Son as­cen­sion vers la Mai­son-blanche

À la Mai­son-blanche, Ja­ckie ne met que quelques mois pour sé­duire les Amé­ri­cains. Elle ap­pa­raît en pu­blic dans des robes élé­gantes, se montre une épouse at­ten­tive et une mère très pro­tec­trice pour ses deux en­fants, Ca­ro­line et John-john.

Biographies Collection - - Jeunesse -

JFK n’a que 43 ans lors­qu’il rem­porte les élec­tions pré­si­den­tielles. Il est le plus jeune pré­sident des États-unis, le pre­mier de re­li­gion ca­tho­lique et tou­jours le seul à ce jour. Son in­ves­ti­ture of­fi­cielle est dif­fu­sée en di­rect et se dé­roule de­vant des mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs, le 20 jan­vier 1961. Comme tou­jours, Ja­ckie rayonne à ses cô­tés. Elle porte un long man­teau de laine fauve, avec un col en zi­be­line, ain­si qu’un man­chon as­sor­ti. Sur la tête, un cha­peau pas­tille, lé­gè­re­ment in­cli­né vers l’ar­rière, lui donne un pe­tit plus qui capte l’at­ten­tion. Ce cha­peau de­vien­dra en quelque sorte sa marque dis­tinc­tive et fe­ra des mil­lions d’émules dans le monde en­tier.

Ir­ré­sis­tible Ja­ckie

En ma­tière de style, Ja­ckie est im­bat­table. Elle porte les créa­tions de cou­tu­riers fran­çais tels que Cha­nel, Gi­ven­chy, Lan­vin ou Ch­ris­tian Dior et fait aus­si connaître des créa­teurs amé­ri­cains comme Lilly Pu­lit­zer, Ben Zu­cker­man, Karl La­ger­feld et Oleg Cas­si­ni. D’ailleurs, ce der­nier réa­li­se­ra à lui seul plus de trois cents de ses te­nues. Elle at­tire donc tous les re­gards lors­qu’elle

ac­com­pagne son ma­ri à des ban­quets, des ré­cep­tions di­plo­ma­tiques et des ren­contres of­fi­cielles. Elle or­ga­nise éga­le­ment de grandes fêtes à la Mai­son-blanche et

s’avère une ex­cel­lente hô­tesse. Par exemple, le 13 no­vembre 1961, elle in­vite le cé­lèbre vio­lon­cel­liste es­pa­gnol Pa­blo Ca­sals à don­ner un concert au cours d’une soi­rée or­ga­ni­sée pour le gou­ver­neur por­to­ri­cain. Elle per­met aus­si aux mé­dias de pho­to­gra­phier sa fa­mille en cer­taines oc­ca­sions. Les cli­chés font le tour du monde et aug­mentent la cote d’amour du pu­blic en­vers la Pre­mière fa­mille des ÉtatsU­nis.

D’ailleurs, quelques-unes des ap­pa­ri­tions of­fi­cielles du couple pré­si­den­tiel sont de­ve­nues lé­gen­daires. Par exemple, en mai 1961, lors d’une vi­site de trois jours à Paris où son épouse fait mer­veille, JFK se pré­sente comme «l’homme qui ac­com­pagne Ja­ckie Ken­ne­dy». Celle-ci im­pres­sionne

Un conte de fées Une Pre­mière dame qui capte l’at­ten­tion

non seule­ment les Fran­çais par son ex­cel­lente maî­trise de leur langue, mais aus­si le pré­sident de la Ré­pu­blique, Charles de Gaulle. Lors­qu’elle le ren­contre au cours d’une ré­cep­tion, elle lui ré­vèle qu’elle est d’ori­gine fran­çaise du cô­té pa­ter­nel. De Gaulle lui ré­pond avec un clin d’oeil: « Moi aus­si. »

Ja­ckie fait aus­si un mal­heur en Es­pagne, alors qu’elle s’ex­prime par­fai­te­ment en es­pa­gnol, en An­gle­terre où elle est re­çue par la reine Eli­za­beth au pa­lais de Bu­ckin­gham, et en Inde où elle charme le peuple par sa beau­té et son élé­gance. Elle im­pres­sionne aus­si plu­sieurs di­gni­taires des Amé­riques, no­tam­ment du Pé­rou, de Co­lom­bie, du Mexique et du Ca­na­da. Bref, par­tout où elle ap­pa­raît, elle pro­jette une image po­si­tive du 35e pré­sident amé­ri­cain et des idées nou­velles de son ad­mi­nis­tra­tion.

