9 août 1917, at­ten­tat à Bor­deaux

Courrier Ahuntsic - - LA UNE - Par So­cié­té d’hiS­toire d’ahunt­Sic-car­tier­ville

Au Ca­na­da en gé­né­ral et au Qué­bec en par­ti­cu­lier, la Pre­mière Guerre mon­diale est le théâtre d’un conflit entre Ca­na­dien fran­çais et Ca­na­dien an­glais, dont la crise de la conscrip­tion est un point culmi­nant. Du­rant l’an­née 1917, la ten­sion s’élève d’un cran.

La Pre­mière Guerre est vue au Qué­bec comme une guerre de l’An­gle­terre qui ne nous concerne pas. De plus en plus de pro­tes­ta­tions se font en­tendre dans la pro­vince. Le gou­ver­ne­ment Bor­den prend la dé­ci­sion d’adop­ter la loi sur le ser­vice mi­li­taire dès le dé­but de l’an­née afin de re­mé­dier à la baisse de l’en­rô­le­ment vo­lon­taire. Au Qué­bec, la classe po­li­tique et la po­pu­la­tion re­jettent en bloc la conscrip­tion.

Ex­Plo­sion DAns Bor­DEAux

Le sec­teur du nord de l’île de Mon­tréal n’est pas épar­gné par la contes­ta­tion. Le 24 juillet 1917, la loi sur la conscrip­tion est vo­tée en troi­sième lec­ture. En ré­ac­tion, un at­ten­tat à la dy­na­mite est per­pé­tré à Bor­deaux. Le 9 août à 3h30 du ma­tin, l’ex­plo­sion est en­ten­due de Car­tier­ville jus­qu’au Sault-au-Ré­col­let. Il est même men­tion­né que la dé­fla­gra­tion est en­ten­due jus­qu’à Sainte-Do­ro­thée sur l’île de La­val.

Il est im­por­tant de rap­pe­ler que les an­ciens vil­lages de Car­tier­ville, de Bor­deaux, d’Ahunt­sic et du Sault-au-Ré­col­let étaient des lieux de vil­lé­gia­ture pri­sés par l’élite mon­tréa­laise. Il est tou­jours pos­sible de voir ces mai­sons de cam­pagne le long du bou­le­vard Gouin qui, pour plu­sieurs, était des vil­las.

Se­lon les té­moi­gnages de l’époque, il s’agi­rait d’un groupe de six per­sonnes vi­sant la de­meure d’été de Hugh Gra­ham, le pro­prié­taire du jour­nal Mon­treal Star. Ce der­nier était connu pour ses édi­to­riaux et ses ar­ticles en fa­veur de la conscrip­tion et du gou­ver­ne­ment conser­va­teur de Ro­bert Bor­den.

Il faut com­prendre que M. Gra­ham est même fait Lord Ah­tol­stan par le gou­ver­neur gé­né­ral en 1917. Il est donc un sym­bole im­por­tant pour les op­po­sants à la conscrip­tion.

Du­rant l’émeute de Qué­bec du 1er avril 1917, une af­fiche est ins­tal­lée sur la Ta­ba­gie Gi­guère, rue Saint-Jo­seph dans la Ca­pi­tale. Nous pou­vions y lire : «À bas les têtes mau­dites !». Le titre était sui­vi d’une liste de per­sonnes en lien avec la pro­mo­tion de la conscrip­tion. M. Hugh Gra­ham fai­sait par­tie du nombre.

Cent ans après les faits, la pre­mière crise de la conscrip­tion nous re­plonge dans une pé­riode conflic­tuelle de notre his­toire. Il faut se sou­ve­nir que l’ar­ron­dis­se­ment Ahunt­sic-Car­tier­ville est por­teur de ce pas­sé.

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