››››››

››››››

Biographies Collection - - Sa Carrière -

Après deux an­nées et de­mie d’ab­sence, Ali fait son re­tour contre le grand es­poir blanc, qu’il bat en trois rounds, le 26 oc­tobre 1970 à At­lan­ta. En dé­cembre, il af­fronte l’ar­gen­tin

qui n’a ja­mais été mis KO, et rem­porte le titre de cham­pion d’amé­rique du Nord. Ces com­bats servent à le pré­pa­rer en pré­vi­sion de son af­fron­te­ment contre le cham­pion des poids lourds in­vain­cu, qui doit avoir lieu le 8 mars 1971 au Ma­di­son Square Gar­den de New York.

Tout en muscles, avec un puis­sant poi­trail, Fra­zier est une vé­ri­table ma­chine à don­ner et re­ce­voir des coups. Il a rem­por­té 19 vic­toires avant la li­mite sur 19 com­bats. C’est un ad­ver­saire re­dou­table pour Ali, qui n’est pas au mieux de sa forme. Au cours du pre­mier round, il danse comme d’ha­bi­tude pour épui­ser Fra­zier et lui mar­tèle le front à ré­pé­ti­tion, mais ne par­vient pas à l’ébran­ler. Sous les coups ré­pé­tés de ce spé­cia­liste du corps à corps, Ali tra­verse une phase de fa­tigue et met un ge­nou à terre au 11e round. Au 15e et der­nier round, il est frap­pé d’un cro­chet droit et s’écroule, éta­lé de tout son long. Il se re­lève au compte de quatre et dé­coche deux di­rects du gauche sur la tête de Fra­zier, mais perd fi­na­le­ment aux points. Cette a été une sur­prise to­tale. Ali en a tou­jours vou­lu à Fra­zier de l’avoir vain­cu ce jour-là. D’ailleurs, ce der­nier avait la tête tel­le­ment en­flée après le com­bat qu’il a dû pas­ser trois jours à l’hô­pi­tal. Les deux hommes vont se ren­con­trer en­core deux fois, le 28 jan­vier 1974 et le 1er oc­tobre 1975 à Ma­nille. Ali rem­por­te­ra les deux ren­contres.

Pour re­ve­nir au som­met de la ca­té­go­rie, Ali dis­pute 14 com­bats et 39 com­bats d’ex­hi­bi­tion entre le 25 juin 1971 et le 30 oc­tobre 1974. Du­rant cette pé­riode, il dé­fie les meilleurs boxeurs amé­ri­cains pour le titre de cham­pion d’amé­rique du Nord, tels que (son an­cien par­te­naire d’en­traî­ne­ment),

(cham­pion du monde des mi-lourds) et Il en pro­fite pour af­fron­ter à nou­veau George Chu­va­lo, Jer­ry Quar­ry et Floyd Pat­ter­son (qui pren­dra sa re­traite tout de suite après). Tou­te­fois, le 22 jan­vier 1973, à Kingston en Ja­maïque, Joe Fra­zier perd son titre en deux rounds contre George Fo­re­man. Nou­veau roi des lourds, ce ter­rible co­losse de­vient le pro­chain ad­ver­saire d’ali pour as­su­rer sa su­pré­ma­tie sur la ca­té­go­rie. Mais le plus dur ar­rive pour lui à San Die­go quand il chal­lenge le boxeur ca­li­for­nien, Ken Nor­ton, qui lui brise la mâ­choire au deuxième round. Même s’il est han­di­ca­pé par la dou­leur, Ali tient jus­qu’à la dou­zième re­prise, mais perd le com­bat. Cette deuxième dé­faite ra­baisse quelque peu le mythe d’ali, qui se re­trouve avec un troi­sième boxeur à vaincre pour re­ga­gner le som­met. Il en­tre­prend donc la re­con­quête du titre le 10 sep­tembre 1973, à Los An­geles. Il se me­sure une se­conde fois à Nor­ton et gagne de jus­tesse aux points. Il prend en­suite sa re­vanche contre Fra­zier le 28 jan­vier 1974 au Ma­di­son Square Gar­den de New York. Il rem­porte le com­bat, mais leur ri­va­li­té conti­nue de plus belle quand Fra­zier et lui en viennent aux mains de­vant les ca­mé­ras d’une émis­sion té­lé­vi­sée. Il lui reste à pré­sent le plus dif­fi­cile pour la fin, soit re­prendre le titre à George Fo­re­man. Ce der­nier a ga­gné 37 de ses 40 com­bats par KO, la plu­part en trois rounds ou moins, et a ba­layé fa­ci­le­ment Nor­ton et Fra­zier.

