Pro­fi­tons de notre sexua­li­té sans ta­bou

LA PRISE DE PA­ROLE DE SCARLETT

Coquine - - ENTREVUE - PAR LAU­RA RE­NAUD

PAR­LER OU­VER­TE­MENT DE SEXUA­LI­TÉ, EST-CE UN SIGNE DE MOEURS LÉ­GÈRES? SCARLETT JO­HANS­SON, 33 ANS, A PAR­FOIS L’IM­PRES­SION QUE C’EST LE CAS ET ELLE DÉ­PLORE CETTE SI­TUA­TION. POUR­QUOI NE PAS PRO­FI­TER DE NOTRE SEXUA­LI­TÉ SANS TA­BOU?

Scarlett Jo­hans­son est l’une des plus belles femmes – et des plus sexy – d’hol­ly­wood. Pour­tant, elle sent souvent l’image né­ga­tive qui pèse sur les femmes qui as­sument et af­fichent leur sexua­li­té. Plus souvent qu’à son tour, la star de Ghost in the Shell a l’im­pres­sion qu’elle n’est pas libre de s’ex­pri­mer… et qu’elle est loin d’être la seule! Elle en a ré­cem­ment dis­cu­té en en­tre­vue avec Cos­mo­po­li­tain: «Quand on est une femme, c’est presque in­ter­dit de dire qu’on aime le sexe. Juste en ayant un rap­port sain avec la sexua­li­té, une femme peut être per­çue comme une sa­lope, une traî­née. Au­to­ma­ti­que­ment, on de­vient des per­sonnes sans mo­rale, avec une dé­viance sexuelle. Tout à coup, on de­vient in­ca­pable d’être dans une re­la­tion mo­no­game.»

Pour l’ac­trice, c’est une réa­li­té dif­fi­cile à ac­cep­ter, sur­tout que les hommes n’ont ja­mais à vivre ce genre de pres­sion so­ciale, bien au contraire! On connaît le cli­ché: un homme qui se vante d’avoir eu plu­sieurs conquêtes au­ra droit aux rires com­plices, alors qu’une femme risque plu­tôt d’at­ti­rer des re­gards ou­trés et des com­men­taires dé­pla­cés. «Dès qu’on ad­met qu’on est cu­rieuse, qu’on aime dé­cou­vrir son corps, ça de­vient ta­bou!»

Mais pour­quoi, en­core en 2018? Dé­ci­dée à chan­ger cette per­cep­tion en­core en­tre­te­nue par beau­coup de so­cié­tés, Scarlett Jo­hans­son n’a pas peur de dire haut et fort ce que cer­taines femmes pensent peut-être tout bas. Et si c’était tout sim­ple­ment nor­mal d’ai­mer la sexua­li­té? Et si les femmes pou­vaient ai­mer dé­cou­vrir de nou­veaux plai­sirs et même (gros luxe!) en par­ler sans avoir peur du ju­ge­ment? Qu’à ce­la ne tienne! Scarlett Jo­hans­son n’est pas sur le point de se taire! La star re­ven­dique ou­ver­te­ment son droit à la pa­role. Pas ques­tion de ne pas ex­pri­mer ce qu’elle a en tête. D’ailleurs, l’ac­trice en a aus­si long à dire sur les droits liés à la ma­ter­ni­té: avor­te­ment, contra­cep­tion, congé pa­ren­tal… Se­lon elle, ce sont des su­jets qui peuvent – et qui doivent – être à l’avant-scène: «Il n’y a au­cune rai­son de ne pas par­ler de nos droits re­pro­duc­teurs. Nous de­vons lut­ter et pro­té­ger nos ac­quis. Ce n’est pas du tout dé­pla­cé de par­ler de ces su­jets. Bien sûr, c’est pri­vé, et cha­cun doit en par­ler à sa ma­nière, mais il n’y a au­cune rai­son d’en­tre­te­nir le ta­bou.»