Une icône de style et de grâce

La Mai­son-blanche se mé­ta­mor­phose

Quand la jeune fa­mille em­mé­nage à La Mai­son-blanche, Ja­ckie est in­sa­tis­faite de l’état du bâ­ti­ment. Elle re­marque entre autres que sa douche ne fonc­tionne pas et que la chasse d’eau est cas­sée. Elle n’aime pas non plus l’amé­na­ge­ment in­té­rieur qu’elle trouve terne et vieillot. Conçu pour un couple âgé (les Ei­sen­ho­wer), il ne convient pas à de jeunes pa­rents avec deux en­fants.

Comme pre­mier projet of­fi­ciel, la Pre­mière dame dé­cide donc de se consa­crer à la res­tau­ra­tion de la Mai­sonB­lanche. À cette fin, elle an­nonce la for­ma­tion d’un co­mi­té des beaux-arts le 23 fé­vrier 1961 et se bat avec le Congrès pour qu’elle soit clas­sée mu­sée na­tio­nal. Avec l’aide de ces pro­fes­sion­nels, elle en­tre­prend une trans­for­ma­tion com­plète des lieux et les amé­nage dans un style cor­res­pon­dant à dif­fé­rentes pé­riodes de l’his­toire amé­ri­caine.

Dans un pre­mier temps, elle fait res­tau­rer de pré­cieuses an­ti­qui­tés en­tre­po­sées et ou­bliées dans les sous­sols, puis en­gage des dé­co­ra­teurs pour les agen­cer dans les pièces. Elle em­prunte éga­le­ment des ta­bleaux, des gra­vures et des li­tho­gra­phies à la Na­tio­nal Gal­le­ry et fait amé­na­ger un étage pri­vé avec une cui­sine et des chambres d’en­fants. Elle s’oc­cupe aus­si des jar­dins qui en­tourent la Mai­son-blanche, no­tam­ment de la ro­se­raie et du jar­din de l’est.

Bien que coû­teux, ce projet de res­tau­ra­tion est me­né avec beau­coup de goût, mais de­vient un su­jet de contro­verse en rai­son des énormes sommes d’ar­gent né­ces­saires pour le réa­li­ser. Pour faire taire les mé­dias, Jac­que­line conçoit donc un guide de la Mai­son-blanche, dont la vente en­gendre des re­cettes qui fi­nissent par com­pen­ser les dé­penses. De plus, elle in­vite une équipe de té­lé­vi­sion à fil­mer le ré­sul­tat et fait vi­si­ter les pièces pu­bliques, les sa­lons, les salles de ré­cep­tion et les ap­par­te­ments pri­vés de la fa­mille.

Cette émis­sion est dif­fu­sée le 14 fé­vrier 1962, jour de la Saint-va­len­tin,

La trans­for­ma­tion de la Mai­son-blanche

et bat des re­cords d’au­dience. Qua­tre­vingts mil­lions d’amé­ri­cains la re­gardent et en­tendent leur pré­sident dé­cla­rer: « Cette mai­son re­flète l’his­toire de notre peuple et des grands mo­ments de cette his­toire. Après tout, en re­trou­vant la table de Grant, le lit de Lin­coln et la vais­selle de Mon­roe, on rend hom­mage à ces grands pré­si­dents.» Les Ken­ne­dy sont au mieux ce jour-là, et tous se ré­jouissent que Ca­ro­line et John-john s’amusent au­tour d’eux. Les Amé­ri­cains sont éblouis par le jeune homme au­quel ils ont confié leur des­tin et se pâment d’ad­mi­ra­tion pour leur First La­dy. Cette émis­sion lui vau­dra un prix Em­my spé­cial de la part de la Na­tio­nal Aca­de­my of Te­le­vi­sion Arts and Sciences (NA­TAS) l’an­née sui­vante. L’épouse du pré­sident est une femme tra­vailleuse et or­don­née. Elle aime que tout soit im­pec­cable et ne lé­sine pas sur les moyens pour y par­ve­nir. Ce mé­mo­ran­dum dans le­quel elle énu­mère les res­pon­sa­bi­li­tés quo­ti­diennes du per­son­nel de la Mai­son-blanche montre qu’elle as­sure la ges­tion de la ré­si­dence of­fi­cielle avec ri­gueur: «Les 18 chambres et 20 salles de bains du deuxième étage doivent être net­toyées; les 147 fe­nêtres en­tre­te­nues; les 29 che­mi­nées prêtes pour une flam­bée; les 412 poi­gnées de porte as­ti­quées; les 1 000 m2 de par­quet du deuxième étage ci­rés; les 2 500 m2 de marbre la­vés et re­la­vés; les mo­quettes et ta­pis pas­sés à l’as­pi­ra­teur trois fois par jour (le ma­tin, à mi­di et le soir); les 37 pièces du rez-de-chaus­sée épous­se­tées deux fois par jour (le ma­tin et le soir).»*

