GE­NÈSE D’UN PRO­JET DE RÉ­NO­VA­TION ET RES­TAU­RA­TION

Decorhomme - - Sommaire - PAR SÉ­BAS­TIEN DESCHÊNES RE­NO­VA­TION DESCHENES www.Re­no­va­tion-Deschenes.com FA­CE­BOOK.COM/RE­NO­VA­TION.DESCHENES YOUTUBE.COM/USER/RENOVATIONDESCHENES PINTEREST.COM/RENODESCHENES TWIT­TER @RENODESCHENES

Nous fê­tons cette an­née les 15 ans de Ré­no­va­tion Deschênes et c’est un an­ni­ver­saire qui m’a ame­né à faire une ré­flexion sur ce que l’en­tre­prise est de­ve­nue au fil des ans. Ça m’a ame­né à consta­ter que j’ai l’ha­bi­tude de vous pré­sen­ter ici des pro­jets ache­vés, bien peau­fi­nés, qui montrent toute notre ex­per­tise et tout notre sa­voir-faire… mais qui dé­voilent rarement l’en­vers du dé­cor. Pour moi, l’en­vers du dé­cor, c’est l’équipe et c’est notre at­ti­tude au quo­ti­dien. Ce n’est pas seule­ment ce que nous sommes ca­pables de faire, c’est aus­si ce que nous avons choi­si d’être.

Dans ce nu­mé­ro, j’ai donc choi­si de vous pré­sen­ter un pro­jet qui n’est pas en­core ter­mi­né, un pro­jet de longue ha­leine dans le­quel on s’in­ves­tit de­puis dé­jà six mois. Je vous amè­ne­rai en cou­lisse, je vous fe­rai voir la « gang », pour ne pas seule­ment vous faire voir ce qu’on fait, mais aus­si, ce qu’on est.

On se re­trouve dans une belle mai­son construite en 1936. Pour la pe­tite his­toire, il s’agit de l’an­cienne de­meure de l’homme po­li­tique et jour­na­liste Yves Mi­chaud. Une mai­son en pierre, aux abords de l’Ora­toire Saint-Jo­seph, coif­fée d’un su­perbe toit man­sar­dé. Elle est au­jourd’hui la ré­si­dence prin­ci­pale d’un jeune couple do­té d’un fort sens es­thé­tique et de so­lides va­leurs en­vi­ron- ne­men­tales. Leur mai­son, ils la sou­haitent la plus saine et la plus belle pos­sible. Ce se­ra leur mai­son de rêve, au­cune contrainte ne vien­dra frei­ner nos ar­deurs. Le rêve de­vien­dra réa­li­té.

C’est ain­si que nous avons en­tre­pris un tra­vail co­los­sal, puisque les re­vê­te­ments mu­raux de cette mai­son était en­tiè­re­ment conta­mi­nés à l’amiante. Nous avons com­men­cé par une dé­con­ta­mi­na­tion to­tale, ce qui im­pli­quait un désha­billage com­plet. Sou­vent, lorsque l’on parle de déshabiller en­tiè­re­ment une mai­son, on pré­sume qu’on va en­suite la vê­tir d’ha­bits plus mo­dernes. Per­sonne n’est as­sez fou pour re­cons­truire à l’iden­tique et dans ses moindres dé­tails une mai­son conta­mi­née. En fait, presque per­sonne… puisque c’est ce que nous avons fait. Puisque les pro­prié­taires sou­hai­taient conser­ver les élé­ments d’ori­gine, suite à la dé­con­ta­mi­na­tion, nous avons pro­cé­dé à une re­cons­ti­tu­tion d’époque, en sui­vant les normes d’au­jourd’hui. Un vrai tour de force au ni­veau de­si­gn, la to­tale, quoi!

