dans l’édi­tion du mois d’août 1975 de son ma­ga­zine Hust­ler. Il en vend des mil­lions d’exem­plaires. en Grèce et en France. Leur re­la­tion est in­ter­rom­pue en 1973 par la mort d’alexandre Onas­sis dans un ac­ci­dent d’avion, alors qu’il n’avait que 24 ans. Fou de dou­leur, son père ac­cuse Ja­ckie d’être frap­pée de ma­lé­dic­tion. Il est sur le point de de­man­der le di­vorce quand il meurt en France, le 15 mars 1975, des suites d’une my­as­thé­nie. Jac­que­line se trouve à New York et seule sa belle- fille, Ch­ris­ti­na, as­siste aux fu­né­railles.

»

Femme de car­rière

Après la mort d’ari, Jac­que­line re­vient à New York et vit comme la plu­part des femmes for­tu­nées de Man­hat­tan. Elle se four­nit aux meilleures adresses, fait du vé­lo dans Cen­tral Park, s’adonne à la pein­ture, change la dis­po­si­tion des meubles de son ap­par­te­ment et se rend le week- end à sa mai­son de com­pagne. Mais rien de tout ce­la n’est sti­mu­lant pour elle. Elle com­mence donc à son­ger à un em­ploi à temps par­tiel et ren­contre Tho­mas Guinz­burg, pa­tron de Vi­king Press à New York et ami des Bou­vier, qui lui pro­pose le poste de conseillère édi­to­riale pour sa mai­son d’édi­tion.

Trois ans plus tard, en 1978, elle se joint aux édi­tions Dou­ble­day, où elle s’oc­cupe de livres d’art et de grands al­bums abon­dam­ment illus­trés sur des cé­lé­bri­tés. Son poste lui per­met éga­le­ment de pro­mou­voir des au­teurs émer­gents et de par­ti­ci­per à la pu­bli­ca­tion de leurs oeuvres. Tou­te­fois, à son grand mal­heur, elle tra­vaille pen­dant quatre ans à la pu­bli­ca­tion de l’au­to­bio­gra­phie Moon­walk de Mi­chael Jack­son, qui mul­ti­plie les ex­cen­tri­ci­tés et les de­mandes abu­sives. Le projet est fi­na­le­ment aban­don­né, et Ja­ckie le dé­crit comme un em­bar­ras pro­fes­sion­nel.

D’autre part, elle s’in­té­resse à l’ur­ba­nisme de New York en ten­tant d’em­pê­cher la construc­tion de grat­te­ciel et en ai­dant à la res­tau­ra­tion de bâ­ti­ments pu­blics. Elle sou­tient aus­si Sa nuit d’amour avec le cé­lèbre croo­ner au­rait eu lieu en sep­tembre 1975, quelques mois après la mort d’onas­sis, dans sa suite au Wal­dorf As­to­ria de New York. Ce soir- là, Ja­ckie est ar­ri­vée au bras de Si­na­tra au spec­tacle qu’il don­nait en com­pa­gnie de Count Ba­sie et El­la Fitz­ge­rald. Après le concert, le couple s’est ren­du au fa­meux Club 21 en se te­nant par la taille, puis a quit­té les lieux en­semble. Le len­de­main, le chan­teur « était au sep­tième ciel » , se­lon ses proches. Mais Jac­que­line ne l’a ja­mais rap­pe­lé par la suite. la construc­tion de la bi­blio­thèque Ken­ne­dy à Bos­ton, inau­gu­rée en oc­tobre 1979. Avec les 26 mil­lions $ re­çus des Onas­sis, elle achète un do­maine de 375 acres sur l’île Mar­tha’s Vi­neyard au large de Cape Cod et y fait construire une su­perbe de­meure de 3,1 mil­lions $.

Son der­nier amour, Maurice Tem­pels­man

En 1976, Ja­ckie re­voit le dia­man­taire d’ori­gine belge, Maurice Tem­pels­man, avec qui elle s’est liée d’ami­tié vingt ans au­pa­ra­vant quand le pré­sident Ken­ne­dy l’avait sol­li­ci­té pour ses contacts pro­fes­sion­nels en Afrique du Sud. Pour leur pre­mière sor­tie of­fi­cielle, Maurice vient la cher­cher en li­mou­sine et l’em­mène voir le spec­tacle de Li­za Min­nel­li, Chi­ca­go, à Broad­way. Le couple se montre en­suite dans les res­tau­rants, les ex­po­si­tions, les bals de cha­ri­té, puis dé­cide de vivre en­semble. Mais Maurice est ma­rié et sa femme re­fuse de lui ac­cor­der le di­vorce. Le couple vit donc en