Tous les hauts di­gni­taires tombent sous le charme de Ja­ckie

Le jour où tout bas­cule

Le ven­dre­di 22 no­vembre 1963, l’avion pré­si­den­tiel at­ter­rit à l’aé­ro­port de Dal­las, Love Field, vers 11 h 40. Le temps est ma­gni­fique, le soleil brille et une foule nom­breuse at­tend sur le tar­mac. Le pré­sident et son épouse des­cendent la pas­se­relle sous les cris en­thou­siastes et se di­rigent vers les bar­rières de sé­cu­ri­té pour ser­rer des mains. Ils sont en­tou­rés par des gardes du corps, et des po­li­ciers en uni­forme sont pos­tés à in­ter­valles ré­gu­liers le long de la bar­rière. On les in­vite en­suite à mon­ter à l’ar­rière d’une Lin­coln Conti­nen­tal dé­ca­po­table bleu fon­cé. Ja­ckie s’ins­talle sur le siège ar­rière gauche, tan­dis que le pré­sident prend place à droite. Le gou­ver­neur Con­nal­ly s’as­soit sur un stra­pon­tin de­vant le pré­sident, et son épouse de­vant Ja­ckie. Le cor­tège pré­si­den­tiel tra­verse la ville à pe­tite vi­tesse, sa­lué par quelque 200 000 per­sonnes amas­sées le long du par­cours.

À 12 h 30, la li­mou­sine dé­ca­po­tée se di­rige vers Dea­ley Pla­za où se trouve un bâ­ti­ment de cou­leur rouge, le Texas School Book De­po­si­to­ry (TSBD). Sou­dain, alors que le cor­tège vient de dé­pas­ser le dé­pôt de livres sco­laires, un pre­mier coup de feu est ti­ré. Le pré­sident est d’abord bles­sé au cou, tan­dis que le gou­ver­neur John Con­nal­ly, as­sis de­vant lui, est bles­sé à la poi­trine. Quelques ins­tants plus tard, une autre dé­to­na­tion se fait en­tendre et tout le monde prend conscience qu’un drame est en train de se pro­duire. La balle at­teint JFK à la tête et res­sort par sa tempe droite. Un troi­sième coup de feu est ti­ré et le pré­sident s’ef­fondre.

C’est la pa­nique la plus ab­so­lue. Sous le choc, Ja­ckie se hisse sur le coffre de la voi­ture et semble cher­cher quelque chose. Le garde du corps Clint Hill grimpe à son tour sur la li­mou­sine et la somme de se ras­seoir. Le chauf­feur en­fonce l’ac­cé­lé­ra­teur et file vers l’hô­pi­tal Park­land qui se trouve à 6,5 ki­lo­mètres de là. Le pré­sident res­pire en­core, mais les mé­de­cins en­tre­tiennent peu d’es­poir. Il dé­cède une de­mi-heure plus tard, à 13 h 33. Ja­ckie em­brasse son ma­ri une der­nière fois et coupe une mèche de ses

Une fin tra­gique le 22 no­vembre 1963

Elle ac­com­pagne sou­vent son ma­ri dans ses voyages et im­pres­sionne tou­jours où qu’elle aille.

Qu’elle porte du Cha­nel, Lan­vin ou Dior, Ja­ckie rayonne et at­tire tous les re­gards.

21 dé­cembre 1954: Ja­ckie aux cô­tés de son ma­ri après une opé­ra­tion du dos. Pen­dant tout son man­dat po­li­tique, il lut­te­ra contre de sé­vères maux de dos.

13 no­vembre 1963: Une des der­nières ap­pa­ri­tions pu­bliques du couple pré­si­den­tiel.

La nais­sance des en­fants par­ti­cipe à don­ner une image jeune du couple pré­si­den­tiel.

Elle de­vient une vé­ri­table icône de style, no­tam­ment grâce aux créa­tions du cou­tu­rier amé­ri­cain Oleg Cas­si­ni.

Le pré­sident de la Ré­pu­blique fran­çaise, Charles de Gaulle, tombe sous le charme de Ja­ckie. Se­lon le garde du corps de Ja­ckie, De Gaulle «n’avait d’yeux que pour elle».

La classe et l’élé­gance de la Pre­mière dame sont lé­gen­daires.

Ja­ckie fait fi des in­fi­dé­li­tés de son ma­ri et conserve une très bonne re­la­tion avec lui en ap­pa­rence.

Les cli­chés de la fa­mille pré­si­den­tielle font le tour du monde.

Mai 1961: Ja­ckie ren­contre la reine Eli­za­beth au pa­lais de Bu­ckin­gham.

Ja­ckie ne pleu­re­ra qu’une seule fois en pu­blic.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.