Course pré­si­dence

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Biographies Collection - - Vie Privée -

peuvent s’avé­rer me­na­çants. Hilla­ry Clin­ton est-elle in­quiète des fu­tures at­taques à son en­droit? Vrai­ment pas: «De­puis 25 ans que je suis dans l’arène, j’ai su­bi à peu près toutes les at­taques po­li­tiques ima­gi­nables.»

Le plus grave pro­blème d’hilla­ry en ce mo­ment concerne ses cour­riels. Les faits re­montent à jan­vier 2009, alors qu’elle ve­nait d’être nom­mée se­cré­taire d’état. Elle au­rait de­man­dé alors de conser­ver son té­lé­phone Black­ber­ry pour ses com­mu­ni­ca­tions per­son­nelles, mais les res­pon­sables de la sé­cu­ri­té s’y sont op­po­sés. Ils dou­taient de la sé­cu­ri­té de l’ap­pa­reil et exi­geaient que ce­lui-ci soit dé­po­sé dans un coffre quand elle se trou­vait dans l’en­ceinte du mi­nis­tère. Au fil des mois, la se­cré­taire d’état au­rait conser­vé son té­lé­phone et uti­li­sé à la fois pour des ap­pels pro­fes­sion­nels et per­son­nels. Or, comme son ap­pa­reil au­rait été connec­té di­rec­te­ment à son do­mi­cile sur un ser­veur pri­vé, ce­lui de la Fon­da­tion Bill Clin­ton, elle au­rait fait l’ob­jet d’une plainte en ver­tu de la loi sur l’ac­cès à l’in­for­ma­tion ( Free­dom of In­for­ma­tion Act). La rai­son? Son Black­ber­ry au­rait pu lui per­mettre de dis­si­mu­ler des do­cu­ments re­la­tifs à la sé­cu­ri­té na­tio­nale, puis de les transmettre à ses al­liés po­li­tiques.

Le dé­par­te­ment d’état au­rait donc lan­cé une en­quête, me­née par le FBI, qui scrute à la loupe tous les cour­riels échan­gés sur ce «sys­tème de mes­sa­ge­rie non gou­ver­ne­men­tal», de 2009 à 2013. Se­lon le Wa­shing­ton Post, cette en­quête au­rait pro­fi­té au camp ré­pu­bli­cain, qui l’uti­lise sans re­lâche pour ter­nir la ré­pu­ta­tion d’hilla­ry. «Re­gar­dez le scan­dale des cour­riels! Elle ne de­vrait même pas avoir le droit d’être can­di­date» , in­siste Do­nald Trump

de­vant ses par­ti­sans. Et ce, même si cette der­nière n’a com­mis au­cune in­frac­tion. «Jus­qu’ici, le ma­gis­trat re­con­naît que rien de dé­lic­tueux ne peut être re­te­nu contre l’an­cienne se­cré­taire d’état. Sauf un man­que­ment évident à des règles de sé­cu­ri­té in­dis­pen­sables à un tel ni­veau» , rap­porte-t-on dans Le Point.

Le 5 mai der­nier, le mi­li­tant ré­pu­bli­cain Pe­ter Sch­wei­zer a mis sur le mar­ché Clin­ton Cash: The Un­told Sto­ry of How and Why Fo­rei­gn Go­vern­ments and Bu­si­nesses Hel­ped Make Bill and Hilla­ry Rich. Dans cet ou­vrage, il ac­cuse les Clin­ton de conflits d’in­té­rêts par la voie de la Fon­da­tion Clin­ton, créée par l’an­cien pré­sident en 2001. Il af­firme que des do­na­teurs ont sub­mer­gé d’ar­gent la fon­da­tion dans l’es­poir d’ob­te­nir des fa­veurs à Wa­shing­ton et il re­met en ques­tion l’en­ri­chis­se­ment per­son­nel du couple.

L’au­teur évoque entre autres des dis­cours ré­mu­né­rés de Bill Clin­ton à l’étran­ger, entre 2008 et 2011, lors­qu’hilla­ry di­ri­geait la di­plo­ma­tie amé­ri­caine.

