ÉLECTIONS Les pan­cartes font par­tie du pay­sage

Courrier Bordeaux-Cartierville - - ACTUALITÉS - RÉ­DAC­TION

Les pan­cartes élec­to­rales ont fait leur ap­pa­ri­tion par­tout au Qué­bec. La se­maine der­nière, quelques heures avant que la cam­pagne ne soit of­fi­ciel­le­ment dé­clen­chée, des pan­cartes avaient même dé­jà été af­fi­chées dans plu­sieurs ar­ron­dis­se­ments de Mon­tréal.

Est-ce lé­gi­time, ou non? Un flou semble ef­fec­ti­ve­ment per­sis­ter au­tour de cette ques­tion.

Sur les ré­seaux so­ciaux, plu­sieurs ci­toyens se sont ques­tion­nés sur la lé­gi­ti­mi­té de l’af­fi­chage avant le dé­clen­che­ment « of­fi­ciel » de la cam­pagne élec­to­rale.

Mais que dit la loi, exac­te­ment ?

Les can­di­dats à une élec­tion pro­vin­ciale peuvent ins­tal­ler des af­fiches élec­to­rales à comp­ter du len­de­main du dé­cret d’élections. Ils doivent les re­ti­rer au plus tard 15 jours après le jour de l’élec­tion, est-il in­di­qué sur le site du DGEQ.

« La Loi élec­to­rale n’en­cadre pas la pose d’af­fi­chage élec­to­ral avant le dé­clen­che­ment des élections », tranche le Di­rec­teur gé­né­ral des élections du Qué­bec (DGEQ) à ce su­jet. L’ins­ti­tu­tion ajoute tou­te­fois que le re­trait des pan­cartes, en oc­tobre pro­chain, est stric­te­ment en­ca­dré.

La porte-pa­role au DGEQ, Sté­pha­nie Isa­belle, pré­cise que les règles concer­nant l’af­fi­chage sont pré­cises : les can­di­dats à une élec­tion pro­vin­ciale peuvent ins­tal­ler des af­fiches élec­to­rales « à comp­ter du len­de­main du dé­cret d’élections ».

Or, la nuance est sub­tile, ajoute-t-elle : avant le dé­clen­che­ment of­fi­ciel de la cam­pagne élec­to­rale, «les par­tis ont tout de même le droit d’af­fi­cher s’ils res­pectent les lois mu­ni­ci­pales », car la loi élec­to­rale ne s’ap­plique pas à ce mo­ment.

Là-des­sus, un cer­tain flou per­siste à la Ville de Mon­tréal qui ne semble pas pos­sé­der, dans son Rè­gle­ment sur la pro­pre­té et sur la pro­tec­tion du do­maine pu­blic et du mo­bi­lier ur­bain, une règle pré­cise concer­nant les dé­lais d’af­fi­chage avant le dé­clen­che­ment des élections provinciales. C’est donc dire que les par­tis ne se­raient pas dans le tort.

UNE DÉ­PENSE ÉLEC­TO­RALE À CONSI­DÉ­RER

« Il faut com­prendre que les dé­penses élec­to­rales de tous les par­tis in­cluent les pan­cartes, pré­cise Mme Isa­belle. Il faut faire un pro­ra­ta pour dé­ter­mi­ner le rem­bour­se­ment qu’ils ob­tien­dront. »

« Ad­met­tons qu’une pan­carte coûte 100 $, et qu’un par­ti l’af­fiche pen­dant 45 jours, on va di­vi­ser 100 par 45, puis mul­ti­plier par le nombre de jours réels d’élections, donc ici 39. C’est seule­ment pen­dant la pé­riode élec­to­rale que c’est rem­bour­sable, c’est très im­por­tant de le com­prendre », pour­suit-elle.

Ain­si, plus un par­ti af­fiche ses pan­cartes tôt, avant le dé­clen­che­ment de la cam­pagne, moins son rem­bour­se­ment se­ra grand. Rap­pe­lons que les par­tis po­li­tiques n’ont pas le droit d’af­fi­cher des pan­cartes à moins de 200 mètres d’un bu­reau de vote, mais qu’ils sont au­to­ri­sés à sol­li­ci­ter les ci­toyens qui ré­sident à proxi­mi­té.

Il est éga­le­ment in­ter­dit d’ins­tal­ler des af­fiches élec­to­rales sur des po­teaux de té­lé­phone ou d’élec­tri­ci­té, sur les mo­nu­ments, les sculp­tures, les arbres, les bouches d’in­cen­die, les ponts ou les via­ducs. Les abri­bus et les bancs pu­blics n’ayant au­cun es­pace pré­vu à une fin pu­bli­ci­taire ne doivent pas être vi­sés non plus. Si elles touchent un im­meuble ré­si­den­tiel, les em­prises d’une route sont éga­le­ment in­ter­dites d’af­fi­chage.

Les Qué­bé­cois se ren­dront aux urnes le 1er oc­tobre.

Hen­ri Ouel­lette-Vé­zi­na / Mé­tro

(pho­to ar­chives Mé­tro Mé­dia)

Signe que la cam­pagne élec­to­rale pro­vin­ciale est lan­cée, les pan­cartes élec­to­rales sont bien vi­sibles.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.