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Courrier Laval - - LA UNE -

– Ca­the­rine La­belle, double gref­fée du pou­mon

De­puis la greffe, Ca­the­rine La­belle vit un jour à la fois. Elle évite en­core les foules et lieux trop fré­quen­tés, afin de pré­ve­nir tout risque d’in­fec­tion, de bac­té­rie. La bou­teille de li­quide dés­in­fec­tant n’est ja­mais loin dans son sac.

« Au ré­veil, j’étais eu­pho­rique de voir que je pou­vais de nou­veau res­pi­rer par moi-même, ra­conte-t-elle. Mon frère et mes pa­rents étaient là, après m’avoir ac­com­pa­gnée et sup­por­tée avant, pen­dant et après l’opé­ra­tion. Main­te­nant, je me dois de res­ter hy­per vi­gi­lante. »

En ré­ponse à une lettre re­çue de la fa­mille du don­neur, la femme âgée au­jourd’hui de 38 ans les a pré­ve­nus qu’elle al­lait en prendre soin et de­meu­rer re­con­nais­sante toute sa vie.

TOUTES LES ÉMO­TIONS

Une grippe sé­vère de type in­fluen­za a tout dé­clen­ché en jan­vier 2013. Après les symp­tômes clas­siques, la La­val­loise n’ar­rête plus de tous­ser et res­pire avec dif­fi­cul­té. En mars, elle prend congé du tra­vail et se rend à l’Hô­pi­tal Jean-Ta­lon. Prises de sang et bat­te­rie de tests sont au pro­gramme.

« De re­tour pour les ré­sul­tats avec un pneu­mo­logue, un mois plus tard, il me dit que j’ai pos­si­ble­ment une ma­la­die mor­telle, sans un mot de plus ! »

Désem­pa­rée de­vant ce manque de com­pas­sion, elle fait trans­fé­rer son dos­sier à l’Hô­pi­tal de Saint-Jérôme. Juin 2013, un se­cond pneu­mo­logue dé­tecte une ma­la­die orpheline très rare, la lym­phan­gio­léio­myo­ma­tose, com­mu­né­ment ap­pe­lée LAM. « C’est une ma­la­die pro­gres­sive et mor­telle, men­tionne Ca­the­rine La­belle. Les mois sui­vants, mon état s’est dé­té­rio­ré de fa­çon si­gni­fi­ca­tive. Mon mé­de­cin m’a dit qu’il fal­lait pen­ser à la greffe. Il n’y avait pas de plan B. J’avais de deux à cinq ans d’es­pé­rance de vie. »

Avril 2015, elle est ins­crite sur la liste d’at­tente pour une double greffe de pou­mons. Elle

ren­contre l’équipe de trans­plan­ta­tion de l’Hô­pi­tal Notre-Dame, à Mon­tréal: chi­rur­gien, nutritionniste, phy­sio­thé­ra­peute, tra­vailleur so­cial, in­fir­mière pi­vot. On teste son éli­gi­bi­li­té.

« Je me suis tou­jours te­nue en forme avec une saine ali­men­ta­tion et de la marche ra­pide sur de longues dis­tances. Ce­la fai­sait 13 ans que j’avais ar­rê­té de fu­mer», sou­ligne celle qui at­ten­dra près de 5 mois avant de re­ce­voir l’ap­pel tant es­pé­ré.

DON­NER AU SUI­VANT

Au­jourd’hui, Ca­the­rine La­belle fré­quente no­tam­ment un groupe de dis­cus­sion Fa­ce­book et sou­tien de la Fon­da­tion des gref­fés pul­mo­naires du Qué­bec. Par­lant le grec, elle y a no­tam­ment croi­sé une fille in­quiète pour sa mère.

« C’est de­ve­nu une très bonne amie, dit-elle en sou­riant. J’ai ren­con­tré sa mère en mars 2016. J’ai ré­pon­du à ses ques­tions et in­quié­tudes, la sou­te­nant mo­ra­le­ment comme je l’ai été. Cette dame de 68 ans a dû at­tendre 18 mois avant d’avoir en­fin sa greffe. Je suis jus­te­ment al­lée la vi­si­ter hier. Elle se re­met très bien. »

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