L’école du che­min du bord de l’eau et l’édu­ca­tion des jeunes filles

Courrier Ahuntsic - - ACTUALITÉS MÈRE ET MAIRESSE PROJET MONTRÉAL DANS L - Par So­cié­té d’hiS­toire ahunt­Sic-car­tier­ville

Ch­ro­nique his­toire. L’école se­con­daire So­phie-Ba­rat cé­lé­bre­ra en 2018 ses 160 ans de pré­sence dans le quar­tier. Elle a ou­vert ses portes en août 1858. C’est la So­cié­té du Sa­cré-Coeur de Jé­sus, com­mu­nau­té de Pa­ris fon­dée à l’ini­tia­tive de Ma­de­leine-So­phie Ba­rat, qui en était alors pro­prié­taire.

L’école a ac­cueilli d’abord des jeunes filles de fa­milles ai­sées. Le cycle d’études s’éche­lon­nant sur 12 ans, une élève de­vait dé­bour­ser à la fin de son par­cours 790$ en plus de 110$ par an­née pour la pen­sion. L’offre de cours de 1863 com­pre­nait des cours d’écri­ture, d’arith­mé­tique, d’al­gèbre, de géo­mé­trie, d’as­tro­no­mie, de des­sins, de tra­vaux d’ai­guille, d’ou­vrages de goût (bro­de­rie, fleurs ar­ti­fi­cielles), de mé­nage et d’art cu­li­naire. L’an­nexion de l’école Sainte-So­phie, une école pour les pauvres, en 1862 a com­plé­té la mis­sion des Dames du Sa­cré-Coeur.

La fré­quen­ta­tion avait aug­men­té d’an­née en an­née mal­gré une épi­dé­mie de rou­geole en 1880 et la crise de 1929. On comp­tait entre 90 et 150 élèves par­mi les pen­sion­naires en plus de 50 à 250 élèves à l’école des pauvres. Par­mi les pen­sion­naires, cer­tains noms se­ront d’ailleurs connus : Thé­rèse Cas­grain (1896-1981), po­li­ti­cienne ayant mi­li­té pour le droit de vote aux femmes et Em­ma Al­ba­ni (1847-1930), can­ta­trice de re­nom in­ter­na­tio­nal qui se lie­ra d’ami­tié avec la Reine Vic­to­ria.

L’offre de cours se don­nait prin­ci­pa­le­ment en fran­çais, mais à par­tir des an­nées 1930, et jus­qu’en 1958, les cours étaient of­ferts en fran­çais et en an­glais. Par la suite, les cours en langue an­glaise étaient don­nés dans ce qui de­vien­dra le Sa­cred Heart Col­lege, sur la rue At­wa­ter.

Un in­CEn­diE

Le 23 juin 1929, un coup de foudre s’abat sur le toit du bâ­ti­ment, cau­sant un grand in­cen­die qui dé­truit les deux tiers de la bâ­tisse. L’école a été ra­pi­de­ment re­cons­truite ; les portes ont rou­vert en oc­tobre de la même an­née. Des por­tions du mur ex­té­rieur ont été réuti­li­sées pour la re­cons­truc­tion ce qui ex­plique les traces de l’in­cen­die en­core vi­sibles sur les pierres du bas. Cer­taines pierres ont été ré­cu­pé­rées par la Mon­treal Light, Heat & Po­wer pour la construc­tion du mur de sou­tè­ne­ment le long de la Ri­vière-des-Prai­ries, en pré­vi­sion d’un bar­rage hy­dro­élec­trique.

LE ré­SEaU PU­BLiC

Le 9 juillet 1970, un acte de vente est ra­ti­fié entre la CÉCM (Com­mis­sion des écoles ca­tho­liques de Mon­tréal) et les Dames du Sa­cré-Coeur pour un mon­tant s’éle­vant à plus de 2 mil­lions de dol­lars. L’éta­blis­se­ment in­tègre alors le sys­tème sco­laire pu­blic.

De­puis 1992, l’école So­phie-Ba­rat fait par­tie du site pa­tri­mo­nial de l’An­cien-Vil­lage-du-Saul­tau-Ré­col­let, une ini­tia­tive de la Ville de Mon­tréal. Cette re­con­nais­sance as­sure au site de la plus an­cienne école de la CSDM (Com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal) une pro­tec­tion en ver­tu de la Loi sur le pa­tri­moine cultu­rel, em­pê­chant ain­si la dé­mo­li­tion en tout ou en par­tie d’un im­meuble se trou­vant sur le site.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Ville de Mon­tréal)

École So­phie-Ba­rat.

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