Un uni­vers

Der­rière le masque de l’idole, il y avait la vraie vie d’el­vis, ni dieu, ni diable, un hu­main tout sim­ple­ment. Avec ses forces et ses fai­blesses. Ses en­vies, ses dé­si­rs, ses pas­sions. Et son be­soin constant d’être ras­su­ré, en­tou­ré, pro­té­gé.

Biographies Collection - - Vie Privée -

Avec ses quatre co­lonnes qui sou­tiennent le fron­ton mu­ral et son toit poin­tu, Gra­ce­land a des al­lures de temple. Rien d’éton­nant quand on sait qu’ici se te­nait une église, la Gra­ce­land Chris­tian Church. Un siècle plus tôt s’éten­dait une de ces plan­ta­tions opu­lentes qui ont bâ­ti la lé­gende du vieux Sud.

Elle cou­vrait alors 500 hec­tares de fo­rêts et de pâ­tu­rages et a sur­vé­cu aux sé­quelles de la guerre de Sé­ces­sion. El­vis a fait de Gra­ce­land le sym­bole de sa réus­site. Ache­tée avec le ca­chet du film Love Me Ten­der, il en li­mite le pé­ri­mètre à 14 hec­tares, à l’échelle de sa gloire nais­sante, en 1957.

La Mai­son-blanche du rock’n’roll

Chaque an­née, ils sont 700 000 pè­le­rins à payer 20 $ pour vi­si­ter le sanc­tuaire du King au 3734 El­vis Pres­ley Bou­le­vard. La ré­si­dence compte huit grandes pièces: outre les chambres, il y a un sa­lon où trônent un pia­no et des paons dans des vi­traux, une salle à man­ger pour les sou­pers noc­turnes, une cui­sine où trois do­mes­tiques se re­layaient 24 heures sur 24 et la «jungle room» , digne d’un zoo, avec fau­teuils en peaux de tigre, pleine de té­lé­vi­seurs. Der­rière, un bâ­ti­ment abrite une salle de tir de­ve­nue la salle de montre des 105 disques d’or du King, et un court de ra­quet­ball où des ma­gné­to­scopes dif­fusent ses meilleurs spec­tacles.

De­hors, la vi­site gui­dée conduit les fi­dèles aux deux avions d’el­vis. Plus loin, un pe­tit mu­sée ex­pose les ob­jets de culte qu’il a «tou­chés»: ses cos­tumes de spec­tacles, ses bi­joux, le té­lé­vi­seur dans le­quel il a ti­ré un coup de re­vol­ver une nuit à la vue de Ro­bert Gou­let, et une par­tie de sa flotte au­to­mo­bile: la

El­vis a fait de Gra­ce­land le sym­bole de sa réus­site.

fa­meuse Ca­dillac rose (la blanche est à Na­sh­ville), la Lam­bor­ghi­ni, la RollsRoyce et les mo­tos Har­ley-da­vid­son. À la sor­tie, un kiosque à sou­ve­nirs pro­pose des re­liques à l’ef­fi­gie du King: tasse, cen­drier, porte-clé, sac de voyage, cein­ture, bre­telles, lu­nettes fu­mées et même une carte de cré­dit Mas­ter­card «El­vis Pres­ley»! Ses ex­cen­tri­ci­tés

La gé­né­ro­si­té est la plus grande qua­li­té na­tu­relle d’el­vis. Lui qui a connu la pau­vre­té veut ai­der ceux qui ont eu moins de chance que lui. Dé­jà tout pe­tit, il donne ses jouets à des en­fants plus dé­mu­nis. Adulte et ul­tra riche, il offre des voi­tures, sur­tout des Ca­dillac, à tous ceux qu’il aime. Il fait même des ca­deaux à des per­sonnes qu’il ne connaît pas.

