La gram­maire invisible écrit par un ré­sident du quar­tier

Courrier Ahuntsic - - LA UNE - Amine es­se­ghir amine.es­se­ghir@tc.tc

Lec­ture. tout ce qui s’écrit ne se dit pas et ne s’en­tend pas for­cé­ment. c’est à par­tir de ce constat que Ma­rio Pé­riard, ré­sident d’ahunt­sic, a pu­blié La gram­maire invisible. un pe­tit ou­vrage des­ti­né, comme il le pré­sente, à faire sou­rire et ré­flé­chir.

Le livre fe­ra tom­ber au bas de leurs chaises tous les pu­ristes de la langue fran­çaise. Il est écrit en fran­çais standard, mais pho­né­ti­que­ment. «C’est une des­crip­tion du fran­çais telle que des ex­tra-ter­restres aveugles pour­raient la conce­voir», af­firme M. Pé­riard.

Mais dans son avant-propos l’au­teur tient à ras­su­rer ses lec­teurs: «Nous ou­blie­rons le temps d’un livre les pres­crip­tions de la gram­maire fran­çaise clas­sique ap­prise à l’école, mais ne vous in­quié­tez pas, vous re­de­vien­drez su­jets à ses in­jonc­tions aus­si­tôt cette lec­ture ter­mi­née.»

Le tra­vail de ré­dac­tion et de ré­vi­sion n’était pas évident dans une mai­son d’édi­tion clas­sique, mais l’au­teur, an­cien­ne­ment ré­dac­teur de do­cu­ments tech­niques en grande en­tre­prise qui s’in­té­resse aux ques­tions lin­guis­tiques est aus­si gra­phiste. Pour l’oc­ca­sion, il s’est éga­le­ment conver­ti en édi­teur. Il a pu donc ré­di­ger, mettre en forme son ou­vrage et le dis­tri­buer.

Le but du livre n’est pas de rap­pe­ler le bon usage du fran­çais, mais de re­ve­nir à l’ori­gine des mots.

Pour l’au­teur, l’école per­met d’ap­prendre la gram­maire, mais fait ou­blier «la «gram-mère», la langue ap­prise sur les ge­noux de notre mère».

En dé­pouillant la langue des ori­peaux des règles et des conven­tions, M. Pé­riard a vou­lu faire res­sor­ti la nu­di­té des codes qu’on ap­plique sans en connaître la rai­son. Il est al­lé, comme il le dé­crit, «dé­cou­vrir les des­sous fé­mi­nins du fran­çais».

«Sou­vent, il est dif­fi­cile de trou­ver le fé­mi­nin d’un nom ou d’un ad­jec­tif note-t-il. Parce que de­puis notre en­fance nous avons ap­pris le mas­cu­lin et en­suite son fé­mi­nin. Or, si on fai­sait la dé­marche in­verse, ce se­rait plus simple. Il suf­fi­rait de cou­per la der­nière con­sonne du fé­mi­nin pour trou­ver la mas­cu­lin.»

Il donne plu­sieurs exemples dans son livre: blanche; blanc, grise; Gris, etc. Ce­la vaut éga­le­ment pour les mots dont la der­nière con­sonne ne se pro­nonce pas au mas­cu­lin.

«Au lieu de for­cer un en­fant à ap­prendre par coeur que pe­tit prend un «t» à la fin qu’on n’en­tend pas, il suf­fi­rait de lui dire qu’au mas­cu­lin «pe­tite» perd sa der­nière con­sonne», ob­serve-t-il.

Pour l’au­teur le ca­rac­tère «fé­mi­no-cen­tré» de la langue fran­çaise est in­dé­niable alors que les règles im­po­sées veulent faire croire qu’il n’en est rien. «Le genre fé­mi­nin est la forme de ré­fé­rence au­tour du­quel se struc­ture notre langue», as­sure-t-il.

Le pe­tit ou­vrage d’une soixan­taine de pages est ain­si truf­fé de ré­vé­la­tions éton­nantes. Il est aus­si un pré­am­bule à un pro­chain livre des­ti­né à bous­cu­ler les idées re­çues concer­nant la nou­velle or­tho­graphe. La Gram­maire invisible de Ma­rio Pé­riard, pu­blié chez Les édi­tions Sé­di­tieuses, est en ventre dans les li­brai­ries in­dé­pen­dantes du Québec.

(Photo TC Me­dia – Amine Es­se­ghir)

Ma­rio Pé­riard a pu­blié un livre qui dé­crit le fran­çais tel que des «ex­tra-ter­restres aveugles pour­raient le conce­voir. »

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