Un nou­veau pro­mo­teur de boxe or­ga­nise la ren­contre entre les deux ad­ver­saires à Kin­sha­sa, la ca­pi­tale du Zaïre. Don King offre au cham­pion et au chal­len­ger cinq mil­lions de dol­lars amé­ri­cains cha­cun — une somme re­cord à l’époque — qu’il a ob­te­nus au­près du dic­ta­teur Mo­bu­tu Sese Se­ko. Ce der­nier sou­haite faire la pro­mo­tion de son pays par ce com­bat bap­ti­sé «The Rumble In The Jungle» (T.L.: Le gron­de­ment dans la jungle).

Ali doit af­fron­ter le sur­puis­sant George Fo­re­man au stade du 20 mai (ac­tuel stade Ta­ta Ra­phaël) à l’au­rore, le 30 oc­tobre 1974. Âgé de 32 ans, il sait que la plu­part des ob­ser­va­teurs ne lui donnent pas l’ombre d’une chance et que Fo­re­man est le mé­ga favori du com­bat. Mais il se sent à l’aise à Kin­sha­sa, où il a été ac­cueilli comme un roi.

Il dé­cide donc de se pré­pa­rer en par­cou­rant la ca­pi­tale et le bord du fleuve Con­go en cou­rant pour ren­for­cer son en­du­rance et tra­vailler la lon­gueur de ses pas. Cette course se dé­roule sous les ac­cla­ma­tions du pu­blic, qui l’en­cou­rage en lui criant: «Ali bo­ma ye!» (Ali, tuele!) Il s’en­traîne éga­le­ment à en­cais­ser des coups vio­lents avec son ami Lar­ry Holmes (qui deviendra cham­pion par la suite), alors que Fo­re­man se contente de s’en­traî­ner en frap­pant au sac.

En outre, sen­tant qu’il ne peut ri­va­li­ser phy­si­que­ment avec le co­losse, Ali étu­die avec soin son style et trouve son point faible: la fa­tigue. Il pré­voit donc de su­bir le com­bat pen­dant plu­sieurs rounds en se te­nant presque en per­ma­nence dans les cordes afin que le cham­pion fi­nisse par se fa­ti­guer en le frap­pant. Fo­re­man do­mine, ou croit do­mi­ner le com­bat pen­dant les sept pre­miers rounds, mais dé­pense beau­coup d’éner­gie en es­sayant de mettre Ali KO. À bout de souffle, il tombe au 8e round et se re­lève une se­conde trop tard. Ali est de nou­veau cham­pion du monde, dix ans après son pre­mier com­bat contre Lis­ton.

Dans une en­tre­vue avec l’au­teur Tho­mas Hau­ser*, Fo­re­man di­ra: «Je me sou­viens du coup qui m’a mis KO. Je pour­chas­sais Ali. J’étais fa­ti­gué, mais je ne croyais pas à sa puis­sance de frappe. Du coup, je te­nais ma garde basse. Mo­ha­med était très près des cordes. Ma droite l’a ra­té, je me suis tour­né alors que mes poings étaient bas et il a bou­gé avec une ra­pi­di­té à la­quelle je ne m’attendais pas à ce stade du com­bat, après avoir en­cais­sé au­tant de coups. Il s’est dé­pla­cé, a ba­lan­cé un droit et boum! Il m’a dés­équi­li­bré, et je suis tom­bé.»

Après ce triomphe, Ali fait la une des médias, qui le qua­li­fient à nou­veau de «boxeur de l’an­née». Il prend un re­pos de cinq mois, puis at­teint son apo­gée par sa troi­sième ren­contre contre son éternel ri­val, Joe Fra­zier. Le com­bat sur­nom­mé «Th­rilla in Ma­nilla» doit avoir lieu le 1er oc­tobre 1975 à Ma­nille aux Phi­lip­pines.

Avant d’af­fron­ter Fra­zier une troi­sième fois, Ali ren­contre à Cleveland, le 24 mars 1975. Il rem­porte la vic­toire, mais le boxeur ama­teur par­vient à l’ébran­ler en te­nant jus­qu’au der­nier round avant de s’écrou­ler. Il réus­sit même à l’en­voyer à terre une fois.

qui as­sis­tait au match, a été tel­le­ment im­pres­sion­né par le cou­rage de Wep­ner qu’il a dé­ci­dé d’écrire un scé­na­rio in­ti­tu­lé Ro­cky. Le film sor­ti­ra l’an­née sui­vante et connaî­tra un im­mense suc­cès au box-of­fice.