À cet ef­fet, le jour­na­liste Alexan­der Pa­net­ta rap­porte dans La Presse ca­na­dienne que le livre vise aus­si cer­taines en­tre­prises étran­gères, dont cer­taines sont ca­na­diennes: « Clin­ton Cash dé­crit sur quelques pages la re­la­tion des Clin­ton avec la Banque TD et son vice-pré­sident, Frank Mcken­na, an­cien pre­mier mi­nistre du Nou­veauB­runs­wick et am­bas­sa­deur amé­ri­cain. […] Son au­teur in­si­nue entre autres que la Banque TD est l’un des prin­ci­paux ac­tion­naires de Trans­ca­na­da – der­rière le pro­jet de l’oléo­duc Keys­tone XL – et qu’elle a ver­sé 1,8 mil­lion de dol­lars à Bill Clin­ton pour des confé­rences. Ce­la afin d’in­fluen­cer la dé­ci­sion de sa femme qui, à titre de se­cré­taire d’état, était res­pon­sable du pro­ces­sus de Keys­tone.»

Les prin­ci­paux concer­nés nient ca­té­go­ri­que­ment les al­lé­ga­tions de Pe­ter Sch­wei­zer. «La Banque TD n’a pas com­man­di­té ces évé­ne­ments pour ai­der à in­fluer sur le sou­tien à l’oléo­duc Keys­tone» , af­firme la porte-pa­role Ali Dun­can Mar­tin, ajou­tant que l’en­tre­prise avait aus­si sol­li­ci­té les ser­vices d’oprah Win­frey, de Ri­chard Bran­son et de George W. Bush à titre de confé­ren­ciers. De leur cô­té, les par­ti­sans d’hilla­ry dé­crivent le bou­quin comme un ou­vrage truf­fé d’er­reurs, si­gné par un au­teur qui a été ré­dac­teur de l’an­cien pré­sident Bush, puis conseiller de la can­di­date ré­pu­bli­caine Sa­rah Pa­lin, en 2008.

Com­plice des in­fi­dé­li­tés de Bill

Cou­tu­mier des po­lé­miques, Do­nald Trump est même al­lé jus­qu’à ac­cu­ser sa ri­vale d’avoir été «com­plice» des in­fi­dé­li­tés de son ma­ri, Bill. «Elle est ma­riée à un homme qui a été le pire agres­seur de femmes dans l’his­toire de la po­li­tique. Un homme qui a fait souf­frir beau­coup de femmes. […] Et Hilla­ry a été com­plice; elle a trai­té ces femmes de fa­çon ef­froyable. Cer­taines ont été dé­vas­tées, non pas par lui, mais par la fa­çon dont elle les a trai­tées, elle!» , a mar­te­lé le mil­liar­daire lors d’un ras­sem­ble­ment ré­pu­bli­cain dans l’état de Wa­shing­ton. Bien sûr, cet angle d’at­taque contre Hilla­ry Clin­ton sus­cite la contro­verse, sur­tout que les mé­dias re­prennent les dé­cla­ra­tions de Trump à qui mieux mieux. Dans une en­tre­vue dif­fu­sée par ABC, le mil­liar­daire se jus­ti­fie en di­sant que ce­la «fait par­tie du jeu» , puisque le couple Clin­ton s’af­fiche en­semble dans la cam­pagne pré­si­den­tielle.

Tou­te­fois, se­lon Sé­bas­tien Blanc, les in­ten­tions du ma­gnat sont tout autres. « Ce nou­veau ter­rain d’af­fron­te­ment per­son­nel, pro­pice aux coups bas, té­moigne de la stra­té­gie adop­tée

par Do­nald Trump pour re­ga­gner un élec­to­rat fé­mi­nin ren­du mé­fiant par ses dé­cla­ra­tions mi­so­gynes ré­pé­tées: mettre sys­té­ma­ti­que­ment dans un même sac Bill et Hilla­ry Clin­ton et la faire pas­ser pour in­sen­sible à la souf­france des femmes» , écrit le cor­res­pon­dant de l’agence France-presse à Wa­shing­ton. Qu’en pense Hilla­ry? «Je ne vais pas tom­ber dans une cam­pagne de ca­ni­veau. Je vais me­ner une cam­pagne ba­sée sur les questions qui se posent» , dit-elle dans un en­tre­tien à CBS.

