Chan­ger de vie pour mieux res­pi­rer

Courrier Bordeaux-Cartierville - - LA UNE - AMINE ES­SE­GHIR amine.es­se­ghir@tc.tc

SAN­TÉ. Les ma­lades pul­mo­naires avec obs­truc­tion chro­nique (MPOC) pour­raient voir leur qua­li­té de vie gran­de­ment amé­lio­rée s’ils chan­geaient cer­taines de leurs ha­bi­tudes as­surent les pro­fes­sion­nels de la san­té.

Une jour­née d’in­for­ma­tion des­ti­née aux pa­tients et à leur proche s’est te­nue le 16 no­vembre à l’hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur, à l’oc­ca­sion de la jour­née mon­diale des MPOC. Le but était de pré­sen­ter l’en­semble des ser­vices dis­po­nibles sur le ter­ri­toire du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) du Nord-de-l’île-de-Mont­réal pour ai­der les ma­lades à mieux vivre avec leur pa­tho­lo­gie.

« On parle de pa­tients qui sont très es­souf­flés à l’ef­fort, né­ces­si­tant des trai­te­ments de longue du­rée en per­ma­nence et par­fois des trans­plan­ta­tions pul­mo­naires », in­dique Da­niel Ga­gnon, chef d’uni­té de consul­ta­tion ex­terne en pneu­mo­lo­gie du CIUSSS.

« Ce sont des gens fra­giles qui dé­ve­loppent fa­ci­le­ment des in­fec­tions pul­mo­naires et qui re­viennent sou­vent à l’hô­pi­tal », sou­ligne Ca­thy Dres­dell, chef d’ad­mi­nis­tra­tion de pro­grammes du centre d’ex­per­tise en ma­la­dies chro­niques du CIUSSS.

Ils sont 19 300 à souf­frir des MPOC sur le ter­ri­toire du CIUSSS. Le mes­sage que les pro­fes­sion­nels de la san­té ont vou­lu leur trans­mettre : les chan­ge­ments d’ha­bi­tudes peuvent amé­lio­rer beau­coup leur qua­li­té de vie.

« On veut leur dire que lorsque vous al­lez prendre en main votre ma­la­die, vous al­lez en ti­rer des bé­né­fices », as­sure Mme Dres­dell.

« Et qu’il n’y a pas que l’ap­proche phar­ma­co­lo­gique qui peut vous ai­der », ren­ché­rit M. Ga­gnon.

MIEUX VIVRE

Les chan­ge­ments touchent au­tant l’ac­ti­vi­té phy­sique mo­dé­rée qu’une nou­velle ali­men­ta­tion.

« Le simple fait d’ar­rê­ter de fu­mer ou chan­ger d’en­vi­ron­ne­ment amé­liore leur si­tua­tion », note le Dr Alain Des­jar­dins, pneu­mo­logue à l’hô­pi­tal du Sa­cré-Coeur.

Mais, avant de convaincre leurs pa­tients, les pro­fes­sion­nels de la san­té doivent sur­mon­ter cer­tains mythes.

« J’ai en­ten­du des gens me dire qu’ils croyaient qu’ils al­laient mou­rir s’ils re­pre­naient l’exer­cice », re­lève Mme Dres­dell.

« Ce sont des gens qui disent qu’ils ont fu­mé toute leur vie et qu’au­jourd’hui ils en su­bissent les consé­quences et qu’il n’y a plus rien à faire », ra­conte le Dr Des­jar­dins.

Pour évi­ter l’es­souf­fle­ment, ces ma­lades uti­lisent sou­vent des pompes avec des bron­cho­di­la­ta­teurs.

« Un mau­vais usage de la pompe c’est comme vou­loir frei­ner une voi­ture tout en conti­nuant d’ap­puyer sur l’ac­cé­lé­ra­teur », illustre le Dr Des­jar­dins.

« Il faut leur mon­trer com­ment uti­li­ser conve­na­ble­ment leur pompe et ce n’est pas une affaire sé­rieuse», ob­serve Da­vid Gourde, in­fir­mier et in­ter­ve­nant en ma­la­die pul­mo­naire chro­nique au CIUSSS.

Le CIUSSS fait la pro­mo­tion d’une ap­proche com­por­te­men­tale pour les MPOC en met­tant en avant ses ser­vices.

L’abandon du ta­ba­gisme et le trai­te­ment de l’asthme sont ac­ces­sibles dans les CLSC.

Les mo­di­fi­ca­tions mul­ti­dis­ci­pli­naires, qui né­ces­sitent jus­qu’à deux ans de sui­vis, sont dis­pen­sées sur pres­crip­tions mé­di­cales en CLSC éga­le­ment. La ré­adap­ta­tion car­dio-res­pi­ra­toire se fait avec des pro­fes­sion­nels de l’hô­pi­tal de Sa­cré-Coeur au YMCA de Car­tier­ville.

(Pho­to TC Me­dia – Amine Es­se­ghir)

L’in­fir­mier Da­vid Gourde fait une dé­mons­tra­tion du bon usage de la pompe qui dis­pense un bron­cho­di­la­ta­teur.

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