Le «Th­rilla in Ma­nilla» op­po­sant Ali et Fra­zier a lieu à 22 h 45 dans la ville de Que­zon, si­tuée à une di­zaine de ki­lo­mètres de Ma­nille. Il est trans­mis en di­rect aux États-unis, et les 25 000 places du Co­li­seum des Phi­lip­pines sont oc­cu­pées. Comme il s’agit d’un com­bat de ve­dettes du sport, Ali se voit ga­ran­tir quatre mil­lions de dol­lars et 43 % de tous les re­ve­nus gé­né­rés par le match. Fra­zier n’ob­tient que la moi­tié de cette somme.

Il s’agit tou­te­fois d’un af­fron­te­ment par­ti­cu­liè­re­ment violent, que les deux boxeurs qua­li­fie­ront plus tard d’état le plus proche de la mort. De plus, dans l’arène, la cha­leur est étouf­fante et l’air cli­ma­ti­sé ne fonc­tionne pas. Aus­si, à par­tir du 3e round, la ten­sion ne cesse de mon­ter entre les boxeurs, et toutes

les per­sonnes pré­sentes com­prennent qu’elles as­sistent à quelque chose de gran­diose.

Ali do­mine au dé­part et fait ti­tu­ber Fra­zier plus d’une fois, mais baisse de rythme vers le mi­lieu du match sous les coups de son ad­ver­saire, qui le tra­vaille au corps. Il tra­verse une phase de fa­tigue, où il semble au bord de l’éva­nouis­se­ment, puis réus­sit à prendre l’avan­tage dans les 13 et 14èmes rounds. Il mul­ti­plie les coups contre Fra­zier et, d’un bon cro­chet du gauche, en­voie pro­me­ner son pro­tège-dents dans la foule. Fra­zier saigne abon­dam­ment, il a le vi­sage gros­siè­re­ment en­flé, les yeux qua­si fer­més. Réa­li­sant son état, l’en­traî­neur de Fra­zier l’oblige à aban­don­ner dans la minute de re­pos avant le der­nier round.

Ce com­bat s’est avé­ré érein­tant pour les deux boxeurs. Quand Ali est re­tour­né dans son coin, il s’est lais­sé tom­ber comme si ses jambes ne le sup­por­taient plus. Il était épui­sé, son vi­sage était tu­mé­fié et il pou­vait à peine parler. D’ailleurs, à la soi­rée or­ga­ni­sée par Fer­di­nand Mar­cos pour cé­lé­brer sa vic­toire, le cham­pion avait des bosses sur le front et d’énormes hé­ma­tomes un peu par­tout sur le corps. Quand il mar­chait, ses mou­ve­ments étaient raides et il boi­tait lé­gè­re­ment. Fra­zier, quant à lui, était trop bles­sé pour as­sis­ter à la soi­rée.

Après ce match, Ali re­con­naî­tra Fra­zier comme étant un très grand boxeur et ar­rê­te­ra ses pro­vo­ca­tions: «De tous les hommes que j’ai af­fron­tés sur le ring, Son­ny Lis­ton était le plus ef­frayant, George Fo­re­man le plus puis­sant, et Floyd Pat­ter­son le plus doué pour la boxe. Mais le plus dur de tous, c’était Joe Fra­zier. Il m’obli­geait à don­ner le meilleur de moi-même, et le meilleur match que nous ayons dis­pu­té a été ce­lui de Ma­nille.»

2

Après Ma­nille, Mo­ha­med Ali de­vient la per­sonne la plus cé­lèbre et sans doute la plus po­pu­laire du monde. Il a vain­cu de re­mar­quables ad­ver­saires, les a mis KO à plu­sieurs re­prises et n’a ja­mais bais­sé les bras. Ce­pen­dant, à l’âge de 36 ans, il perd fi­na­le­ment son titre contre le cham­pion olym­pique 1976, Il gagne la re­vanche comme à son ha­bi­tude, de­ve­nant ain­si cham­pion du monde poids lourds pour la troi­sième fois. Mais, voyant son dé­clin ath­lé­tique, il prend sa re­traite le 27 juin 1979. Il ac­cepte tou­te­fois l’offre de Don King d’af­fron­ter son an­cien par­te­naire d’en­traî­ne­ment, et de de­ve­nir ain­si le seul boxeur à ga­gner le titre quatre fois. Ce com­bat nom­mé «The Last Hur­rah» se dé­roule le 2 oc­tobre 1980 à la Nou­vel­leOr­léans. Amoin­dri phy­si­que­ment par les pre­miers symp­tômes de la ma­la­die de

Par­kin­son, Ali perd avant la li­mite pour la seule fois de sa car­rière. Son en­traî­neur re­fuse de le lais­ser re­prendre le com­bat après le dixième round.

