Ka­te­rine-Lune Rol­let | 42 ans

chro­ni­queuse et blo­gueuse gas­tro­no­mique

Coup de Pouce - - MA VIE -

Dé­cou­verte dans les an­nées 1990 dans l’émis­sion jeu­nesse Wa­ta­ta­tow, Ka­te­rine-Lune Rol­let brille sur les pla­teaux de té­lé­vi­sion comme co­mé­dienne et ani­ma­trice pen­dant 16 ans sans ja­mais man­quer de tra­vail. Jus­qu’à ce que la dure réa­li­té du mé­tier la rat­trape et qu’elle se re­trouve sans contrat. Cette tra­ver­sée du dé­sert, elle la sur­mon­te­ra en ef­fec­tuant un vi­rage réus­si sur le web.

Quand le té­lé­phone ar­rête de son­ner, Ka­te­rine-Lune se sent re­je­tée du mi­lieu qui l’a vue gran­dir. La tren­te­naire vient de s’ache­ter son pre­mier condo et, su­bi­te­ment, son sa­laire est di­vi­sé par 10. Sa pre­mière ré­ac­tion: fuir la si­tua­tion en par­tant en Inde. «Je suis par­tie sur un coup de tête, je n’étais pas pré­pa­rée, et j’ai dé­tes­té mon voyage», se rap­pelle-t-elle. Ka­te­rine-Lune en­tame alors, sans le sa­voir, un deuil pro­fes­sion­nel qui du­re­ra un an et de­mi. Au dé­but, elle re­fuse de lâ­cher le mor­ceau et s’ac­tive à re­lan­cer sa car­rière d’ani­ma­trice. Elle ren­contre des di­rec­teurs de pro­gram­ma­tion en té­lé­vi­sion, en vain. «Je ne sa­vais rien faire d’autre que de par­ler à une ca­mé­ra», se sou­vient-elle avec lu­ci­di­té. Grâce à l’aide d’une amie chas­seuse de têtes qui lui prête de la do­cu­men­ta­tion, Ka­te­rine-Lune dé­cide fi­na­le­ment de se ré­orien­ter en trans­fé­rant ses connais­sances vers un nou­veau mé­tier dans le do­maine des com­mu­ni­ca­tions, où elle avait étu­dié.

Puis­qu’elle connaît Mon­tréal comme le fond de sa poche et qu’elle aime le contact avec le pu­blic, elle dé­cide fi­na­le­ment de se tour­ner vers l’in­dus­trie du tou­risme et de­vient concierge dans un grand hô­tel. «J’ai ai­mé ça, mais ça m’a de­man­dé beau­coup d’hu­mi­li­té. J’avais une éti­quette et des ho­raires in­stables. Ç’a été dur pour l’ego», dit-elle. En 2009, Ka­te­rine-Lune est em­bau­chée comme blo­gueuse bouffe par Tou­risme Mon­tréal, où elle dé­ve­loppe une ex­per­tise très de­man­dée. En pa­ral­lèle, elle crée son propre blogue pour construire son iden­ti­té vir­tuelle au­tour de sa pas­sion pour l’ali­men­ta­tion. Fi­na­le­ment, quelques an­nées plus tard, alors qu’elle s’y at­tend le moins, un pro­duc­teur té­lé l’ap­pelle pour lui pro­po­ser l’ani­ma­tion d’une émis­sion quo­ti­dienne. Sur­prise! La com­mu­ni­ca­trice re­trouve avec bon­heur les ca­mé­ras, tout en sa­chant dé­sor­mais que, «[sa] vie, ce n’est pas la té­lé».

Au­jourd’hui, elle réus­sit tou­jours à di­ver­si­fier ses ac­ti­vi­tés et à se dé­mar­quer dans le mi­lieu pour­tant sa­tu­ré des chro­ni­queurs et blo­gueurs gas­tro­no­miques. «Je suis pas­sée au tra­vers, et ça m’a ren­due plus forte», dit Ka­te­ri­neLune Rol­let, qui cultive son in­dé­pen­dance et qui a ap­pris, par la force des choses, à ne plus pa­ni­quer quand les contrats se font plus rares.

Son conseil: Un échec pro­fes­sion­nel, c’est comme une peine d’amour: il faut prendre le temps d’en­cais­ser la nou­velle.

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