Et si Jacques car­tier avait dé­bar­qué au Sault-au-ré­col­let?

Courrier Ahuntsic - - 514 725.0555 • - Par So­cié­té d’hiS­toire d’ahunt­Sic-car­tier­ville

Le lieu de dé­bar­que­ment de Car­tier sur l’île de Mon­tréal en 1535 et l’em­pla­ce­ment géo­gra­phique du village iro­quoien d’ho­che­la­ga ne sont tou­jours pas éta­blis vé­ri­ta­ble­ment.

Il existe deux hy­po­thèses au­tour de cette énigme his­to­rique. La pre­mière sup­pose que Car­tier ait ac­cos­té sur le cô­té sud de l’île de Mon­tréal et la se­conde af­firme qu’il a dé­bar­qué au Sault-au-Ré­col­let.

Mais lais­sons de cô­té la pre­mière pos­si­bi­li­té puisque toutes les fouilles ar­chéo­lo­giques dans cette zone se sont avé­rées in­fruc­tueuses.

La route vers Les Grands LaCs

Les ar­gu­ments en fa­veur du dé­bar­que­ment le 2 oc­tobre 1535 au Sault-au-Ré­col­let sont nom­breux.

Le fait que Jacques Car­tier ait choi­si d’em­prun­ter la ri­vière des Prai­ries plu­tôt que la voie du Saint-Laurent s’ex­plique tout sim­ple­ment.

Nous sa­vons per­ti­nem­ment bien que la ri­vière des Prai­ries est le pas­sage tra­di­tion­nel et pri­vi­lé­gié des Amé­rin­diens pour re­mon­ter vers les Grands Lacs.

Donc, il est tout à fait réa­liste d’ima­gi­ner que le village d’Ho­che­la­ga se si­tue sur le ver­sant nord du Mont-Royal afin d’être à proxi­mi­té de l’iti­né­raire d’usage.

Le jour­naL de jaCques Car­tier

Dans la nar­ra­tion de son voyage de 1535, nous re­trou­vons des élé­ments qui étayent l’hy­po­thèse du dé­bar­que­ment au Sault-au-Ré­col­let. Tout au long de son voyage, il men­tionne qu’il a lon­gé la rive nord du Saint-Laurent.

Car­tier en na­vi­ga­teur ex­pé­ri­men­té ne dé­roge pas à son in­ten­tion pre­mière même à bord d’une barque pour se rendre à Ho­che­la­ga.

C’est ain­si qu’il se re­trouve à l’em­bou­chure de la ri­vière des Mille-Îles. À cette époque de l’an­née, de l’aveu même de Car­tier, le ni­veau de l’eau est trop bas et la na­vi­ga­tion est im­pra­ti­cable. Alors le Ma­louin s’en­gage dans la ri­vière des Prai­ries jus­qu’au pre­mier sault.

La ques­tion re­La­tive aux trois sauLts (Les ra­pides)

Au­tant lors de son voyage de 1535 que ce­lui de 1541, Car­tier est ca­té­go­rique. Il dé­clare qu’il ne peut fran­chir, no­tons-le bien, le pre­mier sault.

Les Amé­rin­diens lui ont ex­pli­qué que la por­tion de la ri­vière com­por­tait trois saults. Dans ces condi­tions, une com­pa­rai­son hy­dro­gra­phique s’im­pose entre les deux cours d’eau cein­tu­rant Mon­tréal. Le pre­mier sault sur le Saint-Laurent pour­rait être as­so­cié au cou­rant Sainte-Ma­rie. In­com­pa­tible avec le récit de Car­tier.

Ce cou­rant n’est pas un ra­pide. Il est dif­fi­cile à fran­chir, mais il n’est pas in­sur­mon­table. Et si le pre­mier sault est as­so­cié aux ra­pides de La­chine où sont donc les deux autres saults? Quant au cas de la ri­vière des Prai­ries, elle com­por­tait bien trois ra­pides avant la construc­tion du bar­rage hy­dro­élec­trique : le Sault-auRé­col­let, le ra­pide du Che­val-Blanc et ce­lui du Hol­lan­dais (par­fois nom­mé l’Al­le­mand).

Force est de consta­ter que pour le mo­ment et à la lu­mière des connais­sances his­to­riques, l’hy­po­thèse du dé­bar­que­ment de Car­tier au Sault-au-Ré­col­let de­meure tou­jours dans le do­maine des pos­si­bi­li­tés fort va­lables.

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