Vi­rage san­té à l’école, 10 ans plus tard

Courrier Ahuntsic - - LA UNE - Ralph-Bo­net Sa­non

Dix ans après sa mise en oeuvre, la po­li­tique pro­vin­ciale « Pour un vi­rage san­té à l’école » mé­rite des ajus­te­ments et un bi­lan ac­tuel, conclut un rap­port pu­blié ré­cem­ment par la Coa­li­tion qué­bé­coise sur la pro­blé­ma­tique du poids (Coa­li­tion Poids).

« Au ni­veau de la po­li­tique, il y a eu très peu d’investissements fi­nan­ciers et de sou­tien au­près des écoles », sou­tient la di­rec­trice de la Coa­li­tion, Co­rinne Voyer.

La po­li­tique-cadre dé­ployée en 2007 de­vait don­ner des lignes claires aux écoles du Qué­bec, afin qu’elles fa­vo­risent la saine ali­men­ta­tion et un mode de vie phy­si­que­ment ac­tif. Elle re­com­man­dait entre autres de ne plus of­frir de pa­nure, de frites, de bois­sons ga­zeuses et d’autres pro­duits peu nu­tri­tifs. Elle n’a pas fait l’ob­jet de bi­lan ni d’ajus­te­ments de­puis 2012, dé­nonce la coa­li­tion de près de 400 par­te­naires

« On a fait des bi­lans il y a quelques an­nées, mais il n’y a pas eu de suite. Le mi­nis­tère n’a pas ré­pon­du aux dé­fis évo­qués sur le ter­rain. On a comme lais­sé dor­mir des pro­blé­ma­tiques qui, on le voit, sont de plus en plus criantes et tou­jours réelles », com­mente Mme Voyer.

DiSPA­riTÉS eT re­Cul

Pro­duit au moyen de pu­bli­ca­tions, de l’ex­pé­rience d’ex­perts et d’un son­dage au­près de 284 pa­rents, le rap­port évoque «d’im­por­tantes dispa­rités» entre les écoles. Dans le temps de ré­créa­tion, le nombre d’oc­ca­sions de faire de l’ac­ti­vi­té phy­sique et dans les ac­ti­vi­tés ali­men­taires et cu­li­naires. Le do­cu­ment parle aus­si d’un ac­cès à l’eau in­suf­fi­sante dans cer­tains mi­lieux et d’un contexte par­fois peu pro­pice à la prise de re­pas (lieux bruyants, des pé­riodes trop courtes, pro­jec­tions de films, si­lence obli­ga­toire, etc.)

En outre, il in­dique que les der­nières an­nées ont vu un re­cul, non for­mel­le­ment do­cu­men­té, de la qua­li­té nu­tri­tion­nelle des me­nus dans cer­tains mi­lieux.

« L’im­po­pu­la­ri­té de cer­tains re­pas sains et la concur­rence avec les res­tau­rants ra­pides en­vi­ron­nants, qui offrent des mets ai­més à faible coût, au­raient oc­ca­sion­né des pertes fi­nan­cières aux ser­vices ali­men­taires sco­laires, pous­sant cer­tains à ré­in­té­grer des ali­ments moins nu­tri­tifs », peut-on lire dans le do­cu­ment.

Le rap­port re­com­mande no­tam­ment de sub­ven­tion­ner l’achat d’ali­ments sains. Il s’ap­puie d’ailleurs sur les ré­sul­tats d’une étude de l’Uni­ver­si­té du Min­ne­so­ta, se­lon la­quelle la consom­ma­tion de fruits frais et de mi­ni ca­rottes dans une école se­con­daire a qua­dru­plé après la ré­duc­tion de leur prix.

« Po­liCe » De boîTeS à luNCh

Le rap­port re­com­mande aus­si à Qué­bec de re­ca­drer sa po­li­tique et de pré­ci­ser qu’elle n’a ja­mais ap­pe­lé les écoles à vé­ri­fier, voire sanc­tion­ner le conte­nu des boîtes à lunch de leurs élèves.

Les anec­dotes de col­la­tions confis­quées, de pa­rents ré­pri­man­dés et autres cas sont nom­breux.

« Ce ne sont pas tous les mi­lieux qui peuvent se payer les quatre groupes ali­men­taires tous les jours. Dans les mi­lieux dé­fa­vo­ri­sés, ce peut-être plus com­pli­qué. Ce que l’école peut faire, par contre, c’est de l’en­sei­gne­ment: par exemple, en­voyer un mes­sage aux pa­rents en dé­but d’an­née pour leur dire que leur en­fant risque de mieux réus­sir s’il mange bien, leur don­ner des idées de col­la­tions saines », re­lève Mme Voyer.

TrANS­ferT De CoNNAiS­SANCeS

La Coa­li­tion in­vite aus­si les écoles à sol­li­ci­ter les connais­sances de pro­fes­sion­nels. Par exemple, en uti­li­sant les no­tions d’un pro­fes­seur d’éducation phy­sique du­rant les ré­créa­tions ou au ser­vice de garde. Ou en re­te­nant les ser­vices d’une nu­tri­tion­niste pour ai­der à pré­pa­rer des mets san­té.

En ser­vice de garde, par exemple, pour pro­mou­voir de saines ha­bi­tudes de vie et des ac­ti­vi­tés phy­siques, les édu­ca­teurs ont be­soin d’être ac­com­pa­gnés par des pro­fes­sion­nels for­més afin d’évi­ter de mau­vaises pra­tiques. Une nu­tri­tion­niste pour­rait ac­com­pa­gner, par exemple, les écoles pour pen­ser à des mets san­té à of­frir du­rant des ac­ti­vi­tés, des col­lectes de fonds, quels ali­ments pri­vi­lé­gier.

« On parle d’ac­com­pa­gne­ment pour que l’en­semble des pro­fes­sion­nels de l’école soient ca­pables d’of­frir un sup­port en lien avec les saines ha­bi­tudes de vie, sans qu’ils soient eux-mêmes les ex­perts », ex­plique Mme Voyer.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

Le rap­port re­com­mande no­tam­ment de sub­ven­tion­ner l’achat d’ali­ments sains.

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