Pro­blèmes

Au Mexique

Biographies Collection - - Difficulties -

LL’en­tre­tien de sa pe­tite ar­mée de li­bé­ra­tion coûte cher. Les 10 000 dol­lars de son pé­riple amé­ri­cain se sont ra­pi­de­ment en­vo­lés. Au prin­temps 1956, les fi­nances sont au plus bas. Ba­tis­ta fait pres­sion sur le gou­ver­ne­ment mexi­cain qui to­lère les re­belles cu­bains sur son ter­ri­toire. Des agents de Ba­tis­ta font la preuve que Cas­tro et sa bande achètent des armes et pré­parent une ré­vo­lu­tion ar­mée. Le gou­ver­ne­ment mexi­cain, n’ayant pas le choix, pro­cède à l’ar­res­ta­tion des membres du M-26. Fi­del et Che sont ar­rê­tés, seul Raúl Cas­tro glisse entre les doigts de la po­lice mexi­caine.

En­core une fois, les ta­lents d’ora­teur et le cha­risme de Fi­del Cas­tro vont le sor­tir de l’im­passe. Par per­sonnes in­ter­po­sées, il ap­prend qu’une ten­ta­tive d’as­sas­si­nat par des agents de Ba­tis­ta a failli réus­sir. Il ren­verse la va­peur et se mé­ta­mor­phose en ac­cu­sa­teur. Puis­qu’on l’ac­cuse de tra­fic d’armes, il pré­tend qu’on a ten­té de l’as­sas­si­ner avec la com­pli­ci­té de cer­tains po­li­ciers mexi­cains cor­rom­pus, et qu’il se pro­cu­rait des armes pour se dé­fendre contre des agents cu­bains qui avaient re­çu la

pour lem- 26

mis­sion de l’éli­mi­ner.

Le 24 juillet, Fi­del re­trouve la li­ber­té et Che Gue­va­ra le re­joint quelques jours plus tard. Il peut se re­plon­ger dans sa mis­sion: la pré­pa­ra­tion de l’in­va­sion de Cu­ba. Il se sait sur­veillé par la po­lice et doit donc agir ra­pi­de­ment pour évi­ter une autre ar­res­ta­tion. Une course contre la montre s’en­gage. À la fin de l’été 1956, il ne lui reste que quatre mois pour or­ga­ni­ser le dé­bar­que­ment.

Il doit trou­ver un ba­teau et un mé­cène. Ce se­ra l’ex-pré­sident exi­lé Car­los Prio qui lui four­ni­ra les sous. C’est une drôle d’al­liance, puis­qu’on se sou­vien­dra que Cas­tro s’est re­bel­lé contre le ré­gime de ce der­nier, mais tout ce qui im­porte, ce sont les sous. À la mi-no­vembre, il ap­prend le dé­cès de son père An­gel, alors âgé de 81 ans. Fi­del ne pleure pas ce père qui l’a ré­pu­dié et n’as­sis­te­ra pas aux ob­sèques. Il a des pré­oc­cu­pa­tions trop ur­gentes.

Le dé­bar­que­ment À la fin de no­vembre 1956, Cas­tro, ac­com­pa­gné du Che Gue­va­ra et de 80 autres membres du M-26, em­barque à bord du Gran­ma, un pe­tit yacht, dans le but de me­ner une ex­pé­di­tion contre Ba­tis­ta. À l’aube du 2 dé­cembre 1956, le pe­tit groupe dé­barque sur les côtes cu­baines, mais Ba­tis­ta a été mis au cou­rant de cette ex­pé­di­tion et son ar­mée les sur­prend. Sur les 82 hommes de l’ex­pé­di­tion, moins d’une ving­taine sur­vi­vront et de­vront trou­ver re­fuge dans la Sier­ra Maes­tra.

Ba­tis­ta com­met ce­pen­dant une er­reur qui al­lait lui coû­ter très cher à

La pe­tite guerre des déses­pé­rés

moyen terme. En ef­fet, confiant de sa vic­toire sur les re­belles nau­fra­gés, il an­nonce que Fi­del Cas­tro est mort. Il ar­rête donc les opé­ra­tions de ra­tis­sage, ce qui consti­tue une chance pour Fi­del, un ré­pit in­es­pé­ré. Il pren­dra son temps avant de res­sur­gir des morts, ce qui lui per­met­tra non seule­ment de souf­fler, mais de réunir ses mer­ce­naires épar­pillés un peu par­tout.

Fi­del étant of­fi­ciel­le­ment mort, voi­là une chance pour Mir­ta de ré­cu­pé­rer son fils Fi­de­li­to qui se trouve toujours àmexi­co. Le 15 dé­cembre, elle en­lève Fi­de­li­to, les soeurs de Fi­del ne pou­vant rien faire, car elles n’ont plus au­cune base ju­ri­dique pour gar­der l’en­fant. Ayant re­trou­vé son fils, Mir­ta peut don­ner suite à son pro­jet d’épou­ser Emi­lio Blan­co, ré­cem­ment nom­mé chef de la dé­lé­ga­tion cu­baine à L’ONU, et de s’ins­tal­ler aux É.-U., à New York.

À la fin de dé­cembre, Fi­del res­sus­cite dans la presse. Le re­belle est toujours vi­vant. Il se terre dans la mon­tagne et le «mi­racle» de sa sur­vie at­tire de nou­veaux ad­hé­rents à sa cause. Mal­heu­reu­se­ment, Fi­del et son groupe sont tra­his par Eu­ti­mio Guer­ra, mes­sa­ger à qui Fi­del avait ac­cor­dé toute sa confiance. Ba­tis­ta en­voie son ar­mée de l’air bom­bar­der le camp des re­belles le 30 jan­vier 1957. En­core une fois, Cas­tro, Gue­va­ra et sa com­pa­gnie échappent à la mort.

Quelques jours plus tard, Eu­ti­mio Guer­ra est pris par les ré­vo­lu­tion­naires et exé­cu­té. Fi­del de­vien­dra très mé­fiant, n’ac­cor­dant sa pleine confiance qu’avec par­ci­mo­nie. Son frère Raúl de­vient le seul chef de sa sé­cu­ri­té.

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