Le fran­çais fa­cul­ta­tif pour vivre à Mon­tréal

Courrier Bordeaux-Cartierville - - ACTUALITÉS - Amine.esseghir@ tc.tc

Le Qué­bec a du mal à fran­ci­ser cor­rec­te­ment ses im­mi­grants, se­lon une étude. Une conclu­sion confor­tée par les or­ga­nismes d’Ahunt­sicCar­tier­ville qui ob­servent que les al­lo­phones et les an­glo­phones sont les moins sus­cep­tibles de s’ins­crire à des cours de fran­çais.

Le do­cu­ment ren­du pu­blic mer­cre­di (le 27 jan­vier) par l’Ins­ti­tut de re­cherche en éco­no­mie contem­po­raine (IREC), af­firme que 200 000 im­mi­grants au Qué­bec ne parlent pas la langue de Mo­lière. Pour Jean Fer­ret­ti, cher­cheur qui a me­né ces tra­vaux, ils ne res­sentent pas le be­soin de l’ap­prendre pour tra­vailler.

Des constats sou­te­nus par les ob­ser­va­tions des or­ga­nismes comme le Centre d’ap­pui aux com­mu­nau­tés im­mi­grantes (CACI). Dans un sec­teur de Mon­tréal où près de la moi­tié de la po­pu­la­tion est im­mi­grante, le centre offre des cours de fran­çais pour les nou­veaux ar­ri­vants qui dé­barquent à Ahunt­sic, Car­tier­ville, SaintLaurent ou La­val.

Pour Anaït Alek­sa­nian, sa di­rec­trice, le nombre d’étu­diants, no­tam­ment ceux ins­crits à temps par­tiel, ne di­mi­nue pas. La ma­jo­ri­té est is­sue de quatre à cinq pays où on parle dé­jà le fran­çais.

«J’ai 30% qui viennent d’Al­gé­rie et du Ma­roc, beau­coup ar­rivent d’Afrique fran­co­phone ou d’Haï­ti», as­sure-t-elle.

Pour s’as­su­rer de pré­ser­ver la fran­ci­sa­tion, alors que le gou­ver­ne­ment vise à aug­men­ter le nombre d’im­mi­grants, «il faut al­ler cher­cher des gens qui parlent dé­jà fran­çais ou qui vivent dans des zones fran­co­phones ou qui sont en contact avec les langues la­tines», dit M. Fer­ret­ti.

Se­lon le rap­port an­nuel de 2014-2015 du CACI, les étu­diants en pro­ve­nance de Chine, du Sri Lan­ka et d’Iran consti­tuent à peine 6% des 1600 ins­crits.

Une ex­cep­tion tou­te­fois, beau­coup de ré­fu­giés sy­riens n’hé­sitent pas à suivre des cours de langue. Ils re­pré­sen­taient 20% de

ses classes lors de la der­nière ses­sion.

Fré­quen­ta­tion en baisse

Au Car­re­four d’aide aux nou­veaux ar­ri­vants (CANA), il n’y a que de deux groupes de fran­ci­sa­tion ac­tuel­le­ment. Mais pour la di­rec­trice, Fran­cine Bour­deau, les gens pres­sés d’al­ler tra­vailler sont dé­cou­ra­gés par les obs­tacles de­vant eux.

«L’éva­lua­tion du ni­veau de langue est faite une fois par tri­mestre, les gens qui ratent ce mo­ment, sont obli­gés d’at­tendre trois autres mois pour pou­voir s’ins­crire», dit-elle.

Ils sont orien­tés vers d’autres or­ga­nismes pour pas­ser ces tests, «mais quand on a des dif­fi­cul­tés à com­mu­ni­quer, c’est com­pli­qué d’al­ler à l’autre bout de la ville, et fi­na­le­ment on aban­donne», ob­serve-t-elle.

À Ahunt­sic, le Centre de res­sources édu­ca­tives et com­mu­nau­taires pour adultes (CRÉCA) s’at­tend à ou­vrir un seul cours de 20 per­sonnes à la pro­chaine ses­sion de fé­vrier.

«Nous avions quatre groupes au dé­but de 2015, il nous en res­tait deux à la fin de l’an­née», dé­plore Claude Am­ple­man, la di­rec­trice.

Pour in­vi­ter plus de gens à suivre ces for­ma­tions, l’or­ga­nisme dis­tri­bue avant chaque ses­sion des dé­pliants aux bouches de mé­tro.

Les im­mi­grants qui prennent des cours de fran­çais au CACI sont, en ma­jo­ri­té, is­sus de pays où on parle dé­jà la langue de Mo­lière comme l’Al­gé­rie, le Ma­roc et Haï­ti.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.