Je suis pas­sée d’amie à pa­tronne

BEAU­COUP D’EN­TRE­PRISES SONT AU­JOURD’HUI MOINS HIÉRARCHISÉES ET PLUS CON­VI­VIALES QU’AU­PA­RA­VANT. L’AMI­TIÉ ENTRE UN PA­TRON ET UN EM­PLOYÉ EST DONC MIEUX AC­CEP­TÉE. TOU­TE­FOIS, LA PRU­DENCE S’IM­POSE. ON POUR­RA PRO­BA­BLE­MENT PRÉ­SER­VER NOS AMI­TIÉS, MAIS LES CHOSES N

Coup de Pouce - - MA VIE -

QUE FAIRE?

Quand on entre en poste, il est re­com­man­dé d’avoir un en­tre­tien in­di­vi­duel avec chaque membre de son équipe. «On pro­fite de cette oc­ca­sion pour ex­pli­quer à ceux avec qui on est amie qu’il y a des choses qu’on ne pour­ra pas leur dire à pro­pos de l’en­tre­prise et on sol­li­cite leur com­pré­hen­sion», dit Anik Cha­rest. On agit avec nos amis comme avec tous les autres em­ployés, sans trai­te­ment de fa­veur ni exi­gences plus éle­vées. Mal­gré ce­la, la ma­chine à ru­meurs peut s’em­bal­ler ra­pi­de­ment, et cer­taines de nos dé­ci­sions peuvent être per­çues comme du fa­vo­ri­tisme. Ju­lie Ca­ri­gnan pro­pose de se don­ner des garde-fous. «On peut, par exemple, évi­ter de dî­ner seule avec nos amis et de­man­der un deuxième avis lors­qu’une dé­ci­sion concerne l’un d’eux», in­dique-t-elle. Lors­qu’on voit nos col­lègues en de­hors du tra­vail, on garde en tête qu’on re­pré­sente l’em­ployeur. «On fait at­ten­tion à ce qu’on dit, conseille Anik Cha­rest. On ne peut plus cri­ti­quer l’en­tre­prise, par exemple. C’est une bonne idée aus­si de par­tir avant les autres, car les gens ont ten­dance à être un peu sur leurs gardes en pré­sence d’un su­pé­rieur.» Nos col­lègues ont be­soin de se re­trou­ver de temps en temps pour se plaindre de l’en­tre­prise? Ju­lie Ca­ri­gnan es­time qu’il vaut mieux qu’on prenne nos dis­tances. «Pour ne pas se re­trou­ver coin­cée dans une si­tua­tion in­con­for­table, on peut ces­ser d’al­ler au 5 à 7 du ven­dre­di. Si­non, on pré­vient le coup avant d’être là-bas en avi­sant les col­lègues qu’on ne veut pas par­ler bou­lot.» Dans cer­tains cas, ce­pen­dant, de­ve­nir boss peut im­pli­quer d’ac­cep­ter de ne plus faire par­tie de la bande. «On au­ra peut-être un deuil à faire, pour­suit la psy­cho­logue, mais une pro­mo­tion est aus­si une oc­ca­sion de se créer un nou­veau ré­seau dans l’en­tre­prise.»

ON ÉVITE…

de par­ta­ger de l’in­for­ma­tion confi­den­tielle avec nos amis au tra­vail. En tant que ges­tion­naire, on a un de­voir de dis­cré­tion. Pas­ser outre pour­rait nous faire perdre la confiance de notre em­ployeur et même mettre notre poste en pé­ril. «Lors­qu’une amie se fait trop cu­rieuse, on lui rap­pelle qu’on est te­nue à la confi­den­tia­li­té et on lui de­mande de res­pec­ter ce­la, dit Ju­lie Ca­ri­gnan. Si elle tente tou­jours de nous sou­ti­rer de l’in­for­ma­tion, on peut lui dire qu’on es­time que notre ami­tié est im­por­tante, mais que ça ne pour­ra pas du­rer si elle in­siste.»

de nouer de nou­velles ami­tiés avec des gens sous notre di­rec­tion. Main­te­nir les ami­tiés exis­tantes, c’est bien. Par contre, il est pré­fé­rable de ne pas se faire de nou­veaux amis par­mi les membres de notre équipe, se­lon Anik Cha­rest. «Être la pa­tronne de ses amis peut lais­ser place à de la sub­jec­ti­vi­té. On peut avoir du mal à tra­cer une ligne entre les as­pects per­son­nel et pro­fes­sion­nel. Ce­la peut être dif­fi­cile, par exemple, de re­ca­drer une amie dont la per­for­mance est in­suf­fi­sante. Aus­si bien li­mi­ter ce genre de si­tua­tion.»

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