Du­ver­nay se sou­vient du via­duc de la Concorde

Courrier Laval - - LA UNE - BE­NOIT LE­BLANC be­noit.le­blanc@tc.tc

SO­CIÉ­TÉ. Au­cun La­val­lois n’est en me­sure d’ou­blier que l’ef­fon­dre­ment du via­duc de la Concorde a fait cinq vic­times, dont les pa­rents d’un en­fant de huit ans au­jourd’hui adulte.

Jean-Pierre Ha­mel et Syl­vie Beau­det n’au­ront pas vu gran­dir leur gar­çon Ga­briel. Il a d’abord été ac­cueilli par une tante et sa pe­tite fa­mille, ar­ri­vant dans un nou­veau mi­lieu à l’école Des Or­meaux.

« Mal­gré tout ce qu’il a vé­cu, il est de­ve­nu un jeune homme res­pon­sable avec une bonne tête sur les épaules, de confier Syl­vain Ar­cham­bault, for­te­ment ému. Mes en­fants s’étaient liés avec lui à l’école, alors qu’une tante de La­val l’avait ac­cueilli chez elle. Je ne sais pas s’il était fort avant ce drame ou si ça l’a chan­gé, mais on voit qu’il est plus ma­ture que la ma­jo­ri­té des gars de 18 ans. C’est un vrai gent­le­man. »

Ha­sard de la vie, M. Ar­cham­bault avait connu le père de l’or­phe­lin du cô­té de Mon­tréal-Nord. Joueur, ar­bitre, en­traî­neur, comme lui, Jean-Pierre Ha­mel était un pas­sion­né de baseball. « C’était un grand bé­né­vole, très im­pli­qué, tou­jours res­pec­tueux et sou­riant, sou­ligne le ré­si­dant de 51 ans de Du­ver­nay qui tra­vaille en tant que re­pré­sen­tant syn­di­cal pour la fonc­tion pu­blique fé­dé­rale. Nous voyons moins son fils au­jourd’hui, mais nous le consi­dé­rons en­core comme un membre de la fa­mille. »

VOI­SINS DI­RECTS

Ins­tal­lé sur le bou­le­vard de la Concorde, tout juste à l’ouest de l’au­to­route 19, de­puis son ar­ri­vée de France au dé­but des an­nées 1980, Claude Can­ton a en­ten­du un « épou­van­table boum alors que j’étais à re­peindre la porte de mon ga­rage, se sou­vient le pro­prié­taire du Centre Der­mo-Hy­giène Li­lian Mo­rel. Puis c’était la sur­prise to­tale de voir ces 750 tonnes de bé­ton par terre, une fois que je suis des­cen­du en bas, en aper­ce­vant le ta­blier du via­duc ef­fon­dré. »

M. Can­ton se sou­vient d’une conduc­trice étant sor­tie de son vé­hi­cule pour stop­per la cir­cu­la­tion. «Ra­pi­de­ment, nous avons eu des de­mandes de re­por­ters de s’ins­tal­ler dans notre sta­tion­ne­ment, en plus de la vi­site de l’an­cien maire Vaillan­court qui y don­nait des en­tre­vues. Ç’a du­ré une bonne se­maine.»

Je ne com­pre­nais pas pour­quoi c’est tom­bé à l’époque et je ne com­prends pas plus au­jourd’hui, quand on pense que le pont du Gard construit par les Ro­mains est en­core de­bout ! »

– Claude Can­ton, voi­sin di­rect du via­duc

Du cô­té Est, une Ma­ria Re­go pa­ni­quée a cru vivre un trem­ble­ment de terre, morte de peur de sa­voir son fils et son ma­ri bien­tôt de re­tour du tra­vail. « Je m’af­fai­rais au mé­nage de ma chambre, en pré­pa­rant le dî­ner tran­quille­ment, comme tous les sa­me­dis, ra­conte la ci­toyenne ha­bi­tant cette ré­si­dence de Du­ver­nay de­puis 1999. Je suis sor­tie pour voir. Ma voi­sine a tra­ver­sé la clô­ture de nos ter­rains pour me re­joindre. »

Mme Re­go n’a ja­mais ou­blié le via­duc sec­tion­né en deux, le « L » d’une ca­bine de ca­mion lourd ayant frei­né tout juste avant la cou­pure, un au­to­bus et un mo­to­cy­cliste im­mo­bi­li­sés, ain­si qu’une masse de gens in­cré­dules af­fluant aux abords des dé­combres.

(Pho­to TC Me­dia - Ma­rio Beau­re­gard)

Ma­ria Re­go a en­core des fris­sons froids quand elle re­pense à ce 30 sep­tembre 2006.

(Pho­to TC Me­dia - Ma­rio Beau­re­gard)

Claude Can­ton se sou­vient du drame comme si c’était hier.

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