Ras-le-bol gé­né­ral et co­lère chez les in­fir­mières et in­ha­lo­thé­ra­peutes

Courrier Laval - - ACTUALITÉS - CA­RO­LINE LÉVESQUE ca­ro­line.le­vesque@tc.tc

MA­NI­FES­TA­TION. Tou­jours aus­si en co­lère contre le gou­ver­ne­ment, les in­fir­mières, in­fir­mières auxi­liaires et in­ha­lo­thé­ra­peutes du Centre in­té­gré de san­té et de ser­vices so­ciaux (CISSS) de La­val ont ma­ni­fes­té leur mé­con­ten­te­ment face aux offres pa­tro­nales pen­dant un pre­mier 24 heures de dé­brayage, le 29 oc­tobre.

Pour as­su­rer le bon dé­rou­le­ment des ser­vices es­sen­tiels, chaque em­ployé pre­nait 45 mi­nutes de son temps pour faire du bruit de fa­çon ro­ta­tive de­vant une des 15 ins­tal­la­tions du ré­seau la­val­lois.

Les em­ployés de l’Hô­pi­tal de la Ci­té- de-laSan­té étaient ras­sem­blés sur le trot­toir et le terre-plein de l’autre cô­té du bou­le­vard Re­néLaen­nec, in­ter­pel­lant bruyam­ment à coup de sif­flet, pan­cartes à la main, les au­to­mo­bi­listes.

En tout, près de 1400 per­sonnes ont par­ta­gé leur quart de tra­vail entre 90 % de tra­vail et 10 % de grève pen­dant cette pre­mière jour­née sur six de grève lé­gale.

«La po­pu­la­tion nous voit, est so­li­daire avec nous et klaxonne, in­dique Isa­belle Du­maine, pré­si­dente du Syn­di­cat des in­fir­mières, in­ha­lo­thé­ra­peutes et in­fir­mières auxi­liaires de La­val (SIIIALCSQ). Avec le gou­ver­ne­ment, pour l’ins­tant, il n’y a ni signes d’ou­ver­ture pour nos de­mandes ni signes de fer­me­ture. C’est ren­du que nos membres se disent que s’ils ne perdent au­cun ac­quis, il y au­ra ce­la de ga­gné. Ils ont tel­le­ment peur de ce qu’un dé­cret pour­rait ap­por­ter!»

RE­TOUR­NER AUX ÉTUDES

Ge­ne­viève est in­ha­lo­thé­ra­peute de­puis quatre ans. Dans ce contexte, elle se voit mal res­ter en poste pen­dant plu­sieurs an­nées en­core.

« Si nos condi­tions de tra­vail ne s’amé­liorent pas, c’est pos­sible de re­tour­ner aux études et chan­ger de mi­lieu étant don­né que je suis en­core jeune, re­con­naît- elle. Il y en a beau­coup, d’après moi, qui vont faire ce­la, ce qui risque de créer une pé­nu­rie. On aime notre mé­tier, mais s’il n’y a pas d’avan­tages qui viennent avec ce­lui- ci, il y au­ra tou­jours d’autres op­tions.»

ET LA RE­LÈVE?

Pour Ma­ryse Pru­neau, in­fir­mière au Pro­gramme qué­bé­cois de dé­pis­tage du can­cer du sein (PQDCS) au Centre hos­pi­ta­lier am­bu­la­toire ré­gio­nal de La­val, ces condi­tions tendent à dis­sua­der la re­lève. «En tant qu’in­fir­mière, je veux conti­nuer de don­ner des soins de qua­li­té, mais nos condi­tions de tra­vail sont in­dé­centes et se dé­gradent constam­ment, laisse sa­voir celle qui ap­proche de la re­traite. Il n’y a plus d’at­trait dans notre pro­fes­sion. Il y a des coupes par­tout dans le ré­seau, même dans le PQDCS. En en­le­vant des res­sources qui exis­taient de­puis 14 ans, on vient pé­na­li­ser di­rec­te­ment la clien­tèle vul­né­rable, soit les femmes at­teintes du can­cer du sein.»

D’ailleurs, Mme Pru­neau fait va­loir que les coupes gou­ver­ne­men­tales touchent prin­ci­pa­le­ment les femmes, qui sont ma­jo­ri­taires dans les do­maines de la san­té, des ser­vices so­ciaux, et l’édu­ca­tion. Rap­pe­lons que les de­mandes des membres visent à amé­lio­rer la qua­li­té des soins et les condi­tions de tra­vail du per­son­nel dans les né­go­cia­tions de re­nou­vè­le­ment de leur conven­tion col­lec­tive.

D’autres jour­nées de dé­brayage sui­vront les 16 et 17 no­vembre, si rien ne change d’ici-là. En­fin, une grève na­tio­nale au­rait lieu les 1er, 2 et 3 dé­cembre.

(Pho­to TC Me­dia – Ca­ro­line Lévesque)

Un pre­mier 24 heures de grève lé­gal a per­mis à près de 1400 per­sonnes de prendre 45 mi­nutes de leur quart de tra­vail pour ma­ni­fes­ter de­vant la di­zaine d’ins­tal­la­tions du Centre in­té­gré de san­té et de ser­vices so­ciaux de La­val, le 29 oc­tobre.

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