Le com­bat de John­ny pour sur­vivre

Lors­qu’on est l’icône du rock, on doit in­évi­ta­ble­ment faire face à quelques scan­dales. Qu’ils soient vé­ri­diques ou com­plè­te­ment lou­foques, c’est le re­vers de la mé­daille. Et John­ny Hal­ly­day n’était pas l’ex­cep­tion qui confirme la règle! Loin de là…

Biographies Collection - - Vie publique -

SSi la vraie drogue du ro­ckeur a tou­jours été son pu­blic, il n’en de­meure pas moins que les an­nées 60 ont été mar­quées pour lui par des cock­tails d’al­cool, et de drogue. Le chan­teur s’en­fon­çait vé­ri­ta­ble­ment dans un pro­ces­sus d’au­to­des­truc­tion. Avec un di­vorce et une sé­vère dé­pres­sion, il était fi­na­le­ment sur la pente des­cen­dante. Quelques an­nées plus tard, il com­bat­tait tou­jours ses an­ciens dé­mons: Ce com­bat au­ra donc été ce­lui de plu­sieurs an­nées de sa vie.

Ce n’est qu’à la fin des an­nées 90 qu’il ac­cep­te­ra de se li­vrer à ce su­jet. «La co­caïne, j’en ai pris long­temps en tom­bant de mon lit, le ma­tin, a-t-il avoué. Main­te­nant, c’est fi­ni, j’en prends oc­ca­sion­nel­le­ment, pour tra­vailler, pour re­lan-

cer la ma­chine, pour te­nir le coup. Je ne suis pas le seul d’ailleurs. Il n’y a pas à s’en van­ter, je n’en suis pas fier. C’est ain­si, c’est tout. Mais il faut bien vous dire que nos chan­sons viennent de quelque part. Elles ne tombent pas d’un arbre de

Noël.» Ce qu’il dé­cri­vait comme étant «de la merde», au­rait ce­pen­dant été rem­pla­cé par le sport, as­su­rait-il tout ré­cem­ment. Après avoir fu­mé pas moins de trois pa­quets de ci­ga­rettes par jour et abu­sé de l’al­cool, la san­té était sa prio­ri­té. Même si en 2000, il confiait avoir eu re­cours a une pi­lule an­ti­vieillis­se­ment, pour­tant in­ter­dite en France à cause de son ef­fi­ca­ci­té contro­ver­sée… «Ma femme est beau­coup plus jeune que moi, a-t-il ad­mis il

y a un an. S’il m’ar­ri­vait quelque chose, elle au­rait de quoi être heu­reuse toute sa vie. J’es­père fê­ter les 20 ans de Joy (1 an). J’ai chan­gé de train de vie. J’ai ra­len­ti la ci­ga­rette. […] Je n’ai pas en­vie de mou­rir tout de suite.» Éva­sion fis­cale «J’en ai marre, comme beau­coup de Fran­çais, de payer ce qu’on nous im­pose comme im­pôts, puis voi­là, j’ai fait mon choix» ,a ex­pli­qué le ro­ckeur pour jus­ti­fier son exil en 2006 à Gs­taad, une sta­tion de ski hup­pée en Suisse où il pos­sé­dait dé­jà un cha­let. «Avant, je ver­sais plus de 70% de mes re­ve­nus en im­pôt. Avec ce que j’ai payé dans ma vie, j’au­rais pu faire vivre plu­sieurs fa­milles pen­dant des gé­né­ra­tions» , a-t-il dit au su­jet de l’im­pôt sur la for­tune (ISF), que plu­sieurs ont re­nom­mé iro­ni­que­ment «In­ci­ta­tion à sor­tir de la France». Ain­si, en pas­sant six mois plus une jour­née en ter­ri­toire Suisse, il n’était contraint de ver­ser qu’un maigre 600 000 eu­ros (!!) au gou­ver­ne­ment. No­tons que le ro­ckeur n’était pas le pre­mier à ré­fu­ter le sys­tème d’im­pôt et à s’exi­ler. Ce phé­no­mène touche, se­lon les es­ti­ma­tions, en­vi­ron 300 à 350 per­sonnes par an, dont la plu­part sont des hé­ri­tiers et des pa­trons peu mé­dia­ti­sés, mais très riches.