Mère d’une pe­tite fille nom­mée Rose Do­ro­thy Dau­riac, Scarlett Jo­hans­son es­père de tout coeur lui trans­mettre l’en­vie de s’ex­pri­mer li­bre­ment et de ne ja­mais se taire. Et parce que l’ac­trice est consciente des sa­cri­fices qui suivent par­fois une prise de pa­role, elle es­père que sa fille au­ra as­sez de ca­rac­tère pour af­fron­ter la tem­pête: «Dès qu’on parle pu­bli­que­ment, il y a un risque. C’est tou­jours pos­sible de perdre des fans. Mais si vous avez quelque chose à dire, ça peut avoir une in­fluence po­si­tive. J’es­père que ma fille trou­ve­ra sa voix à tra­vers tout ça et qu’elle se sen­ti­ra à l’aise de dis­cu­ter de plein de su­jets. J’ai été éle­vée dans un en­vi­ron­ne­ment qui en­cou­rage le mi­li­tan­tisme, alors je n’ai pas eu ten­dance à pen­ser aux consé­quences de mes pa­roles. Je sais pour­tant que c’est un luxe et que ce n’est pas tout le monde qui peut se le per­mettre.» Il est sur­pre­nant de l’en­tendre cla­mer à quel point par­ler de sexua­li­té est im­por­tant pour les femmes. En 2012, Scarlett Jo­hans­son a te­nu un dis­cours to­ta­le­ment dif­fé­rent en en­tre­vue avec Mir­ror. In­ter­ro­gée sur sa vie sexuelle en pleine pro­mo­tion du film

The Aven­gers, la belle a re­fu­sé de ré­pondre à la ques­tion: «Je n’ai vrai­ment rien à dire à ce su­jet parce que c’est fran­che­ment en­nuyeux.» Ah bon? A-t-elle vé­cu une pé­riode creuse entre sa sé­pa­ra­tion avec Sean Penn et Ro­main Dau­riac, au­jourd’hui son ex-ma­ri? Tout porte à croire que oui! Ce der­nier l’au­rait-il éveillée à une nou­velle ma­nière de per­ce­voir son corps, ou la ma­ter­ni­té l’au­rait-elle fait se sen­tir plus femme? A-t-elle sim­ple­ment chan­gé d’at­ti­tude en­vers la sexua­li­té en pre­nant de la ma­tu­ri­té? Lors de la même en­tre­vue, Scarlett avait même dé­plo­ré l’as­pect trop sexy de son per­son­nage dans The Aven­gers: «La plu­part du temps, ces per­son­nages de su­per­hé­roïnes s’ap­puient sur leur sexua­li­té et prennent des pauses sexy plu­tôt que d’être des dures à cuire. C’est stu­pide. Mon per­son­nage dans

Black Wi­dow, a un pas­sé sombre, donc pour­quoi ne se­rait-il pas mis en évi­dence? Lorsque j’ai dis­cu­té avec les gens de Mar­vel, ils vou­laient jus­te­ment sor­tir de ce truc d’hé­roïne trop sexy.» Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dis­cours de l’ac­trice a énor­mé­ment chan­gé avec le temps. Ce n’était d’ailleurs pas la pre­mière fois que la ve­dette s’in­sur­geait contre la vi­sion des mé­dias en­vers elle. Souvent per­çue comme une vé­ri­table bombe sexuelle, elle a dû af­fron­ter beau­coup de pré­ju­gés: «Je suis ca­pable de ti­rer avan­tage de mon ap­pa­rence. Mais ce­la peut aus­si po­ser pro­blème. Je me suis tou­jours consi­dé­rée comme une ac­trice de ca­rac­tère et on peut fa­ci­le­ment tom­ber dans le sté­réo­type au­quel les mé­dias vous iden­ti­fient. La vé­ri­té est qu’une grande par­tie de mon tra­vail ne se ré­sume pas à son as­pect sexuel.»

BISEXUELLE?

LA LI­BER­TÉ D’EX­PRES­SION AVANT TOUT UN NOU­VEL ÉVEIL? Aven­gers, The

Scarlett Jo­hans­son a d’ailleurs dé­jà dû af­fron­ter de drôles de com­men­taires et a re­çu une at­ten­tion mé­dia­tique sou­te­nue en rai­son de sa re­la­tion très proche avec son amie Ta­ra Sub­koff. Très vite, les ru­meurs se sont pro­pa­gées: Scarlett Jo­hans­son était-elle bisexuelle? L’ac­trice avait alors dû dé­men­tir la vague de potins qui al­lait l’en­se­ve­lir: «Ta­ra est une de mes meilleures amies. Il ne s’est ja­mais rien pas­sé. Ce se­rait très étrange dans notre re­la­tion!» Mais comment les mau­vaises langues se son­telles dé­liées? «Ap­pa­rem­ment, quel­qu’un nous au­rait vues faire l’amour dans un as­cen­seur… ce qui n’est pas tel­le­ment sa­ni­taire d’ailleurs!» C’est ce qui s’ap­pelle clouer le bec à ses dé­trac­teurs!

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