Marche pour la bien­trai­tance

Courrier Laval - - LA UNE -

Une des me­sures pro­po­sées dans la nou­velle Loi 115 sur la mal­trai­tance des aî­nés et toute autre per­sonne vul­né­rable (voir texte en page 5) est la mise sur pied d’un pro­ces­sus d’in­ter­ven­tion concer­té, dé­jà bien fi­ce­lé sur le ter­ri­toire.

« Il y au­ra des di­zaines de joueurs (po­li­ciers, pro­cu­reur de la Cou­ronne, no­taire) sur ce co­mi­té sous-ju­di­ciaire qui se pen­che­ra sur les cas les plus com­plexes, ex­plique Fran­cine Cô­té De­mers, di­rec­trice gé­né­rale de Di­ra-La­val. Ici, c’est dé­jà ré­glé et si­gné parce que nous dis­po­sons de beau­coup de ser­vices com­pa­ra­ti­ve­ment à d’autres ré­gions du Qué­bec. »

Res­source de pre­mière ligne et in­ter­ve­nante sur le ter­rain, l’or­ga­nisme Di­ra-La­val s’est pen­ché sur 253 dos­siers de mal­trai­tance pour la pé­riode 2016-2017. Dans sa liste d’in­ter­ven­tions, les abus lo­ca­tifs viennent au pre­mier rang (137), sui­vis des abus fi­nan­ciers (57), psy­cho­lo­giques (45) et phy­siques (14). La clien­tèle qui a re­çu le plus de sup­port est com­po­sée ma­jo­ri­tai­re­ment de femmes âgées de 79 ans et plus.

« Ha­bi­tuel­le­ment, ça se règle as­sez ra­pi­de­ment, mais il y a des cas plus dif­fi­ciles, comme ce­lui d’un mon­sieur dont nous avons dû ge­ler les comptes de banque parce que sa pe­tite-fille abu­sait de lui », confie-t-elle.

L’an der­nier, une di­zaine de bé­né­voles de Di­ra-La­val ont of­fert 65 confé­rences sur la mal­trai­tance et cette ac­ti­vi­té de sen­si­bi­li­sa­tion et de pré­ven­tion re­joint des mil­liers de per­sonnes. « Par­fois, les gens ne savent même pas qu’ils en sont vic­times », rap­porte la di­rec­trice.

En sep­tembre, Di­ra-La­val ajou­te­ra le su­jet de l’in­ti­mi­da­tion dans les ré­si­dences à son

Une marche pour la bien­trai­tance des per­sonnes âgées se dé­rou­le­ra de­main, jeu­di 15 juin, de 8 h 30 à 12h. Le dé­part se fe­ra du parc des Prai­ries, ave­nue du Cro­chet, à 9 h 30 et les par­ti­ci­pants pour­ront choi­sir entre deux tra­jets : 2 ou 4 km.

Les mar­cheurs sont in­vi­tés à por­ter du mauve pour cet évé­ne­ment or­ga­ni­sé par le Co­mi­té la­val­lois en abus et vio­lence en­vers les aî­nés (CLAVA) et ses par­te­naires. En cas de pluie, la marche se­ra main­te­nue. Pré­si­dente d’hon­neur de l’évé­ne­ment, Louise Des­châ­te­lets, co­mé­dienne, ani­ma­trice et chro­ni­queuse bien connue, se­ra sur place.

In­for­ma­tion et ins­crip­tion : www.clava.qc.ca ou 450 978-0807. (D.H.)

(Pho­to De­po­sit­pho­tos.com)

La mal­trai­tance touche les gens de 65 ans et plus vi­vant en grande ma­jo­ri­té à do­mi­cile et l’abus fi­nan­cier est la forme la plus ré­pan­due, ex­plique Fran­çois Go­din, co­or­don­na­teur spé­cia­li­sé en lutte contre la mal­trai­tance en­vers les aî­nés – ré­gion La­val (CISSS).

« Il y a eu l’ar­naque des grands-pa­rents, ex­plique-t-il, rap­pe­lant ces coups de fil vi­sant à sou­ti­rer de l’ar­gent en pre­nant une fausse iden­ti­té. On pense aus­si à l’abus in­tra­fa­mi­lial qui, dans la grande par­tie des cas, est non in­ten­tion­nel, mais fait par des proches qui sont eux-mêmes en dif­fi­cul­té. Nous in­ter­ve­nons et ac­com­pa­gnons ces aî­nés qui peuvent se sen­tir hon­teux, cou­pables et avoir peur des re­pré­sailles. On leur fait com­prendre qu’on peut ap­por­ter de l’aide au proche, que ce soit leur fille ou leur fils. »

Un des moyens pour contrer la mal­trai­tance, dont le fac­teur de risque aug­mente avec la perte d’au­to­no­mie, les troubles cog­ni­tifs et l’iso­le­ment, a été de for­mer une cen­taine de po­li­ciers, ex­plique Fran­çois Go­din, qui a tra­vaillé en col­la­bo­ra­tion avec Fran­cine Cô­té-De­mers, di­rec­trice de Di­ra-La­val, un or­ga­nisme de sou­tien pour aî­nés. Un aide-mé­moire ai­dant à la dé­tec­tion de la mal­trai­tance a d’ailleurs été dis­tri­bué aux agents.

« Un aide-mé­moire existe aus­si pour nos autres par­te­naires. Si nous avons un si­gna­le­ment, nous fai­sons les vé­ri­fi­ca­tions. Ce­la peut me­ner à des dé­marches au cri­mi­nel, mais la ma­jo­ri­té de­mande beau­coup plus de sui­vi aux ni­veaux psy­cho­so­cial, soins et ser­vices », note Fran­çois Go­din, ajou­tant que les équipes du Centre in­té­gré de san­té et ser­vices so­ciaux (CISSS) de La­val don­nant des soins à do­mi­cile aux aî­nés en perte d’au­to­no­mie sont éga­le­ment ou­tillées afin de dé­tec­ter la mal­trai­tance. Les per­sonnes aî­nées vic­times de mal­trai­tance dis­posent de mul­tiples ser­vices sur le ter­ri­toire la­val­lois. garde cette clien­tèle alerte et en san­té, et «Ce n’est pas cor­rect», ou­tillant voi­sins, fa­mille et amis afin qu’ils re­con­naissent les signes de la mal­trai­tance, sont dé­ployés, alors que des or­ga­nismes, tel le Co­mi­té La­val­lois en abus et vio­lence en­vers les aî­nés (CLAVA), sont pré­sents comme res­sources.

« Il y a une his­toire que j’ai­me­rais par­ta­ger, ra­conte Fran­çois Go­din. Une aî­née s’était fait es­cro­quer au té­lé­phone et elle n’en avait pas par­lé à per­sonne, parce qu’elle se sen­tait cou­pable et hon­teuse. Quelques mois plus tard, elle re­çoit un deuxième ap­pel, mais elle ne tombe pas dans le pan­neau et dé­cide qu’elle en a as­sez. Au­jourd’hui, elle sert de « bre­bis » sur In­ter­net et at­trape des frau­deurs ! Quand ces der­niers viennent chez elle pour cher­cher de l’ar­gent, ce sont les po­li­ciers qui les at­tendent. C’est un bel exemple qu’il ne faut pas voir les aî­nés juste comme des vic­times. »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.