Vi­va Las Ve­gas!

Du ja­mais vu! Les an­nées 1970 sont celles du triomphe, mais aus­si celles du déses­poir et de la dé­chéance. El­vis su­per­star de­vient l’icône de l’amé­rique pro­fonde, le seul qui fait en­trer à Ve­gas, au mi­lieu des ma­chines à sous, le rock, le vrai, le pur, en

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En 1970, El­vis est élu l’une des 10 per­son­na­li­tés les plus re­mar­quables de l’an­née et re­çoit le prix Jay­cee. Le 1er mars, après son concert à l’as­tro­dome de Hous­ton (Texas) de­vant 250 000 per­sonnes éba­hies, El­vis donne une confé­rence de presse et re­çoit une mé­daille en or, un Stet­son, et une étoile de shé­rif en or, ain­si que des disques d’or pour Don’t Cry Dad­dy, In the Ghet­to et Sus­pi­cious Minds, ain­si que pour son al­bum From El­vis in Mem­phis et le double Mem­phis/ve­gas, sor­ti en 1969.

Le 9 sep­tembre, El­vis est à Phoe­nix (Ari­zo­na) avec le Co­lo­nel Par­ker pour une tour­née de six concerts en al­ter­nance avec des shows à Las Ve­gas, lui qui avait dé­jà rem­pli un en­ga­ge­ment de quatre se­maines à l’in­ter­na­tio­nal Ho­tel à l’été 1969. C’est sa pre­mière tour­née de­puis 1955. Il fait la na­vette entre les villes en avion pri­vé.

Le 28 août 1971, autre ré­com­pense: le Gol­den Achie­ve­ment Award re­mis par la Na­tio­nal Aca­de­my of Re­cor­ding Arts and Science. C’est le fils de Bing Cros­by qui le lui re­met.

Le 21 dé­cembre, il est ac­cueilli par le pré­sident Ri­chard Nixon à la Mai­sonB­lanche. El­vis lui offre un Colt 45 da­tant de la Deuxième Guerre mon­diale et re­çoit en re­tour, des mains du pré­sident, un in­signe ho­no­ri­fique du Bu­reau fé­dé­ral des nar­co­tiques. À l’époque, El­vis avait en­voyé un cour­rier au pré­sident pour lui faire part de son in­quié­tude face à la drogue en pleine ef­fer­ves­cence chez les jeunes et pro­po­sait d’uti­li­ser son sta­tut de «star» pour la lutte contre les dan­gers de la drogue. Voi­là bien le pa­ra­doxe el­vi­sien! Du 9 au 11 juin 1972, El­vis donne quatre concerts au Ma­di­son Square Gar­den à New York. Le show du 10 juin sor­ti­ra neuf jours plus tard en al­bum! Tout va très vite. El­vis est en­tré dans un tour­billon qui par­fois l’es­souffle. Il tourne des do­cu­men­taires de ses tour­nées El­vis On Tour et se deux hô­tels, deux avions, El­vis mal­gré lui dé­laisse femme et en­fant. Pris­cil­la re­con­naît qu’il n’est plus l’homme qu’elle a ai­mé avec pas­sion et dé­vo­tion. Fa­ti­guée de vivre en vase clos, d’être un bi­be­lot dans l’ombre d’un géant, rê­vant de faire sa propre marque dans la vie, elle dé­cide de le quit­ter.

donne une sé­rie de 29 spec­tacles au Hil­ton de Las Ve­gas. Il n’ar­rête pas. Il donne pas moins de 154 re­pré­sen­ta­tions sur scène du­rant l’an­née à tra­vers les États-unis, en plus des en­re­gis­tre­ments en stu­dio, des séances pho­tos et des in­ter­views. Un tra­vail de sur­homme.

En 1975, après avoir re­çu un prix Gram­my pour How Great Thou Art, El­vis donne à nou­veau une sé­rie de 51 concerts à Las Ve­gas. En tout dans l’an­née, il to­ta­lise 108 re­pré­sen­ta­tions sur scène. Pour fa­ci­li­ter ses dé­pla­ce­ments, il achète un Jet Con­vair 880 im­ma­tri­cu­lé N880EP, bap­ti­sé le Li­sa Ma­rie, et en­gage un équi­page de quatre per­sonnes à temps plein. Il y fait ins­tal­ler sa­lon, salle à man­ger, toi­lette, douche, chambre à cou­cher, bar, té­lé­vi­sion et té­lé­phone.

En sep­tembre, il fait l’ac­qui­si­tion d’un autre avion de 10 places, plus pe­tit que le Li­sa Ma­rie, un Lock­heed Geor­gia Jets­tar im­ma­tri­cu­lé N777EP, et le nomme Hound Dog II.

Au mois d’oc­tobre, El­vis n’ar­rive plus à ca­mou­fler sa vul­né­ra­bi­li­té. L’épui­se­ment pro­fes­sion­nel, les dé­cep­tions et les dé­pla­ce­ments conti­nuels ont rai­son de son éner­gie ja­dis in­ta­ris­sable. Sa san­té est dé­sor­mais chan­ce­lante et son en­tou­rage com­mence à s’in­quié­ter sé­rieu­se­ment. Quand il est dé­pri­mé ou an­gois­sé, c’est dans la nour­ri­ture qu’il cherche à com­bler le vide qu’il res­sent. La nuit, un cock­tail de som­ni­fères l’at­tend sur sa table de che­vet, à cô­té de sa bible. Le 25, il est ad­mis à l’hô­pi­tal Bap­tist Me­mo­rial de Mem­phis pour se re­faire une san­té.

En fé­vrier 1976, El­vis com­mence à uti­li­ser son stu­dio de Gra­ce­land. Le pre­mier al­bum à y être en­dis­qué est From El­vis Pres­ley Bou­le­vard. Le 23 août, le King re­tourne à l’hô­tel In­ter­na­tio­nal de Ve­gas, mais il doit an­nu­ler les trois der­niers concerts pour cause de ma­laises. Les choses re­viennent tran­quille­ment à la nor­male, mais il est clair que le chan­teur n’est plus en grande forme. Il donne néan­moins un to­tal de 127 re­pré­sen­ta­tions.

De­puis 1969, El­vis a don­né 641 shows à Las Ve­gas, qui ont été vus par 1 200 000 per­sonnes en date du 12 dé­cembre 1976, et a chan­té près de 200 dif­fé­rentes chan­sons.

Le 28 dé­cembre, à Dal­las, El­vis im­pro­vise au pia­no sur scène et chante Un­chai­ned Me­lo­dy qui de­vien­dra un titre in­con­tour­nable du King pour sa poi­gnante émo­tion.

Au prin­temps 1977, à bout de forces, El­vis et sa jo­lie co­pine de 22 ans, Gin­ger Al­den, s’en­volent vers Ha­waï avec quelques amis pour des va­cances bien mé­ri­tées. El­vis re­vient à Mem­phis bron­zé, sou­riant. Il en­tame sa pre­mière tour­née de l’an­née (51 concerts) qui s’achève le 26 juin, sans se dou­ter que ce se­ra sa der­nière… ¢

L’avion pri­vé d’el­vis, le à Gra­ce­land.

Mé­dailles et ré­com­penses Les tour­nées et la sé­pa­ra­tion Poi­gnée de main his­to­rique entre le pré­sident Nixon et le King le 21 dé­cembre 1971 à la Mai­son-blanche. Le dé­clin

Il est épui­sé. La nuit, il se gave de mé­di­ca­ments.

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