In­for­mer les ci­toyens pour les ras­su­rer

Courrier Ahuntsic - - 1 - Amine esseghir amine.esseghir@tc.tc

En­vi­ron­ne­ment. De­puis quelques jours une pé­ti­tion cir­cule à Ahunt­sic pour de­man­der l’éli­mi­na­tion ou la re­lo­ca­li­sa­tion des coyotes de mon­tréal. Cette ini­tia­tive a été prise après les in­ci­dents sur­ve­nus au parc des Hi­ron­delles où trois enfants ont été lé­gè­re­ment mor­dus. La ville pour sa part main­tient que les coyotes sont là pour res­ter.

La pé­ti­tion a été lan­cée par Car­lo D’anel­lo. Il ha­bite sur la rue qui longe le parc. Il dit craindre de lais­ser ses enfants sor­tir seuls. « Est-ce que la ville at­tend qu’il y ait un mort pour agir?», s’in­ter­roge-t-il.

Sa re­quête a col­lec­té une cin­quan­taine de si­gna­tures as­sez ra­pi­de­ment et il pro­fi­tait le 31 juillet, d’une séance d’in­for­ma­tion sur les coyotes or­ga­ni­sée par la Ville avec le Groupe uni des édu­ca­teurs-na­tu­ra­listes et pro­fes­sion­nels en en­vi­ron­ne­ment (GUEPE) pour amas­ser plus de si­gna­tures.

Il faut re­con­naître que son avis semble as­sez par­ta­gé par ses conci­toyens. Gio­van­na Gian­cas­pro, ré­si­dente d’ahunt­sic et pro­prié­taire du res­tau­rant La Mo­li­sa­na a ra­con­té avoir croi­sé deux fois des bêtes.

« On nous dit de crier ou de faire face, mais est-ce qu’on peut réel­le­ment sa­voir comment ré­agir de­vant un coyote qui sur­git dans une ruelle sombre ? », sou­ligne-t-elle. Pour elle, il n’y a qu’une seule so­lu­tion : il ne faut pas lais­ser cet ani­mal à Mon­tréal.

Émi­lie Thuillier, mai­resse d’ahunt­sic-car­tier­ville et porte-pa­role de la Ville en ma­tière de ges­tion du coyote n’est pas du tout de cet avis.

« Il y a quelques per­sonnes qui vou­draient bé­ton­ner tout Mon­tréal pour qu’il n’y ait plus de fo­ret aus­si. On peut al­ler loin dans le rai­son­ne­ment par l’ab­surde », sou­ligne-t-elle.

Elle in­dique tou­te­fois com­prendre la ré­ac­tion de pa­nique des gens. « La peur est com­pré­hen­sible. On au­rait tous peur de­vant un coyote si on en a ja­mais vu en face, comme on a peur d’un ra­ton la­veur, d’un chien ou d’un vo­leur qui s’in­tro­dui­rait dans notre maison. »

Mme Thuillier ré­pète que Mon­tréal s’est ins­pi­rée des meilleures pra­tiques en la ma­tière dans les villes en Amé­rique du Nord. L’éli­mi­na­tion des coyotes n’est pré­co­ni­sée nulle part.

« Le prin­ci­pal élé­ment dans toutes les stra­té­gies de­meure l’éducation de la po­pu­la­tion. La prio­ri­té c’est ré­ta­blir la re­la­tion entre l’hu­main et l’ani­mal sau­vage. »

Pour elle la stra­té­gie mise en place à Mon­tréal fonc­tionne, mais ses ré­sul­tats se ver­ront avec le temps.

«Les gens qui en­tendent le mes­sage au com­plet sont convain­cus, mais il faut y al­ler une per­sonne à la fois et quand elle en­tend l’en­semble de l’ar­gu­men­taire. »

Le même pro­blème s’est po­sé ailleurs au Ca­na­da et c’est avec le temps que la si­tua­tion a pu être maî­tri­sée.

« A Van­cou­ver un sys­tème d’éducation et de sen­si­bi­li­sa­tion est en place de­puis 10 ans. Je suis convain­cue que plus on connaî­tra de choses sur l’ani­mal moins on va en avoir peur », as­sure par Jen­ni­fer Mar­chand, édu­ca­trice-na­tu­ra­liste chez le Groupe uni des édu­ca­teurs-na­tu­ra­listes et pro­fes­sion­nels en en­vi­ron­ne­ment (GUEPE).

Les gens doivent com­prendre qu’il ne faut pas nour­rir les coyotes si­non ceux-ci perdent leurs ha­bi­tudes sauvages et cô­toient les hu­mains. C’est dans ces si­tua­tions qu’ils de­viennent pro­blé­ma­tiques. » Émi­lie Thuillier, mai­resse d’ahunt­sic-car­tier­ville

(Pho­to : Amine Esseghir – Cour­rier Ahunt­sic)

Une séance d’in­for­ma­tion en plein air a été or­ga­ni­sée le 31 juillet au parc des Hi­ron­delles à Ahunt­sic où trois enfants ont été mor­dus par un coyote ré­cem­ment.

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