AC­TUA­LI­TÉS Il y a dix ans, le via­duc s’ef­fon­drait…

Courrier Laval - - LA UNE - DIANE HA­MEU­RY diane.ha­meu­ry@tc.tc

TRA­GÉ­DIE. 30 sep­tembre 2006, 12h30. L’im­pen­sable se pro­duit dans le quar­tier Du­ver­nay, alors que la por­tion sud du via­duc de la Concorde s’écrase sur l’au­to­route 19, fau­chant en quelques se­condes la vie de Gilles Ha­mel, son frère Jean-Pierre et sa conjointe Syl­vie Beau­det, Ma­thieu Goyette et Vé­ro­nique Bi­nette, un couple qui at­ten­dait son pre­mier en­fant.

Six autres per­sonnes, qui cir­cu­laient sur la struc­ture au mo­ment où celle-ci a cé­dé, ont su­bi des bles­sures et le bi­lan au­rait pro­ba­ble­ment été en­core plus ca­tas­tro­phique si la tra­gé­die était sur­ve­nue la se­maine et non un sa­me­di. L’évé­ne­ment a aus­si ra­vi­vé un autre noir sou­ve­nir de l’his­toire la­val­loise, ce­lui de l’ef­fon­dre­ment de poutres du via­duc du Sou­ve­nir en construc­tion sur l’au­to­route 15 en juin 2000, cau­sant la mort d’un au­to­mo­bi­liste.

La nou­velle s’était ré­pan­due comme une traî­née de poudre dans les mé­dias, d’un bout à l’autre du quar­tier et de l’île. De nom­breux cu­rieux avaient ra­pi­de­ment conver­gé vers la scène où po­li­ciers, pom­piers et am­bu­lan­ciers se sont aus­si ren­dus à toute vi­tesse, à la res­cousse des gens pris au piège. Les équipes de se­cours avaient d’ailleurs tra­vaillé d’ar­rache-pied afin d’ex­traire les bles­sés de leur voi­ture, à tra­vers les dé­bris du via­duc en mor­ceaux.

Le ta­blier ayant com­plè­te­ment broyé les vé­hi­cules des vic­times, on a ra­pi­de­ment consta­té qu’il n’y avait mal­heu­reu­se­ment plus rien à faire pour elles. Les opé­ra­tions de se­cours s’étaient dé­rou­lées jus­qu’à la nuit, des grues étant né­ces­saire pour sou­le­ver les tonnes de bé­ton du sol.

PER­SON­NA­LI­TÉS PO­LI­TIQUES

Dans les heures qui avaient sui­vi le drame, le pre­mier mi­nistre du Qué­bec de l’époque, Jean Cha­rest, s’était ame­né sur le site de la ca­tas­trophe et dé­cla­rait que la cause «in­ex­pli­quée« de l’ef­fon­dre­ment «n’était cer­tai­ne­ment pas re­liée à une ques­tion d’ar­gent ou d’éco­no­mie».

Mis au cou­rant dans l’avion qui le ra­me­nait de France, le maire Gilles Vaillan­court s’était aus­si em­pres­sé de prendre la route vers le bou­le­vard de la Concorde dès son ar­ri­vée à Dor­val. «C’est une si­tua­tion dé­so­lante qu’on ne sou­haite ja­mais voir», avait-il dé­cla­ré aux nom­breux jour­na­listes mas­sés sur les lieux.

QQQQQS­truc­tures qui avaient été ins­pec­tées dans les jours sui­vant le drame 44 pon­ceaux 9 ponts 5 pas­se­relles 3 via­ducs 4 tun­nels

CIR­CU­LA­TION

Sans au­cune sur­prise, l’ef­fon­dre­ment du via­duc de la Concorde a eu des ra­mi­fi­ca­tions sur la cir­cu­la­tion pen­dant des mois. Na­vettes de la So­cié­té de trans­port de La­val, sta­tion­ne­ments in­ci­ta­tifs au ci­né­ma Guz­zo du bou­le­vard des Lau­ren­tides et au Car­re­four La­val, amé­na­ge­ment plus ra­pide que pré­vu de la gare de Vi­mont, plu­sieurs me­sures avaient été mises en oeuvre afin de contrer au maxi­mum les im­pacts de cet ef­fon­dre­ment sur les usa­gers de la route.

Lien entre Mon­tréal et La­val, l’au­to­route 19 avait éga­le­ment été par­tiel­le­ment fer­mée, pri­vant ain­si quo­ti­dien­ne­ment 60 000 au­to­mo­bi­listes de cet axe rou­tier, qui fut rou­vert un mois après le drame.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Yves Pin­son­neault)

L’in­com­pré­hen­sion ré­gnait dans le quar­tier après que la por­tion sud du via­duc de la Concorde se fut ef­fon­drée sur l’au­to­route 19. La cir­cu­la­tion a été per­tur­bée pen­dant des mois, le temps de re­cons­truire cette par­tie du bou­le­vard du même nom.

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