Dé­cou­vrez la cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries de l’in­té­rieur

Courrier Ahuntsic - - ACTUALITÉS - Ni­co­las ledain ni­co­las.ledain@tc.tc

Pro­fi­tant du dé­bit de la ri­vière des Prai­ries, la cen­trale si­tuée entre Mon­tréal et La­val est en fonc­tion­ne­ment de­puis 1929. Du­rant tout l’été, Hy­dro-qué­bec pro­pose des vi­sites gra­tuites de cette ins­tal­la­tion mys­té­rieuse où l’eau se trans­forme en élec­tri­ci­té.

Pro­ces­sus Mé­con­nu

Pour faire de l’élec­tri­ci­té dans la cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries, Hy­dro Qué­bec uti­lise la puis­sance de l’eau. Le cou­rant ve­nant en amont se jette dans une conduite for­cée qui pro­voque une chute d’eau de huit mètres. Le flux gé­né­ré passe dans une conduite qui ache­mine l’eau jus­qu’aux aubes pour faire tour­ner la tur­bine. La ro­ta­tion mé­ca­nique se trans­met alors à l’al­ter­na­teur dans le­quel un ro­tor équi­pé d’ai­mants ac­tive les élec­trons de la pa­roi en cuivre, ce qui gé­nère un cou­rant élec­trique. L’eau quant à elle re­tombe dans la ri­vière en aval.

Un trans­for­ma­teur élève en­suite la ten­sion du cou­rant pour en­voyer l’élec­tri­ci­té dans le ré­seau. Plus la ten­sion est éle­vée, moins il y au­ra de pertes sur les longs tra­jets. La cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries pro­duit de l’élec­tri­ci­té à 120 000 volts, loin des 735 000 volts pour celles des com­plexes La Grande sur la Baie-james et Ma­nic-ou­tardes-ber­si­mis.

un Site en Deux Par­ties

Lors­qu’on ob­serve la cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries, deux grandes struc­tures s’élèvent au-des­sus des flots. La cen­trale ne se trouve que dans la par­tie aux murs rouges si­tuée au nord. Les six groupes tur­bine-al­ter­na­teur qui pro­duisent l’élec­tri­ci­té y sont no­tam­ment ins­tal­lés. La struc­ture grise si­tuée au sud est celle qui ac­cueille les treize éva­cua­teurs qui servent à ré­gu­ler le ni­veau de l’eau en amont. Cette cen­trale étant construite en zone ur­baine, les treize portes peuvent s’ou­vrir jus­qu’à six mètres de hau­teur afin d’éva­cuer l’eau vers l’aval et évi­ter d’inon­der les berges. « En hi­ver, on ouvre les éva­cua­teurs au com­plet pour lais­ser pas­ser les blocs de glace. On a des ca­mé­ras tout le long de la ri­vière pour sur­veiller », in­dique An­dré Moi­san, chef ou­vrier de la cen­trale.

La PLUS co­lo­rée

Loin du gris, du mar­ron ou du vert ty­piques des mi­lieux in­dus­triels, l’in­té­rieur de la cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries se pare de bleu, de rouge et de jaune. Ces cou­leurs vives lui valent le sur­nom de «cen­trale la plus co­lo­rée du Qué­bec». C’est grâce à un peintre char­gé de re­don­ner un coup d’éclat au site à la fin des an­nées 70 que ces teintes vives se sont ins­tal­lées sur les murs de cet es­pace unique.

une Longue His­toire

Cette cen­trale est l’une des quatre pre­mières ache­tées par Hy­dro-qué­bec lors de la créa­tion de la so­cié­té d’état en 1944. Pour sa construc­tion entre 1928 et 1930, des cais­sons de bois rem­plis de pierre furent im­mer­gés dans la ri­vière pour créer une zone de chan­tier qui fut as­sé­chée en pom­pant l’eau vers l’ex­té­rieur.

Mise en ser­vice dès 1929, la cen­trale a d’abord ap­par­te­nu à la Mon­treal Light Heat & Po­wer, qui avait alors un mo­no­pole sur la dis­tri­bu­tion d’élec­tri­ci­té dans la ré­gion. En pre­nant en compte l’évo­lu­tion du dol­lar, l’élec­tri­ci­té était à l’époque dix fois plus chère qu’au­jourd’hui. C’était donc un luxe que tous les foyers ne pou­vaient pas s’of­frir.

La cen­trale de la Ri­vière-des-prai­ries ex­ploite en­core plu­sieurs équi­pe­ments d’époque comme cer­tains ré­gu­la­teurs de vi­tesse et le pont rou­lant. «C’est une construc­tion simple, mais quand c’est bien en­tre­te­nu, ça reste fonc­tion­nel », ex­plique An­dré Moi­san, chef ou­vrier de la cen­trale. Les ins­tal­la­tions hy­dro­élec­triques ont une du­rée de vie d’une cen­taine d’an­nées.

Démystifier L’élec­tri­ci­té

Les vi­sites gra­tuites sont pro­po­sées dans dix des 63 cen­trales de la pro­vince ain­si que dans deux centres d’in­ter­pré­ta­tion.

« La lé­gende dit que Re­né Lé­vesque, lors­qu’il était mi­nistre des Ri­chesses na­tu­relles, s’était fait re­fu­ser l’ac­cès à une cen­trale parce que la per­sonne ne l’avait pas re­con­nu. C’est ce­la qui lui a don­né l’idée de les ou­vrir au pu­blic »,pré­cise Maxence Huard-le­febvre, porte-pa­role d’hy­dro-qué­bec.

En plus de démystifier la pro­duc­tion élec­trique, ces vi­sites per­mettent de connaître de l’in­té­rieur ces cen­trales qui éveillent la cu­rio­si­té de l’ex­té­rieur. La plus im­pres­sion­nante est l’amé­na­ge­ment Ro­bert-bou­ras­sa à Ra­dis­son à la Baie-james. « C’est la plus grande au monde, on se croi­rait dans un pay­sage de science-fic­tion, la cen­trale est taillée dans le roc », ra­conte M. Huard-le­febvre. La vi­site est gra­tuite, mais il faut faire presque 1500 km de route pour al­ler la voir.

un che­min Pour LES Pois­sons

Pour pré­ser­ver la faune aqua­tique, une passe qui longe la berge per­met aux pois­sons de contour­ner le bar­rage. Pour évi­ter qu’ils ne se coincent dans les ins­tal­la­tions, des grilles sont mises à l’en­trée de chaque conduit. Dans la passe, le dé­bit d’eau est ré­duit grâce à des billots de bois.

Brise-glace

un ba­teau brise-glace est uti­li­sé du­rant l’hi­ver pour cas­ser la croûte ge­lée jus­qu’au pont de l’au­to­route 15. Ce­la fa­ci­lite le contrôle du ni­veau dans la ri­vière et li­mite les em­bâcles qui peuvent obs­truer les cours d’eau. Des câbles sont aus­si ins­tal­lés sur les berges pour re­te­nir les plus gros mor­ceaux et les lais­ser fondre au prin­temps.

(Pho­to — Ni­co­las Ledain)

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