Mal­gré cette dé­faite, Ali boxe en­core une fois à Nas­sau le 11 dé­cembre 1981 contre un chal­len­ger de 27 ans en pleine as­cen­sion. Ce com­bat se solde éga­le­ment par une dé­faite et se­ra nom­mé par la suite «The Dra­ma In The Ba­ha­mas» par les par­ti­sans de Mo­ha­med Ali. À ce mo­ment, le boxeur com­mence à être pré­oc­cu­pé par les com­men­taires de cer­taines per­sonnes sous- en­ten­dant qu’il a su­bi des dom­mages au cer­veau, qu’il ti­tube et qu’il a du mal à ar­ti­cu­ler. Com­mence alors toute une bat­te­rie d’exa­mens mé­di­caux à la cli­nique Mayo de Ro­ches­ter, au Mi­chi­gan, où l’on dé­couvre qu’il est at­teint du Par­kin­son du pu­gi­liste. Ali achève sa car­rière avec un bi­lan de (dont 36 KO) pour

Joe Fra­zier a été le plus dur de tous à af­fron­ter Mo­ha­med Ali. Joe Fra­zier: un ad­ver­saire re­dou­table Jer­ry Quar­ry, Joe Fra­zier, Une pre­mière dé­faite Os­car Ali re­vient en force Le boxeur per­dra par deux points contre Fra­zier. Une dé­faite qu’il met­tra longt

Le Ca­li­for­nien Ken Nor­ton brise la mâ­choire d’ali en deux rounds. La route se­ra longue pour la re­con­quête du titre.

La re­con­quête du titre Jim­my El­lis Joe Bu­gner. Le com­bat op­po­sant Fo­re­man à Ali de­vient un évé­ne­ment pla­né­taire. En marge, on or­ga­ni­se­ra un festival mu­si­cal de trois jours au­quel par­ti­ci­pe­ront James Brown et BB King, entre autres.

BIO25_

Dans l’arène, Ali pro­voque son ad­ver­saire:

Contre toute at­tente, Ali réus­sit à battre son ad­ver­saire. Il re­de­vient cham­pion du monde.

Le com­bat du siècle

Dans l’es­poir d’anéan­tir George Fo­re­man, Ali s’as­treint à un en­traî­ne­ment ri­gou­reux.

Syl­ves­ter Stal­lone as­siste à un com­bat d’ali. Il se­ra si im­pres­sion­né que ça lui ins­pi­re­ra le scé­na­rio d’une sé­rie de films qui le ren­dra cé­lèbre, Ro­cky. Fris­sons à Ma­nille Mo­ha­med Ali sa­voure son suc­cès. Chuck Wep­ner Syl­ves­ter

Quelques exemples de pre­mière page dont a fait l’ob­jet Ali au cours de sa car­rière.

– Syl­ves­ter Stal­lone 1966 | Tous les mi­cros sont ten­dus vers lui.

L’homme s’im­pose comme l’un des ath­lètes les plus po­pu­laires de l’amé­rique. Séance d’es­sayage à Londres. Ali qui a connu des an­nées mo­destes n’a plus de sou­cis d’ar­gent.

1974 | Une ma­man bien­veillante pour son fils cham­pion. Tous ces com­bats re­quièrent des heures et des heures d’en­traî­ne­ment. Mal­gré une re­traite an­non­cée deux ans plus tôt, Ali re­mon­te­ra dans l’arène pour se me­su­rer à Tre­vor Ber­bick. Le cham­pion se fait v

Le boxeur se sait tout puis­sant. Il de­vra ce­pen­dant se re­ti­rer de l’arène pen­dant trois ans. Tre­vor Ber­bick, 56 vic­toires 5 dé­faites. ¢ Très croyant, le boxeur fait une prière avant son com­bat. , a dit Mo­ha­med Ali sur­nom­mé «The Grea­test».

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.