5| JE NE TROUVE PAS MA PLACE COMME BELLE-MÈRE

Coup de Pouce - - MA VIE -

Pas éton­nant que ce rôle nous donne du fil à re­tordre, car il est très dé­li­cat. Com­ment agir avec des en­fants qui ne sont pas les nôtres, mais qui vivent avec nous? D’abord, en ne pré­ci­pi­tant rien. «Au dé­but de la re­la­tion, les en­fants ne sont gé­né­ra­le­ment pas prêts à don­ner un rôle pa­ren­tal ac­tif à la nou­velle amou­reuse de leur père», in­dique Clau­dine Pa­rent.

Que faire?

/// Com­men­cer par nouer un lien de confiance. «Pour ce­la, il faut par­ta­ger des mo­ments po­si­tifs avec l’en­fant», dit la tra­vailleuse sociale. Et il n’est pas né­ces­saire de jouer à la mère Noël avec des tas de ca­deaux et des ac­ti­vi­tés coû­teuses. De pe­tits gestes suf­fisent: ja­ser avec lui au re­tour de l’école, jouer à un jeu de so­cié­té, confec­tion­ner des bis­cuits, etc. On doit ce­pen­dant suivre son rythme. «Au dé­but, mon beau-fils était hé­si­tant, té­moigne So­phie. Ça m’a pris un cer­tain temps avant de me rap­pro­cher de lui un peu plus, comme le bor­der le soir.»

/// Sur­tout, on évite d’en­tre­prendre la re­la­tion en im­po­sant notre au­to­ri­té. «Dis­tri­buer des consignes, des consé­quences et des cor­vées à un en­fant qu’on connaît à peine est un mau­vais dé­part, af­firme Clau­dine Pa­rent. C’est au fur et à me­sure qu’on bâ­ti­ra une re­la­tion si­gni­fi­ca­tive que l’en­fant ac­cep­te­ra gé­né­ra­le­ment plus de de­mandes de notre part.»

/// En gé­né­ral, la belle-mère a avan­tage à res­ter en re­trait sur le plan de l’au­to­ri­té. Bien sûr, ça ne veut pas dire de lais­ser l’en­fant faire n’im­porte quoi quand son père est ab­sent. «On exerce un en­ca­dre­ment, mais il faut voir notre rôle comme étant un sou­tien au père, dit Clau­dine Pa­rent. Au ci­né­ma, il y a des pre­miers rôles et des se­conds. Dans une fa­mille re­com­po­sée, les pre­miers rôles sont dé­jà dis­tri­bués. Mais les se­conds sont très im­por­tants aus­si! D’ailleurs, quand la re­la­tion est bonne avec leur belle-mère, les en­fants en parlent comme étant un mo­dèle et une confi­dente. Ça se com­pare au lien entre un en­fant et sa tante pré­fé­rée, par exemple.» /// Il nous dit: «T’es pas ma mère»? On peut lui ré­pondre: «C’est vrai, mais ton père et moi avons éta­bli des règles que tu dois res­pec­ter.» On peut aus­si faire une com­pa­rai­son avec son en­sei­gnante ou son coach, qui ne sont pas ses pa­rents, mais qu’il écoute. L’ap­pui de notre conjoint est aus­si es­sen­tiel, se­lon Hé­lè­na De­shar­nais. «Il doit ex­pli­quer à son en­fant de nous res­pec­ter.»

/// Il ar­rive par­fois que le cou­rant ne passe pas entre l’en­fant et nous. C’est le cas de Ma­non. «Je n’ai­mais pas la per­son­na­li­té de la fille de mon conjoint, et ça s’est dé­gra­dé avec le temps. Ce qui n’a pas ai­dé, c’est que mon conjoint soit trop mou avec elle.» Cette si­tua­tion est pé­nible à vivre, et il faut en par­ler à notre amou­reux, se­lon Na­dia Ga­gnier. «On doit bien choi­sir nos mots, car ce n’est pas fa­cile à en­tendre. On évite les at­taques per­son­nelles et on se concentre sur les com­por­te­ments qui nous ir­ritent. On peut dire qu’on est prête à faire des ef­forts pour amé­lio­rer la si­tua­tion, mais qu’on a be­soin qu’il in­ter­vienne au­près de l’en­fant. Par­fois ce­pen­dant, la chi­mie est tout sim­ple­ment in­exis­tante, et ça de­vient in­vi­vable. Vivre dans deux mai­sons est alors la meilleure so­lu­tion.» »»

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