Étant don­né qu’il fal­lait mettre la struc­ture à nu, nous en avons pro­fi­té pour ré­gler le cas de l’iso­la­tion puisque dans les faits, il n’y en avait pas. De beaux

dé­fis se pré­sen­taient sur ce plan. Étant don­né que nos clients ne sou­hai­taient au­cun pro­duit toxique dans la mai­son, nous avons choi­si la laine de chanvre et la fibre de bois pour iso­ler toits et entre toits et pour ce qui est du mur de masse, nous y avons sim­ple­ment ajou­té un pare-air, pour que l’on puisse en­core pro­fi­ter de l’iner­tie de la pierre sur le plan de chauf­fage. Toute la cha­leur émise par les ra­dia­teurs à l’eau chaude (que nous avons res­tau­rés) ne se gas­pillait donc plus dans une mai­son à in­dice de masse ther­mique éle­vé et grâce à la laine de chanvre, nous avons réus­si à n’uti­li­ser ni uré­thane, ni au­cun pro­duit conte­nant des COV. D’ailleurs, nous sommes fiers d’avoir uti­li­sé des pro­duits de chanvre pro­ve­nant de l’en­tre­prise qué­bé­coise MEM di­ri­gée par Sé­bas­tien Bé­lec.

À cause de l’amiante, nous avions dû nous dé­bar­ras­ser de toutes les mou­lures de plâtres, in­évi­ta­ble­ment conta­mi­nées. Pour res­pec­ter la de­mande de nos clients, les mou­lures ont donc été en­tiè­re­ment re­pro­duites, par Stuc No­la, un sous-trai­tant spé­cia­liste en la ma­tière, qui a confec­tion­né des moules qui nous per­met­taient de les re­faire en res­pec­tant la mou­lu­ra­tion d’époque. Vou­lant évi­dem­ment conser­ver les an­ciennes portes, nous les avons dé­ca­pées et hui­lées avec des huiles Li­vos sans COV. Les plan­chers de bois franc, érable au rez-de-chaus­sée et chêne à l’étage, ont re­çu le même trai­te­ment, ain­si que le ma­jes­tueux es­ca­lier prin­ci­pal, en chêne lui aus­si.

L’un des ob­jec­tifs du pro­jet de ré­no­va­tion était de rendre le gre­nier fa­cile à uti­li­ser. Il a d’abord fal­lu so­li­di­fier les pou­trelles de la toi­ture et nous avons en­suite iso­lé le plan­cher de cet es­pace, avec des pan­neaux de fibre de bois et de la laine de chanvre. Nous y avons amé­na­gé un pe­tit es­ca­lier à l’an­cienne, bien à pic, pour don­ner ac­cès à cet es­pace qui ser­vi­ra de ran­ge­ment.

Des quatre salles de bain de la mai­son, celle qui se si­tue au sous-sol se dis­tingue des trois autres dans le style, avec sa ro­bi­net­te­rie et sa quin­caille­rie noires, son la­va­bo sur pied et ses tuiles de style « mé­tro », à l’eu­ro­péenne, qui lui confèrent un ca­rac­tère très clas­sique. Dans les autres salles de bain, le style s’af­firme avec un look plus ac­tua­li­sé, et ses ses tuiles de cé­ra­mique de marbre grand for­mat (4 pieds par 7 pieds) ain­si qu’une ro­bi­net­te­rie en lai­ton bros­sé.

Pour les chambres à cou­cher, le style pri­vi­lé­gié est un peu dif­fé­rent et s’ins­pire plu­tôt de l’art dé­co, on le voit dans les mou­lures Ogee. Quant à elles, les mou­lures des aires com­munes sont de formes plus tra­vaillées, avec des pi­gnons et des val­lons, un style plus fran­çais. Au sol, aux fe­nêtres et portes, plu­tôt que des mou­lures de MDF qui contienne des COV, nous avons pri­vi­lé­gié des mou­lures en pin, peintes avec des pein­tures sans COV, évi­dem­ment. Dans la cui­sine on re­trouve un îlot cen­tral, avec au sol des tuiles de bé­ton es­tam­pé de 8 pouces par pouces et des ar­moires de la­tex la­qué sans COV.