Édi­trice en­ga­gée, elle s’im­plique dans sa com­mu­nau­té Un dia­man­taire for­tu­né pour der­nier amour

concu­bi­nage dans l’ap­par­te­ment de 15 pièces que Jac­que­line pos­sède à New York. Les deux amants sont fol­le­ment amou­reux et très heu­reux de vivre en­semble. Maurice est un in­dus­triel for­tu­né sur le­quel elle peut comp­ter et avec qui elle trouve enfin l’équi­libre. Il gère éga­le­ment sa for­tune et celle de ses en­fants, qu’il fait qua­dru­pler en quelques an­nées. Il res­te­ra à son che­vet jus­qu’au der­nier mo­ment. Le 20 no­vembre 1993, au cours d’une chasse au re­nard, Jac­que­line est prise de ver­tige et tombe de son che­val. Elle perd connais­sance pen­dant 30 minutes, mais ne res­sent au­cune dou­leur lors­qu’elle se re­lève et met sa chute sur le compte de la fa­tigue. Quelques se­maines plus tard, les étour­dis­se­ments et les ma­laises ré­ap­pa­raissent, ce qui la pousse à consul­ter son mé­de­cin. Le diag­nos­tic tombe sans tar­der: elle souffre d’un can­cer agres­sif du sys­tème lym­pha­tique. Bien qu’elle se montre op­ti­miste au dé­but, elle ne ré­pond pas très bien au trai­te­ment. Le can­cer se pro­page au cer­veau et à la co­lonne ver­té­brale, et elle fait une re­chute en avril. Elle est hos­pi­ta­li­sée à nou­veau et, cette fois, les mé­de­cins dé­couvrent que son can­cer est gé­né­ra­li­sé.

Ja­ckie choi­sit de mou­rir chez elle et s’éteint dans son som­meil à l’âge de 64 ans, le jeu­di 19 mai 1994. Elle est en­tou­rée de ses deux en­fants, Ca­ro­line et John- John, et de son amou­reux, Maurice Tem­pels­man. Le New York Dai­ly News pu­blie l’avis de dé­cès le len­de­main. Elle est en­ter­rée le 23 mai aux cô­tés de JFK et de leurs en­fants, Ara­bel­la et Patrick, au cimetière

News,

na­tio­nal d’arlington en Vir­gi­nie. Le pré­sident Bill Clin­ton pro­nonce l’éloge fu­nèbre. ¢

Em­por­tée par le can­cer, la dis­pa­rue se­ra pleu­rée dans le monde en­tier

Té­lé­film Jac­que­line Bou­vier Ken­ne­dy, dif­fu­sé sur ABC. Mi­ni­sé­rie Ken­ne­dy,

sur NBC. Mi­ni­sé­rie A Wo­man Named

Ja­ckie, sur NBC. Ja­ckie, dif­fu­sé

sur CBS.

Té­lé­film Ja­ckie, Ethel, Joan: The

Ken­ne­dy Wo­men, sur NBC. Té­lé­film Grey Gar­dens, dif­fu­sé sur HBO et Arte Mi­ni­sé­rie té­lé­vi­sée

The Ken­ne­dys

La belle-fille de Ja­ckie, Ch­ris­ti­na Onas­sis. 1988 - Ja­ckie et son fils, John-john, qui vient d’être élu «l’homme vi­vant le plus sexy» par le ma­ga­zine People. Aris­tote Onas­sis et son fils, Alexandre, dé­cé­dé dans un ac­ci­dent d’avion.

Le couple se voit ra­re­ment car elle vit entre la Grèce et la France. Aux cô­tés de Ted Ken­ne­dy et sa fille Ca­ro­line à une re­mise de prix.

Elle se consacre dé­sor­mais à sa vie pro­fes­sion­nelle et à ses en­ga­ge­ments so­ciaux.

Ja­ckie au­rait eu une nuit d’amour avec le cé­lèbre Frank Si­na­tra.

Avec Maurice Tem­pels­man, qui se­ra à son che­vet jus­qu’au der­nier mo­ment.

Les fu­né­railles de Ja­ckie Ken­ne­dy au cimetière na­tio­nal d’arlington en Vir­gi­nie, en mai 1994.

La cou­ver­ture du New York Dai­ly le len­de­main de son dé­cès.

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