Faillite,

Biographies Collection - - Fortune -

chu­ter la fré­quen­ta­tion» , af­firme l’avo­cat Ed­ward Weis­fel­ner, qui dé­fend pour­tant un groupe de créanciers op­po­sés à Do­nald Trump. De l’aveu même de cet avo­cat, le mil­liar­daire a alors né­go­cié «très dur» et de «ma­nière ef­fi­cace» en jouant sur un levier: l’at­trait de son pa­tro­nyme. « Ses créanciers étaient fu­rieux, mais ils voyaient en­core dans son nom le po­ten­tiel com­mer­cial pour at­ti­rer des clients d’un ca­si­no» , ex­plique-t-il dans cet ar­ticle. «Et re­ti­rer son nom de toutes les en­seignes et autres ser­viettes au­rait eu un coût phé­no­mé­nal» , conclut-il. Au­cune des so­cié­tés n’a fi­na­le­ment mis la clé sous la porte. «J’ai uti­li­sé les lois de ce pays comme beau­coup d’autres grands di­ri­geants» , s’est dé­fen­du M. Trump, pré­ci­sant tou­te­fois n’avoir ja­mais connu de ban­que­route per­son­nelle.

Com­ment se re­met-il sur pied? Il re­struc­ture son groupe et ses ac­ti­vi­tés. En plus de son pa­tri­moine im­mo­bi­lier, l’homme d’af­faires ac­cu­mule des ri­chesses: col­lec­tions de vê­te­ments pour hommes et femmes, par­fums, res­tau­rants à New York, à Chi­ca­go, à Las Ve­gas et à Wai­ki­ki, club de foot­ball, meubles et ar­ticles de dé­co­ra­tion, ain­si que ju­di­cieux pla­ce­ments bour­siers. Se­lon People, il donne aus­si des in­di­ca­tions sur les in­té­rêts fi­nan­ciers qu’il pos­sède en Bourse: «Il pri­vi­lé­gie les ac­tifs amé­ri­cains, avec une di­ver­si­fi­ca­tion in­ter­na­tio­nale li­mi­tée. […] Il a in­ves­ti de 25 à 50 mil­lions de dol­lars dans le géant de la ges­tion mon­diale, le groupe Bla­ckrock. Son choix s’est por­té sur le Ob­si­dian Fund, un fonds obli­ga­taire plus ris­qué que les autres pro­duits de la gamme. Sur les ac­tions, il a choi­si des gé­rants comme In­ves­co pour les ac­tions européennes ou Gam­co pour l’or.»

À cô­té de ses fonds de pla­ce­ment, il dé­tient aus­si beau­coup d’ac­tions in­di­vi­duelles, «plus de 300, et es­sen­tiel­le­ment amé­ri­caines (Apple, Bris­tol Myers, Ca­ter­pillar, JP Mor­gan, Mi­cro­soft, Pep­si, Vi­sa), et pour des mon­tants com­pris entre quelques di­zaines de mil­liers de dol­lars et cinq mil­lions de dol­lars. Il les dé­tient au tra­vers de comptes chez trois cour­tiers, Op­pen­hei­mer, Deutsche As­set & Wealth Ma­na­ge­ment et JP Mor­gan. Le mil­liar­daire a aus­si re­cours à des pro­duits fi­nan­ciers po­pu­laires, car bon mar­ché, les “tra­ckers”, des fonds co­tés en Bourse et qui suivent l’évo­lu­tion d’un in­dice. Il a no­tam­ment in­ves­ti dans ceux qui suivent l’évo­lu­tion des ac­tions ja­po­naises» .

Ce­pen­dant, même s’il se montre cri­tique à l’égard des fonds spé­cu­la­tifs ( hedge funds), Do­nald Trump n’en place pas moins son ar­gent «dans trois des fonds d’un des plus cé­lèbres d’entre eux, ce­lui de John Paul­son, le gé­rant qui avait an­ti­ci­pé la crise des amé­ri­cains en 2007. Il est in­ves­ti dans le fonds cré­dit du gé­rant amé­ri­cain et dans son Paul­son Ad­van­tage Plus, qui spé­cule sur les so­cié­tés qui vont

faire l’ob­jet de re­struc­tu­ra­tions, de ra­chats, etc.» . Le terme « sub­prime » s’est fait connaître en 2006, à la suite du krach des prêts im­mo­bi­liers (hy­po­thé­caires) à risque aux États-unis. Il dé­signe des em­prunts plus ris­qués pour le prê­teur (et à meilleur rendement) que la ca­té­go­rie prime, par­ti­cu­liè­re­ment pour dé­si­gner une cer­taine forme de cré­dit hy­po­thé­caire.

Une ri­chesse co­los­sale

Do­nald Trump a tou­jours lais­sé pla­ner le doute sur l’éten­due de la for­tune qu’il a amas­sée. Ce­pen­dant, en se pré­sen­tant comme can­di­dat à la pré­si­dence des États-unis, il a dû four­nir des pré­ci­sions à ce su­jet. Si l’on en croit le do­cu­ment de 92 pages qu’il a adres­sé à la Com­mis­sion fé­dé­rale des élec­tions, le 15 juillet der­nier, son ca­pi­tal est de l’ordre de 10 mil­liards de dol­lars. « Sa ri­chesse est donc deux fois su­pé­rieure aux 4,5 mil­liards de dol­lars qui avaient été es­ti­més par le ma­ga­zine Forbes et vi­ve­ment contes­tés par le mil­liar­daire» , rap­porte-t-on dans les ac­tua­li­tés fi­nan­cière et éco­no­mique du jour­nal fran­çais Les Échos. Ce vo­lu­mi­neux rap­port re­cense les biens im­mo­bi­liers, ré­si­den­tiels et hô­te­liers du can­di­dat, mais aus­si les re­ve­nus gé­né­rés par ses nom­breuses autres ac­ti­vi­tés lu­cra­tives, telles que ca­si­nos, ter­rains de golf, vi­gnobles, livres et confé­rences: «Le can­di­dat n’est pas te­nu de li­vrer des mon­tants exacts et peut don­ner une four­chette d’es­ti­ma­tions. Sa par­ti­ci­pa­tion dans la so­cié­té qui or­ga­nise le concours de beau­té de Miss Uni­vers, par exemple, est éva­luée entre 5 et 25 mil­lions de dol­lars.» ¢

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