PERDRE POUR MIEUX VIVRE

Courrier Ahuntsic - - NEWS -

En 2011, Mé­la­nie Per­reault pe­sait 419 livres et son poids lais­sait pré­sa­ger de graves pro­blèmes de san­té à l’ho­ri­zon, no­tam­ment le dia­bète. Quand son mé­de­cin de fa­mille lui tend un jour une or­don­nance pour su­bir une chi­rur­gie ba­ria­trique à l’Hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur de Mon­tréal, elle dé­chire le pa­pier. Après tout, outre un pro­blème d’apnée du som­meil, son corps te­nait le coup. La ren­contre im­pré­vue d’une amie ayant su­bi avec suc­cès une chi­rur­gie ba­ria­trique vien­dra chan­ger la donne. Quand son mé­de­cin lui tend de nou­veau une or­don­nance, elle prend le pa­pier et ac­cepte de pas­ser à son tour sur la table d’opé­ra­tion. Mé­la­nie, une ré­si­dente de Notre-Dame-des-Prai­ries dans La­nau­dière, a lut­té toute sa vie contre l’obé­si­té. « J’ai tou­jours man­gé mes émo­tions. J’ai fait tous les ré­gimes in­ima­gi­nables. Mal­gré mes ef­forts, le plus de poids que j’ai réus­si à perdre est 25 livres », ra­conte la femme de 34 ans. Elle su­bi­ra deux chi­rur­gies au Ser­vice de chi­rur­gie ba­ria­trique de l’Hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur, qui est le seul hô­pi­tal au Qué­bec à off rir toutes les chi­rur­gies ba­ria­triques par ro­bo­tique. La pre­mière opé­ra­tion, une gas­trec­to­mie ver­ti­cale, a eu lieu le 18 oc­tobre 2011 et vi­sait à en­le­ver la par­tie ex­terne de l’es­to­mac ( 3/4 de l’es­to­mac). La deuxième réa­li­sée le 24 mars 2014 est une dé­ri­va­tion bi­lio­pan­créa­tique qui per­met de res­treindre le pas­sage des ali­ments et des nu­tri­ments dans l’or­ga­nisme. Mé­la­nie se sou­vien­dra long­temps de son pre­mier « sou­per » au len­de­main de sa pre­mière chi­rur­gie. « Mon re­pas était une cuillère à soupe de bouillon de boeuf. J’ai bu la cuille­rée, qui n’était même pas rem­plie, et j’étais pleine. J’étais tel­le­ment heu­reuse que j’ai té­lé­pho­né à mes pa­rents en pleu­rant pour leur dire que l’opé­ra­tion fonc­tion­nait. » Au­jourd’hui, elle mange 5 à 6 re­pas par jour, mais ja­mais plus de trois quarts de tasse de nour­ri­ture à la fois. Mé­la­nie n’a qu’un mot pour qua­li­fier ses deux pas­sages à l’Hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur : « Mer­veilleux ! », lance-t-elle sans hé­si­ta­tion. L’équipe mé­di­cale a été ex­tra­or­di­naire. Avant les chi­rur­gies, l’anes­thé­siste et le chi­rur­gien m’ont in­for­mée du dé­rou­le­ment des in­ter­ven­tions, ce qui a fait en sorte que j’étais en confiance. Dans la salle de ré­veil, l’in­fir­mière qui de­vait s’oc­cu­per de moi est ve­nue se pré­sen­ter ra­pi­de­ment et j’ai trou­vé cette fa­çon de faire très hu­maine. Mon chi­rur­gien pas­sait aus­si me voir chaque jour pour s’as­su­rer de mon état. Je me sen­tais vrai­ment aux pe­tits soins ! » Les deux opérations su­bies à l’Hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur ont gran­de­ment contri­bué à al­lé­ger son corps de 196 livres en trois ans, mais elle a dû chan­ger son ali­men­ta­tion de fa­çon dra­co­nienne et ajou­ter l’exer­cice phy­sique à son ho­raire de vie. La ba­taille contre l’obé­si­té ne se­ra ja­mais to­ta­le­ment ga­gnée pour Mé­la­nie et elle le sait. Pour ne pas ou­blier d’où elle vient, elle tient un jour­nal de bord où elle se pho­to­gra­phie de­vant la même porte chez elle de­puis sep­tembre 2011. « Un jour, la poi­gnée de la porte est ap­pa­rue sur une pho­to­gra­phie, ce qui vou­lait dire que j’avais per­du beau­coup de poids. » Ses deux opérations ba­ria­triques ont trans­for­mé sa vie. Elle peut main­te­nant fa­ci­le­ment mar­cher, cou­rir, faire du vé­lo, mais aus­si croi­ser ses jambes et ame­ner les pou­belles au che­min. « J’ai tel­le­ment de pe­tites vic­toires au quo­ti­dien. J’ai pleu­ré la pre­mière fois que j’ai pu me cou­per les ongles d’or­teils fa­ci­le­ment, car même ce geste simple était dif­fi­cile au­pa­ra­vant en rai­son de mon sur­plus de poids. Le fait de pou­voir at­ta­cher mes sou­liers sans de­man­der de l’aide a aus­si été un mo­ment im­por­tant pour moi. » Sa nou­velle vie fait éga­le­ment en sorte qu’elle a plus d’éner­gie avec les en­fants souf­frant de dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle au­près des­quels elle tra­vaille comme édu­ca­trice spé­cia­li­sée, un em­ploi qu’elle adore ! « Ces en­fants m’ap­portent beau­coup. Je ré­ap­prends à m’émer­veiller de­vant des nuages ou une coc­ci­nelle sur une feuille. J’aime aus­si être té­moin de leur évo­lu­tion. » Pa­rions qu’ils bé­né­fi­cient eux aus­si de sa propre évo­lu­tion !

Mé­la­nie Per­reault

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