Ain­si, en 1975, il achète une au­to à une dame noire qui ad­mire sa voi­ture

dans une salle de montre. Il lui signe aus­si un chèque d’un bon mon­tant pour qu’elle se pro­cure des vê­te­ments neufs. Ses amis de la po­lice de Den­ver, des an­non­ceurs de ra­dio et aus­si son in­fir­mière per­son­nelle, Ma­rian Cocke, re­çoivent des voi­tures en ca­deau. Dès qu’un membre de sa fa­mille, de son en­tou­rage ou un mu­si­cien de son groupe a be­soin de quelque chose, El­vis l’achète comp­tant.

Il donne sans comp­ter

Il paie des frais mé­di­caux et hos­pi­ta­liers, achète des mai­sons et dis­tri­bue des chèques, en blanc par­fois. Il couvre les dé­penses ur­gentes de ses do­mes­tiques ou aug­mente leur sa­laire sans qu’ils en fassent la de­mande. S’il lit dans le jour­nal le drame d’une per­sonne né­ces­si­teuse, il s’en oc­cupe. Il donne des au­to­bus à des groupes de mu­sique comme The Stamps et au chan­teur coun­try T.G. She­pard. Co­pains, mu­si­ciens et pe­tites amies re­çoivent tous des bagues. Ses amou­reuses ont droit à la che­va­lière frap­pée aux ini­tiales TLC ( Ten­der Lo­ving Care) en or et dia­mants. Il donne même un avion au Co­lo­nel! Chaque Noël, il signe une cin­quan­taine de chèques à des oeuvres de bien­fai­sance de Mem­phis. Il fait des dons en ar­gent aux or­ga­nismes de cha­ri­té et aux églises s’éle­vant à plu­sieurs mil­lions de dol­lars. Des fans aus­si bé­né­fi­cient des lar­gesses du King. Son ami et plus fi­dèle fan, Ga­ry Pep­per, re­çoit une voi­ture neuve à l’une des fêtes de Noël. D’autres ad­mi­ra­teurs pri­vi­lé­giés qui vi­sitent Gra­ce­land re­çoivent en ca­deau des vê­te­ments d’el­vis. Du bout de la scène, pen­ché vers son pu­blic, El­vis donne aux fans en dé­lire des cen­taines d’écharpes en soie et, en cer­taines oc­ca­sions, des capes, des gui­tares et des bagues à ses ini­tiales, EP.

Avec ses pe­tites amies, c’est le genre de «pup­py love» tendre et câ­lin. Amou­reux des chiens, El­vis donne sou­vent des chiots à ses conquêtes fé­mi­nines, même si elles au­raient pré­fé­ré un ani­mal en pe­luche…

Son grand coeur ne connaît pas de li­mites. Mais le plus beau ca­deau qu’el­vis a fait au monde, c’est lui-même, sa voix et sa mu­sique. ¢

Un homme gé­né­reux.

Le sa­lon avec le pia­no et les paons sur les vi­traux.

Sa fa­meuse Ca­dillac rose de­vant sa ré­si­dence. Mars 1976, El­vis sort de sa li­mou­sine pour prendre son avion pri­vé, le Li­sa Ma­rie, en Ohio, ac­com­pa­gné de ses gardes du corps. L’ha­bi­tude de je­ter une ou deux écharpes trem­pées de sa sueur com­mence à Las Ve­gas en 1969. La foule en ex­tase en re­de­man­dant, El­vis en lance par dou­zaines! La gui­tare du King, un ob­jet culte.

En 1964, il achète le na­vire USS Po­to­mac et le donne à l’hô­pi­tal pour en­fants St. Jude, à Mem­phis, pour une vente aux en­chères.

En une se­maine, en juillet 1975, il dé­pense plus de 85 000 $ en bi­joux chez Lo­well Hays pour des ca­deaux. Ce mon­tant re­pré­sente près de 400 000 $ au­jourd’hui!

Le King aime au­tant le rock que les armes à feu.

El­vis s’im­plique dans de nom­breuses oeuvres de bien­fai­sance.

En 1970, El­vis ren­contre le ca­pi­taine de la po­lice de Den­ver. Il lui donne 5 000 $ pour ter­mi­ner la construc­tion d’une salle d’en­traî­ne­ment qui de­vait être dé­mo­lie pour faire place à un ma­ga­sin à grande sur­face.

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