Une cli­nique ferme ses portes après 40 ans de ser­vices

Courrier Bordeaux-Cartierville - - ACTUALITÉS -

SAN­TÉ. La cli­nique d’ur­gence Sa­la­ber­ry ces­se­ra ses ac­ti­vi­tés le 10 sep­tembre faute d’avoir un nombre suf­fi­sant de mé­de­cins. Les pa­tients de­vront se cher­cher un autre éta­blis­se­ment de san­té ou se ra­battre sur l’ur­gence d’un hô­pi­tal à proxi­mi­té.

La dé­ci­sion a été prise le 16 juillet et semble dé­fi­ni­tive. « À moins d’un mi­racle », s’ex­clame Nor­ma Hal­lee, se­cré­taire ad­mi­nis­tra­tive de cet éta­blis­se­ment.

La cli­nique si­tuée aux ga­le­ries Nor­man­die à Car­tier­ville re­ce­vait 150 à 200 pa­tients par jour. « En 2016 nous avons eu 35 000 pa­tients et ce n’était notre meilleure an­née », in­dique Mme Hal­lee.

Avant, jus­qu’à 70000 per­sonnes étaient re­çus chaque an­née.

On as­sure que de­puis des mois les de­mandes pour plus de mé­de­cins n’ont pas abou­ties.

Tout al­lait bien avant la ré­or­ga­ni­sa­tion des ser­vices de san­té mise en place par Qué­bec en 2015.

La ré­forme contraint les mé­de­cins de fa­mille à prendre des pa­tients et les suivre, le but est que tous les ré­si­dents du Qué­bec aient un mé­de­cin d’ici la fin de 2017.

Quatre pra­ti­ciens ont dû quit­ter pour ré­orien­ter leur pra­tique. La cli­nique n’of­frant pas de mé­de­cine fa­mi­liale, mais uni­que­ment des trai­te­ments d’ur­gence.

De­puis, seul un mé­de­cin a été au­to­ri­sé à tra­vailler dans cette cli­nique.

« Avec trois mé­de­cins, nous pour­rions conti­nuer d’as­su­rer nos ser­vices », sou­ligne Mme Hal­lee.

C’est le Dé­par­te­ment ré­gio­nal de mé­de­cine gé­né­rale (DRGM) qui dé­ter­mine le nombre de per­mis de pra­tique de la mé­de­cine par ré­gions et donc par éta­blis­se­ments exis­tants.

Le Dr John­ny Ain­ta­blian qui tra­vaille dans cette cli­nique doute que l’ad­mi­nis­tra­tion de la san­té ré­ponde fa­vo­ra­ble­ment aux do­léances de cet éta­blis­se­ment.

« Moi-même, je suis au­to­ri­sé à tra­vailler dans les Lau­ren­tides pour 55 % de mon temps. Je n’ai même pas pu ob­te­nir une dé­ro­ga­tion pour consa­crer plus de temps à cette cli­nique », dit-il.

La cli­nique mé­di­cale ac­cueillait de 150 à 200 pa­tients par jour.

Le Centre in­té­gré universitaire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) du Nord-del’Île-de-Mon­tréal a an­non­cé qu’il met en place un plan d’ac­tion pour in­for­mer et orien­ter la po­pu­la­tion vers les autres cli­niques mé­di­cales du ter­ri­toire qui offrent des ser­vices de consul­ta­tion sans ren­dez-vous après la fer­me­ture de la cli­nique d’ur­gence Sa­la­ber­ry.

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Mon­tréal dit re­con­naître l’ex­per­tise du Centre d’ur­gence de Sa­la­ber­ry qui a of­fert du­rant 40 ans des ser­vices à la po­pu­la­tion. «La contri­bu­tion des mé­de­cins et des em­ployés de cette cli­nique dans le do­maine de la mé­de­cine gé­né­rale sans-ren­dez-vous est in­dé­niable et nous te­nons à les re­mer­cier», in­dique-t-on dans un com­mu­ni­qué.

Outre les GMF qui peuvent re­ce­voir la clien­tèle de la cli­nique «la mise en place des nou­velles su­per-cli­niques ai­de­ra à com­bler les be­soins de la po­pu­la­tion et ré­dui­ra les im­pacts de la fer­me­ture de cette cli­nique re­con­nue pour of­frir ex­clu­si­ve­ment des consul­ta­tions mé­di­cales sans ren­dez-vous», sou­ligne le CIUSSS.

Les su­per­cli­niques se­raient mieux adap­tées aux be­soins d’une clien­tèle de plus en plus âgée.

QUE FE­RONT LES PA­TIENTS ?

« Nous as­su­rons le désen­gor­ge­ment de l’ur­gence puisque les gens qui se sentent mal savent qu’ils peuvent ve­nir ici et qu’ils ver­ront un mé­de­cin dans des dé­lais rai­son­nables », as­sure le Dr Ain­ta­blian.

Il est convain­cu que la fer­me­ture pous­se­ra les gens vers les ur­gences de l’hô­pi­tal Sa­créCoeur ou l’hô­pi­tal Fleu­ry.

La cli­nique Sa­la­ber­ry est équi­pée pour la ra­dio­lo­gique et les ana­lyses de sangs. Elle as­sure aus­si des pe­tites chi­rur­gies. Ha­rout Chi­ti­lian, le conseiller de Bor­deaux-Car­tier­ville a com­men­té la nou­velle sou­li­gnant que c’était une grande dé­cep­tion.

«J’ai l’in­ten­tion de m’en­tre­te­nir et ré­ité­rer l’im­por­tance de cette ins­ti­tu­tion avec toutes les au­to­ri­tés com­pé­tentes en terme de San­té et Ser­vices So­ciaux sur notre ter­ri­toire pour adres­ser cette si­tua­tion », a-t-il in­di­qué.

Il faut sou­li­gner qu’une nou­velle cli­nique de­vrait ou­vrir dé­but 2018 sur le bou­le­vard Gouin Ouest. Por­tée par deux mé­de­cins, l’éta­blis­se­ment si­tué à proxi­mi­té de l’hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur est éri­gé sur quatre étages et as­su­re­ra dif­fé­rents ser­vices sur plus de 8000 pieds car­rés pour un in­ves­tis­se­ment de 15 M$. Les pro­prié­taires es­pèrent se qua­li­fier pour en faire une su­per­cli­nique.

(Pho­to TC Me­dia – Amine Es­se­ghir)

Le Dr Ain­ta­blian qui pra­tique à la cli­nique d’ur­gence Sa­la­ber­ry est convain­cu que les pa­tients se ra­bat­tront sur les ur­gences des hô­pi­taux à proxi­mi­té.

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