Fouille près de l’église de la Vi­si­ta­tion : ré­sul­tats dans un an

Courrier Bordeaux-Cartierville - - ACTUALITÉS - AMINE ES­SE­GHIR amine.es­se­ghir@tc.tc

PA­TRI­MOINE. Il se pour­rait que l’on ne connaisse le ré­sul­tat des fouilles ar­chéo­lo­giques au­to­ri­sées sur le ter­rain joux­tant l’église de la Vi­si­ta­tion que dans une an­née ou plus. La loi sur le pa­tri­moine cultu­rel en ver­tu de la­quelle les ex­ca­va­tions ont été per­mises donne un dé­lai d’un an à l’ar­chéo­logue pour re­mettre son rap­port fi­nal.

Par ailleurs, le grand pu­blic ne pour­ra prendre connais­sance de ces conclu­sions que deux mois plus tard. « La pé­riode de confi­den­tia­li­té d’un rap­port de re­cherche ar­chéo­lo­gique est de 60 jours après qu’il ait été ju­gé conforme, si­gnale An­nie LeG­ruiec, conseillère en com­mu­ni­ca­tion au mi­nis­tère de la Culture. Après cette pé­riode, qui­conque de­mande un rap­port peut y avoir ac­cès. »

La fouille ar­chéo­lo­gique sur le ter­rain voi­sin de l’église de la Vi­si­ta­tion, au­to­ri­sée le 20 avril, est me­née pour se confor­mer aux exi­gences lé­gales, car elle est préa­lable à toute de­mande de dé­ve­lop­pe­ment sur ce site si­tué dans un sec­teur pa­tri­mo­nial.

Le lot, qui était pro­prié­té de la congré­ga­tion re­li­gieuse des soeurs de Mi­sé­ri­corde, a été ven­du il y a un mois à un pro­mo­teur im­mo­bi­lier pour 2M $.

On sup­pose que des ves­tiges his­to­riques du fa­meux Fort Lo­rette sont en­fouis sous terre.

Se­lon le mi­nis­tère de la Culture seule une per­sonne « dont les com­pé­tences, les mé­thodes de re­cherche et les res­sources pro­fes­sion­nelles, ma­té­rielles et fi­nan­cières ain­si que la du­rée pré­vue pour la re­cherche per­mettent l’exé­cu­tion com­plète et sa­tis­fai­sante du pro­jet », est ha­bi­li­tée à ef­fec­tuer ces re­cherches.

En fonc­tion des ré­sul­tats, la Ville pour­ra dé­ci­der de pro­té­ger les ves­tiges trou­vés ou per­mettre de nou­velles construc­tions.

En ver­tu des pou­voirs qui leur sont confé­rés par la Loi sur le pa­tri­moine cultu­rel, tant le mi­nistre que la Ville de Mon­tréal pour­rait in­ter­ve­nir pour em­pê­cher une construc­tion, no­tam­ment en ren­dant une or­don­nance. »

Se­lon la loi sur le pa­tri­moine cultu­rel, toute in­ter­ven­tion sur un ter­rain si­tué dans un site pa­tri­mo­nial (construc­tion, sub­di­vi­sion, mor­cel­le­ment, etc) est sou­mise à une au­to­ri­sa­tion du mi­nis­tère.

Se­lon Vincent Gar­neau, his­to­rien et co-pré­sident de la So­cié­té d’his­toire d’Ahunt­sicCar­tier­ville, de nom­breuses bâ­tisses se sont su­per­po­sées avec le temps dans ce sec­teur.

Le Fort Lo­rette, qui avait rem­pla­cé la Mis­sion de la Mon­tagne des­ti­née à l’évan­gé­li­sa­tion des au­toch­tones et les éloi­gner de l’al­cool ra­me­né Des pierres sciées près du site ar­chéo­lo­gique par les co­lons, y a été bâ­ti en 1691. L’an­cien ma­ga­sin de mu­ni­tions du fort était en­core de­bout jus­qu’en 1929.

La So­cié­té d’his­toire d’Ahunt­sic- Car­tier­ville (SHAC) a de­man­dé à ce que le ter­rain de­vienne un lieu pu­blic à cause de son im­por­tance his­to­rique. « Son pas­sé étant lié au­tant aux Amé­rin­diens, à la Nou­velle-France, aux com­mu­nau­tés re­li­gieuses (…) son im­por­tance dé­passe am­ple­ment le cadre de l’his­toire lo­cale du Sault- au- Ré­col­let » , a écrit la SHAC dans une dé­cla­ra­tion.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Jo­ce­lyn Duff)

Les pierres sciées de grande taille semblent être po­sés sur le ter­rain de­puis long­temps.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

Le sous-sol du ter­rain si­tué à l’ouest de l’église de la Vi­si­ta­tion pour­rait re­fer­mer des ves­tiges de Fort Lo­rette.

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