Une Toute his­toire !

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Courrier Ahuntsic - - LA UNE - ● amine.es­se­ghir@tc.tc

L’his­toire de la Pro­me­nade Fleu­ry est celle d’un des­tin com­mer­cial qui n’était pas dé­ter­mi­né au dé­part. C’est avec l’ur­ba­ni­sa­tion gran­dis­sante de Mon­tréal que la rue a trou­vé sa vo­ca­tion.

Quand on lui de­mande de ra­con­ter l’his­toire de la pro­me­nade Fleu­ry, Vincent Garneau, co­or­don­na­teur du dé­ve­lop­pe­ment his­to­rique à l’or­ga­nisme Ci­té His­to­ria sou­ligne qu’il y a peu d’in­for­ma­tions ac­ces­sibles fa­ci­le­ment et un énorme tra­vail de re­cherche reste à faire.

Se­lon toute vrai­sem­blance, la rue tien­drait son nom du pré­nom du sculp­teur Da­vidF­leu­ry Da­vid. C’est lui qui a réa­li­sé, entre 1817 et 1818, la dé­co­ra­tion du sanc­tuaire de l’église de la Vi­si­ta­tion.

Cette dé­no­mi­na­tion de­meure hy­po­thé­tique aux yeux de M. Garneau, puis­qu’on ne sait pas qui a choi­si ce nom. Tou­te­fois, la rue Fleu­ry a été bap­ti­sée ain­si en 1912.

Simple ar­tère de déplacement, elle n’avait au­cune vo­ca­tion par­ti­cu­lière.

« Jus­qu’en 1949, et les pho­tos aé­riennes le prouvent, la rue est en­core en terre », ob­serve M. Garneau. Ef­fec­ti­ve­ment, on ob­serve qu’à l’in­ter­sec­tion de la rue Fleu­ry et de l’ave­nue Pa­pi­neau, des champs comme si on était en­core à la cam­pagne.

Quant au lieu de con­cen­tra­tion d’af­faires qu’elle est de­ve­nue, il a émer­gé avec l’ur­ba­ni­sa­tion de cette par­tie de Mon­tréal.

« On peut s’avan­cer pour dire que la rue a pris sa vo­ca­tion com­mer­ciale vers les an­nées 1960 et 1970 et elle a pris son en­vol dans les an­nées 80 », in­dique M. Garneau.

C’est le 17 décembre 1984, qu’un re­grou­pe­ment de com­mer­çants a créé une as­so­cia­tion of­fi­cielle.

Dix ans plus tard, on en­re­gistre 75 pro­jets de ré­no­va­tion com­mer­ciale qui s’éten­dront sur deux ans. À l’époque, le Pro­gramme opé­ra­tion com­mer­ciale (POC) of­frait des sub­ven­tions mu­ni­ci­pales ver­sées aux pro­prié­taires et com­mer­çants qui vou­laient ré­no­ver des bâ­ti­ments com­mer­ciaux.

Même si la rue gar­dait son dy­na­misme, on re­con­naît que ces sub­ven­tions ont eu un ef­fet très po­si­tif sur la re­vi­ta­li­sa­tion de cette ar­tère com­mer­ciale.

Avec la charte de la Ville de Mon­tréal, ob­te­nue dans les an­nées 1980, et la mise en place des so­cié­tés d’ini­tia­tive et de dé­ve­lop­pe­ment des ar­tères com­mer­ciales (SIDAC) est née la SIDAC de La Pro­me­nade Fleu­ry, une ini­tia­tive des com­mer­çants et pro­fes­sion­nels de la rue Fleu­ry Est.

En 1997, l’or­ga­nisme prit son nom ac­tuel de So­cié­té de dé­ve­lop­pe­ment com­mer­cial (SDC) La Pro­me­nade Fleu­ry pour conti­nuer l’aven­ture com­mer­ciale et écrire de nou­velles pages de l’his­toire de cette rue.

Té­moi­gnage de cette vi­ta­li­té, le prix La ma­gie des lu­mières, dé­cer­né par la Ville de

Mon­tréal, rem­por­té suc­ces­si­ve­ment de 1997 à 1999, par la SDC.

La rue com­mer­ciale a été honorée au ni­veau pro­vin­cial en rem­por­tant le prix Mé­rite Ar­té­ria en 2000 et 2004 tout en dé­cro­chant en 2003 la men­tion d’hon­neur pour cette même ré­com­pense.

Ces an­nées de gloire de la dé­cen­nie 1990 sont marquées aus­si par la nais­sance de Fleu­ri­mon, la mas­cotte de La Pro­me­nade Fleu­ry. En 2014, ce sym­pa­thique bon­homme au­ra 16 ans, même si on sait que le temps qui passe n’a au­cun ef­fet sur lui et qu’il ne pren­dra pas une ride avec les an­nées.

Les com­merces qui té­moignent de ce par­cours glo­rieux sont tou­jours ac­tifs. La pré­sence d’an­ciennes en­seignes comme Kou­ry Mode ou le Groupe de comp­ta­bi­li­té Le­febvre.

« Le père de Be­noit Le­febvre avait ses bu­reaux sur la rue Fleu­ry en 1966 », sou­ligne M. Garneau.

Une autre vi­trine qui ra­conte ce voyage dans le temps, celle de la bi­jou­te­rie Chayer. « Ce sont mes grands-pa­rents qui ont lan­cé la bi­jou­te­rie dans le sous-sol de leur ré­si­dence, ra­conte Pa­trick Chayer qui tient au­jourd’hui ce com­merce pres­ti­gieux. Ils ha­bi­taient au coin de Millen et Fleu­ry. »

La bi­jou­te­rie Chayer s’est dé­pla­cée trois fois en 60 ans, mais tou­jours sur la même rue. Si éven­tuel­le­ment un autre dé­mé­na­ge­ment in­ter­ve­nait, M. Chayer af­firme : « Je ne quit­te­rais ja­mais la rue Fleu­ry. »

(Pho­tos TC Me­dia – Ar­chives)

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

La Pro­me­nade Fleu­ry conte son his­toire à tra­vers ses en­seignes.

(Pho­to - Ar­chives SDC Pro­me­nade Fleu­ry)

La rue Fleu­ry dans les an­nées 1960.

Ville de Mon­tréal, Vues aé­riennes de l’île de Mon­tréal, 1947-1949) (Pho­to ar­chives

La rue qui passe de droite à gauche de l’image est la rue Fleu­ry. La pre­mière rue trans­ver­sale est la rue Fran­cis. On re­marque que la rue Fleu­ry com­mence à être pa­vée à par­tir de la rue Fran­cis. Avant ce­la, elle était en terre bat­tue. Si l’on part de la rue Fran­cis, la troi­sième est l’ac­tuelle ave­nue Ch­ris­tophe-Co­lomb. La der­nière rue, à gauche de l’image, est la rue de la Roche.

(Pho­to - Ar­chives SDC Pro­me­nade Fleu­ry)

La rue Fleu­ry dans les an­nées 1970.

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