Une en­fance mo­deste

Cas­sius Mar­cel­lus Clay Ju­nior est un des­cen­dant d’es­claves du sud des États-unis. Comme son père, il porte le nom d’un gé­né­ral abo­li­tion­niste du Ken­tu­cky qui a af­fran­chi des mil­liers d’es­claves noirs, dont ses ar­rière-grands-pa­rents. Il a éga­le­ment une as

Biographies Collection - - Son Enfance -

Ses ar­rière-grands-pa­rents, John et Sal­lie Anne Clay, étaient tous deux es­claves sur la plan­ta­tion du gé­né­ral Cas­sius Mar­cel­lus Clay. Ce der­nier les a af­fran­chis à l’époque de la guerre de Sé­ces­sion. Sal­lie Anne a don­né nais­sance à Her­man H. Clay (1876-1954), le grand­père de Cas­sius, qui a épou­sé Edith E. Grea­thouse (1890-1971).

Le 11 no­vembre 1912, Her­man et Edith ont un fils qu’ils nomment Cas­sius Mar­cel­lus Clay, en l’hon­neur du gé­né­ral ayant li­bé­ré leurs an­cêtres. Cas­sius, sur­nom­mé Cash, voit le jour dans le com­té de Jef­fer­son, au Ken­tu­cky. Il tra­vaille oc­ca­sion­nel­le­ment comme pia­niste dans les fêtes lo­cales, et vend des af­fiches com­mer­ciales et des gra­vures re­li­gieuses pour ga­gner sa vie. En 1940, il épouse Odes­sa Gra­dy, qui tra­vaille comme femme de mé­nage et cui­si­nière chez des fa­milles blanches ai­sées.

Son père boit beau­coup

Le couple s’ins­talle à Louis­ville, au Ken­tu­cky, où naît son pre­mier fils, Cas­sius Mar­cel­lus Clay Ju­nior, le 17 jan­vier 1942, à 18 h 35.

Deux ans après sa nais­sance, ses pa­rents ont un autre fils, Ru­dolph Va­len­ti­no, sur­nom­mé Ru­dy. Les deux frères gran­dissent dans un quar­tier ex­clu­si­ve­ment noir, car la sé­gré­ga­tion ra­ciale règne en­core aux États-unis. Leurs pa­rents ne sont pas riches, mais ils peuvent leur of­frir une édu­ca­tion cor­recte. Par contre, leur père boit beau­coup et se fait sou­vent ar­rê­ter pour conduite en état d’ébrié­té et pour coups et bles­sures. Il mour­ra le 8 fé­vrier 1990, à Louis­ville, d’une crise car­diaque, alors qu’il sor­tait d’un grand ma­ga­sin lo­cal. Il avait 77 ans. Ru­dolph et Cas­sius de­vien­dront plus tard des boxeurs pro­fes­sion­nels et se conver­ti­ront à l’is­lam. Ru­dolph pren­dra le nom de Rah­man Ali et Cas­sius ce­lui de Mo­ha­med Ali.

Sa mère a des ori­gines ir­lan­daises

Odes­sa Gra­dy est née le 12 fé­vrier 1917 dans le com­té de Hop­kins, au Ken­tu­cky. Elle est l’une des six en­fants de John Le­wis Gra­dy et Bir­die B. Mo­re­head. Son grand-père ma­ter­nel, Tom Mo­re­head, était le fils d’un homme blanc et d’une es­clave noire nom­mée Di­nah. Son grand-père pa­ter­nel, Abe Gra­dy, était Ir­lan­dais. En ef­fet, ce der­nier a vé­cu dans la ville d’en­nis,

dans le com­té de Clare en Ir­lande, avant d’émi­grer au Ken­tu­cky. Se­lon le Centre du Pa­tri­moine du com­té de Clare, il y a ren­con­tré et épou­sé une Afro-amé­ri­caine qui a don­né nais­sance à John Le­wis Gra­dy en 1887. D’ailleurs, en sep­tembre 2001, Mo­ha­med Ali et Yo­lan­da se sont ren­dus dans la ville na­tale de son ar­riè­re­grand-père en Ir­lande. Ils ont été ac­cueillis cha­leu­reu­se­ment par les no­tables d’en­nis et la po­pu­la­tion les a ac­cla­més en grand nombre sur leur pas­sage.

À l’âge de 16 ans, Odes­sa ren­contre Cas­sius Mar­cel­lus Clay père, qui est alors âgé de 20 ans. Elle l’épouse et donne nais­sance à Cas­sius et Ru­dolph. Ses deux fils l’adorent, comme en té­moigne Mo­ha­med Ali en en­tre­vue: «Ma mère est bap­tiste, et, pen­dant ma jeu­nesse, elle m’a en­sei­gné tout ce qu’elle sa­vait au su­jet de Dieu. Chaque di­manche, elle m’ha­billait et nous ame­nait à l’église, mon frère, et moi. Elle nous a en­sei­gné ce qu’elle croyait être bien. Elle nous a mon­tré à ai­mer les gens et à trai­ter tout le monde avec res­pect. Elle m’a mon­tré qu’il était mal d’avoir des pré­ju­gés et de la haine. J’ai chan­gé de re­li­gion et de croyances de­puis, mais son Dieu reste Dieu. Je l’ap­pelle juste d’un nom dif­fé­rent. Ma mère est une femme mer­veilleuse, douce et croyante, qui aime faire la cui­sine, confec­tion­ner des vê­te­ments et pas­ser du temps avec sa fa­mille. Elle ne boit pas, ne fume pas, ne se mêle pas des af­faires des autres et ne dé­range per­sonne.»

… des an­nées plus tard!

Avec son frère Ru­dy, à gauche.

Cas­sius Mar­cel­lus Clay ju­nior naît le 17 jan­vier 1942, à 18 h 35. Cette mai­son est celle dans la­quelle il a gran­di.

Le gé­né­ral Cas­sius Mar­cel­lus Clay, ce­lui qui a li­bé­ré les an­cêtres d’ali, John et Sal­lie Anne Clay, qui tra­vaillaient sur sa plan­ta­tion.

L’une des rares pho­to­gra­phies avec ses pa­rents. S’il a tou­jours eu une re­la­tion pri­vi­lé­giée avec sa mère, c’était tout autrement avec son père. Une prise ami­cale à son père dans les an­nées 1980. Ce der­nier est dé­cé­dé le 8 fé­vrier 1990.

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