Sur le plan des ma­té­riaux, il est vrai que les contraintes éco­lo­giques nous ont for­cées à faire des re­cherches un peu plus pous­sées, mais ce n’était pas un pro­blème, nous étions heu­reux de le faire et nous en avons pro­fi­té pour ap­prendre bien des choses. Par exemple, les clients sou­hai­taient des plan­chers chauf­fants à l’eau chaude, et non à l’électricité, pour évi­ter un taux de ra­dia­tion ré­pu­té être no­cif pour la san­té. Par chance nous avons pu le faire par­tout, même au sous-sol, grâce à une tech­nique de construc­tion ty­pique des an­nées 30, soit une chape de bé­ton d’une épais­seur de 5 pouces qui avait été cou­lé pour sup­por­ter la mo­saïque du sol dans les salles de bain. Grâce à ce­la nous avons pu ré­cu­pé­rer cet es­pace pour la tu­bu­lure des plan­chers chauf­fants.

Dans ce pro­jet, comme dans plu­sieurs, nos clients ont fait équipe avec notre de­si­gner, Ma­rie-Ève Bros­sard. En­semble, ils ont su créer un de­si­gn où l’an­cien et le nou­veau se ré­pondent en har­mo­nie. Et ce n’est pas fi­ni! Ce pro­jet se pour­suit en­core cet été, avec la construc­tion d’un im­pres­sion­nant so­la­rium (avec des plan­chers chauf­fants là en­core) que nous vous mon­tre­rons dans le pro­chain nu­mé­ro.

Ça me fait vrai­ment plai­sir de vous avoir pré­sen­té ce pro­jet en cours, de vous avoir pré­sen­té l’en­vers du dé­cor. C’est un autre de ces chan­tiers qui nous tient à coeur et il est vrai qu’un pro­jet qui prend plus six mois à se réa­li­ser garde une place toute spé­ciale dans nos sou­ve­nirs. Pen­dant des mois, on peut presque dire qu’on ha­bite la mai­son et qu’elle nous ha­bite tout au­tant. À la toute fin, quand vient le temps de ter­mi­ner et de par­tir, on sent qu’on y a lais­sé une pe­tite part de nous, comme si on fai­sait un peu par­tie de la mai­son, pour tou­jours.

Pour conclure, je ne pour­rais pas par­ler de nos quinze ans et pas­ser sous si­lence l’ap­port in­es­ti­mable d’un grand nombre de gens. Ré­no­va­tion Deschênes porte peut-être mon nom, mais ça a tou­jours été sou­te­nu par une équipe. C’est pour­quoi je prends le temps de sou­li­gner les ef­forts et la dé­vo­tion constante de tous les in­ter­ve­nants de nos pro­jets. Ces hommes et femmes qui ont des fa­milles, des vies, des week-ends oc­cu­pés et qui ont choi­si de s’épa­nouir avec nous à tra­vers ces pro­jets. Une ré­no­va­tion réus­sie né­ces­site une bonne dose d’im­pli­ca­tion phy­sique et men­tale de tous les ac­teurs, cha­cun y in­ves­tit avec pa­tience et amour ses ta­lents dans le pro­jet qui de­vient alors notre but com­mun. Qu’ils soient me­nui­siers, car­re­leurs, élec­tri­ciens, plom­biers, ti­reurs de joints, li­vreurs, de­si­gners, ad­joints ad­mi­nis­tra­tifs, ma­noeuvres, c’est leur réus­site à tous. Mer­ci à tous ceux qui ont dé­ci­dé d’adhérer à nos va­leurs de tra­vail d’équipe. Mer­ci à Ma­rie-Ève, Maude, Ré­jean, An­ton, Mi­sho, aux trois Stéphane, à Jo­na­than, Ma­nu, Georges, Louis, Mar­co, Guillaume, Jacques, Mar­tin, Ge­tu­lio, Marc, Alexandre, Claude, Joël, Do­mi­nic, Pierre, Cédric, Alex, Car­los, Bob, Da­niel, Ke­vin, Ma­rio, Élise, Pa­trick, Cé­line… et tant d’autres qu’il fau­drait un bot­tin pour les nom­mer. Alors, on re­part pour un autre quinze ans?

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