L’édu­ca­tion, pre­mière pierre de l’éga­li­té

Courrier Ahuntsic - - PETITES ANNONCES CLASSÉES PETITES ANNONCES CLASSÉE - Par la So­cié­té d’his­toire d’ahunt­sicCar­tier­ville

Le 8 mars, on sou­ligne la Jour­née in­ter­na­tio­nale des femmes qui vise à com­mé­mo­rer les luttes pas­sées ou en cours et à pen­ser l’ave­nir dans une op­tique d’éga­li­té fem­me­homme. L’éga­li­té passe par di­vers as­pects de nos vies, l’édu­ca­tion en est un d’im­por­tance. Si au­jourd’hui plu­sieurs femmes fré­quentent les uni­ver­si­tés, il ne fau­drait pas ou­blier que c’est grâce, entres autres, à l’ac­tion de femmes de tête au sein de la Con­gré­ga­tion de N otre-dame (CND).

En ef­fet, c’est en 1908 que la CND, fon­dée par Mar­gue­rite Bour­geoys, ouvre la pre­mière école d’en­sei­gne­ment su­pé­rieur pour les ca­na­dien­nes­fran­çaises. C’est d’ailleurs après plu­sieurs an­nées de tra­vail de per­sua­sion des au­to­ri­tés ins­ti­tu­tion­nelles que Soeur Sain­teAn­neMa­rie par­vient à créer ce qui de­vien­dra le Col­lège Mar­gue­ri­teBour­geoys dont la pre­mière di­plô­mée est Ma­rie Gé­rin- La­joie.

Ces re­li­gieuses sont pré­sentes à Ahunt­sic dès 1696. Tou­te­fois, ce n’est qu’en 1955 qu’elles fondent le Col­lège Re­gi­na As­sump­ta. À cette époque, la Con­gré­ga­tion pos­sède et ad­mi­nistre une di­zaine d’ins­ti­tu­tions à Mon­tréal. C’est d’ailleurs pour pal­lier au manque d’es­pace à l’aca­dé­mie SaintUr­bain, et pour se rap­pro­cher des élites fran­co­phones qui migrent au nord de l’île, que les Soeurs fondent ce col­lège.

Afin d’être concur­ren­tielles face aux col­lèges So­phieBa­rat et Sain­teAnne (si­tués à l’angle du bou­le­vard SaintLaurent et la rue Sau­vé), elles doivent va­rier leur offre d’en­sei­gne­ment. C’est pour­quoi, le Col­lège offre les ni­veaux pri­maires, cours clas­siques ni­veaux 1, 2 et col­lé­gial. Tou­te­fois, suite aux chan­ge­ments en­cou­rus par la ré­forme sui­vant le rap­port Pa­rent, à par­tir de 1968, les re­li­gieuses aban­donnent gra­duel­le­ment les cours élé­men­taires et le col­lé­gial. À comp­ter de 1974, le Col­lège Re­gi­na As­sump­ta est do­ré­na­vant une école se­con­daire pri­vée pour filles.

La laï­ci­sa­tion de l’en­sei­gne­ment au Qué­bec n’est pas étran­gère à la di­mi­nu­tion de la pré­sence fé­mi­nine dans les di­rec­tions sco­laires. De 59 % en 1958‑1959, on passe à 25 % de femmes à la tête des écoles en 1984‑1985. La CND tient bon jus­qu’en 1995, mo­ment où elle fonde la Cor­po­ra­tion Re­gi­na As­sump­ta, en­tiè­re­ment laïque, pour di­ri­ger le col­lège qui, dès l’an­née sui­vante, ac­cueille ses pre­miers étu­diants mas­cu­lins.

Nombre de femmes ont pu bé­né­fi­cier d’une édu­ca­tion de haut ni­veau grâce à la CND. Soeur An­nette Bel­la­vance, di­rec­trice du Col­lège du­rant de nom­breuses an­nées et main­te­nant am­bas­sa­drice de ce der­nier, avait l’ha­bi­tude de par­ler des étu­diantes en les dé­si­gnant comme les fleurs du jar­din ré­gi­nien. Ces fleurs étaient ap­pe­lées à de­ve­nir des ci­toyennes ac­com­plies et im­pli­quées à qui on of­frait des mo­dèles de réus­site, is­sues du Col­lège, telles que Louise Ar­bour, Ju­lie Payette ou Ch­ris­tiane Ayotte. Les di­plô­mées du Col­lège Re­gi­na As­sump­ta ont oeu­vré et oeuvrent en­core dans une mul­ti­tude de do­maines, et ce, grâce à des re­li­gieuses qui croyaient que les femmes de­vaient elles aus­si avoir ac­cès à une édu­ca­tion su­pé­rieure, re­con­nue et de qua­li­té.

(Pho­to gra­cieu­se­té - Ar­chives pri­vées Mme Wil­son)

Cré­dits : Fi­nis­santes du Col­lège Re­gi­na As­sump­ta, an­nées 1990. L’une des der­nières co­hortes en­tiè­re­ment fé­mi­nines.

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