Une cam­pagne pleine de re­bon­dis­se­ments

Bien qu’elle soit cri­ti­quée de toutes parts, la can­di­date à la pré­si­den­tielle pour­suit sa course la tête haute. Se­ra-t-elle la pre­mière femme de l’his­toire amé­ri­caine à de­ve­nir pré­si­dente? La can­di­date dé­mo­crate part fa­vo­rite, se­lon les der­niers son­dages. Elle re­cueille 50 % des in­ten­tions de vote des Amé­ri­cains contre 42 % pour le mil­liar­daire. Lors d’une en­tre­vue à CNN, elle en a pro­fi­té éga­le­ment pour rap­pe­ler aux Amé­ri­cains les propos pro­vo­ca­teurs de son ad­ver­saire: «Nous ne pou­vons pas cou­rir le risque qu’un dan­ger pu­blic comme Do­nald Trump di­rige notre pays. […] Il est d’accord pour que d’autres pays aient l’arme nu­cléaire!»

De son cô­té, le ré­pu­bli­cain tire pro­fit de la co­lère des Amé­ri­cains contre l’élite di­ri­geante ac­tuelle et pro­met de pas­ser au crible les «ma­gouilles» des Clin­ton. Dans un ar­ticle de l’agence France-presse, le di­rec­teur du centre d’études pré­si­den- tielles et par­le­men­taires à l’ame­ri­can Uni­ver­si­ty, James Thur­ber, ex­plique pour­quoi Trump joue sur ce ta­bleau: «La droite est en co­lère contre l’es­ta­blish­ment, qui n’a pas fait ce qu’il avait pro­mis, c’est-à-dire ré­duire le rôle de l’état, abro­ger la ré­forme de la san­té, em­pê­cher le ma­riage gai et les autres avan­cées so­ciales. Ses élec­teurs viennent de cette droite en co­lère.»

La cause des femmes

Après qu’hilla­ry Clin­ton eut pris les de­vants à Phi­la­del­phie, le mil­liar­daire l’a ac­cu­sée de «jouer la carte de la femme» et a lan­cé sur la chaîne CNN: « Si elle était un homme et se com­por­tait comme elle le fait, elle n’au­rait pra­ti­que­ment au­cun vote.» Par consé­quent, elle ne se laisse pas im­pres­sion­ner par les piques conti­nuelles de ses ad­ver­saires: « Si se battre pour la cou­ver­ture san­té des femmes, le congé pa­ren­tal ré­mu­né­ré et l’éga­li­té sa­la­riale re­vient à jouer la carte de la femme, alors comp­tez sur moi.» ¢

L’af­faire des cour­riels Hilla­ry a été ju­gée du­re­ment par son ad­ver­saire ré­pu­bli­cain concer­nant l’af­faire des cour­riels avec son Black­ber­ry. Hilla­ry Clin­ton avoue être ren­due ha­bi­tuée aux at­taques à son égard.

Des par­ti­sans de Trump af­fichent leurs po­si­tions contre Clin­ton. Son ad­ver­saire, Do­nald Trump, ne mé­nage pas Hilla­ry et base sa cam­pagne élec­to­rale sur des cri­tiques en­vers elle. Conflits d’in­té­rêts

Les fa­milles Clin­ton et Trump en des jours moins com­pé­ti­tifs.

On a re­pro­ché à l’an­cien pré­sident amé­ri­cain et sa femme d’avoir une re­la­tion pri­vi­lé­giée avec Frank Mcken­na, vice-pré­sident de la Banque TD et pro­ba­ble­ment grand ac­tion­naire de Trans­ca­na­da, qui est der­rière le pro­jet contro­ver­sé Keys­tone XL.

Celle qui de­vien­dra peut-être la pré­si­dente des États-unis veut dé­fendre le droit des femmes.

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