John­ny face à la justice 1975: Le fisc exige le rem­bour­se­ment de cent mil­lions de francs im­payés. Il fi­na­li­se­ra le paie­ment seu­le­ment dans les an­nées 1990. 1998: Il pour­suit en dif­fa­ma­tion le quo­ti­dien Le Pa­ri­sien pour avoir an­non­cé qu’il chan­tait en play-back lors d’un concert au Stade de France où il ve­nait de triom­pher. Il ob­tien­dra en­suite des dom­mages et in­té­rêts. 2002: Des ac­cu­sa­tions de viol sont por­tées contre lui! L’évé­ne­ment se­rait sur­ve­nu en avril de l’an­née pré­cé­dente, alors que John­ny Hal­ly­day se trou­vait à bord d’un yacht de luxe en com­pa­gnie de son pho­to­graphe de presse, du ca­pi­taine du ba­teau, d’un membre d’équi­page et d’une hô­tesse. Se­lon cette der­nière, Ma­rie-ch­ris­tine Vo, la star au­rait pé­né­tré dans sa ca­bine après un re­pas ar­ro­sé et lui au­rait im­po­sé par la force un rap­port sexuel. Cinq jours après le sup­po­sé in­ci­dent, elle au­rait fait éta­blir un cer­ti­fi­cat mé­di­cal in­di­quant qu’elle avait re­çu un coup de poing au ni­veau de son oreille droite, qui pré­sen­tait un hé­ma­tome, et elle s’était re­fu­sée à tout exa­men gy­né­co­lo­gique. Au bout de toute cette his­toire, le pro­cu­reur de Nice a re­quis un non-lieu en fa­veur de l’ac­cu­sé, dû à un manque de preuve. Il n’en de­meure pas moins que l’ar­tiste n’au­ra pu tour­ner la page que cinq ans plus tard, soit en 2006… 2003: Le ro­ckeur af­fronte une nou­velle fois le quo­ti­dien Le Pa­ri­sien, qui a ra­con­té dans ses pages que la boîte de nuit Amné­sia, ou­verte par son beau-père, M. Bou­dou, et dont il est ac­tion­naire mi­no­ri­taire, té­moi­gne­rait d’un pré­su­mé mon­tage de fi­nan­ce­ment opaque et des ac­tion­naires non iden­ti­fiés. Même si on lui re­jette sa de­mande de dé­dom­ma­ge­ment pour dif­fa­ma­tion un an après, son épouse Lae­ti­cia et son père ob­tiennent ré­pa­ra­tion. 2004: Il re­proche à sa com­pa­gnie de disques, Uni­ver­sal Mu­sic, de l’ex­ploi­ter. Il de­mande ain­si la res­ti­tu­tion des bandes ori­gi­nales des chan­sons afin de les uti­li­ser lui-même en toute pro­prié­té. Après lui avoir don­né rai­son, la justice dé­cide en fa­veur d’uni­ver­sal en 2006. Il a de­puis si­gné avec la mai­son de disque War­ner. 2005: John­ny Hal­ly­day au­rait bien ai­mé s’ins­tal­ler

L’homme n’a ja­mais eu peur de s’ex­pri­mer... même au risque de dé­plaire!

au Qué­bec, au grand dam de sa femme. À l’été 2005, il était tom­bé amou­reux d’un do­maine de Co­wans­ville dans les Can­tons- de-l’est, d’une va­leur de près des deux mil­lions. Ni­chée sur un im­po­sant ter­rain, la pro­prié­té de 14 pièces et de 6500 pi2 dis­po­sait éga­le­ment d’une pis­cine, d’un court de ten­nis et d’une écu­rie. John­ny rê­vait d’y faire l’éle­vage de che­veux. Le chan­teur avait de­man­dé de lui ré­ser­ver la ré­si­dence en échange d’un dé­pôt de 25 000 $. Il au­rait dé­pas­sé la date pré­vue pour l’achat et se­rait re­ve­nu par la suite en pro­po­sant un prix dé­ri­soire qui avait été re­fu­sé par le pro­prié­taire. Quelques jours plus tard, John­ny a vi­si­té une nou­velle mai­son, tou­jours dans les Can­tonsde-l’est. Il était alors en com­pa­gnie de son avo­cat, son

agent d’im­meuble, un pho­to­graphe, son gé­rant et son garde du corps. Une offre d’achat au­rait été faite à 1,7 mil­lion, mais le len­de­main ma­tin, l’avo­cat avait an­non­cé que la pro­po­si­tion ne

te­nait plus la route. «La seule réponse ob­te­nue fut qu’ap­pa­rem­ment, bien que Mon­sieur Hal­ly­day ait ado­ré la pro­prié­té, son épouse, elle, l’au­rait in­for­mé n’avoir au­cun in­té­rêt à ve­nir au Qué­bec et

ne pas ai­mer la mai­son» , était-il in­di­qué dans la re­quête ju­di­ciaire, dé­po­sée en Cour su­pé­rieure par le pro­prié­taire pour faire res­pec­ter les termes de leur contrat.

2009: Il perd un pro­cès à la Cour eu­ro­péenne des droits de l’homme en juillet 2009 en in­vo­quant le droit à l’image et le droit à la vie pri­vée contre une mai­son d’édi­tion.

Lors d’une soi­rée avec son fils Da­vid et l’ac­teur Mi­key Rourke. John­ny avec sa Ford GT 40.

Une vie rem­plie d’ex­cès… Pro­fi­tant de la vie au maxi­mum, John­ny n’a ja­mais dit non à une bonne ci­ga­rette…

Au cours de sa car­rière, John­ny a dû faire plu­sieurs mises au point

John­ny et Lae­ti­cia en 2004, sur un yacht de Saint-tro­pez.

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