GABRIELLE CHA­NEL

En fé­vrier der­nier, la mai­son Cha­nel a an­non­cé que 2017 se­rait l’an­née Gabrielle. Au coeur de cet hom­mage à la cé­lèbre créa­trice de la griffe au double C: un nou­veau sac à main et un par­fum féminin tout chaud. À New York, nous avons eu la chance de dé­couv

ELLE (Québec) - - Beauté - texte JOANIE PIETRACUPA

L’AN­NÉE GABRIELLE

On re­court sou­vent au surnom de Co­co quand on évoque l’ico­nique créa­trice de la griffe Cha­nel. Ce­pen­dant, cette an­née, la mai­son ré­ha­bi­lite son prénom, Gabrielle, et lui rend hom­mage en bap­ti­sant ain­si deux créa­tions ex­clu­sives: un sac à main lan­cé juste à temps pour la sai­son prin­temps-été 2017 et un par­fum féminin, qui ver­ra le jour en sep­tembre prochain. Car des dé­cen­nies après son dé­cès, Ma­de­moi­selle Cha­nel conti­nue d’in­tri­guer et d’en­voû­ter, voire de sub­ju­guer...

LE IT-BAG

Ré­vé­lé lors du dé­fi­lé prin­temps-été 2017 de Cha­nel, le sac à main Gabrielle, conçu par Karl La­ger­feld, est ar­ri­vé en bou­tique en fé­vrier. Son de­si­gn? Une base ri­gide, un corps souple en cuir ma­te­las­sé et une double chaîne mé­tal­li­sée, qui per­met de le por­ter de mul­tiples fa­çons (sur l’avant-bras, à la main, sur l’épaule, en ban­dou­lière, etc.). Ses am­bas­sa­deurs? Kris­ten Ste­wart, Ca­ra De­le­vingne, Ca­ro­line de Mai­gret et Pha­rell Williams. Ses fans? Nao­mi Watts, Liu Wen, Irene Kim et Li­ly Al­len.

LA FRAGRANCE

Gabrielle, c’est l’élé­gance, le ca­rac­tère et la pas­sion mis en bou­teille. Par­se­mé de fleurs blanches (ylang-ylang, jas­min, fleur d’oran­ger, tu­bé­reuse de Grasse), son bou­quet est re­haus­sé de frais ac­cords hes­pé­ri­dés (écorce de man­da­rine, zeste de pam­ple­mousse, trace de cas­sis) et d’en­ve­lop­pantes notes boi­sées (muscs blancs, bois de san­tal). Aus­si ins­pi­ré qu’unique, ce nou­vel ef­fluve in­tem­po­rel, mais ré­so­lu­ment mo­derne, fait dans la dou­ceur en in­car­nant la fé­mi­ni­té dans ce qu’elle a de plus pur, de libre et d’ab­so­lu.

Gabrielle, de Cha­nel (183 $ les 100 ml d’eau de par­fum).

LE PARFUMEUR

Afin de per­cer le mys­tère Gabrielle, nous avons po­sé nos pé­nates dans la Grosse Pomme au prin­temps der­nier, et sommes al­lées à la ren­contre de son chef d’or­chestre ol­fac­tif, Oli­vier Polge, nez sur­doué et parfumeur mai­son chez Cha­nel de­puis 2015. Com­ment dé­cri­riez-vous ce nou­veau jus? Je di­rais que c’est une com­po­si­tion flo­rale, lu­mi­neuse, rayon­nante et fé­mi­nine. Quel en a été le pro­ces­sus de créa­tion? J’ai eu beau­coup de chance: Cha­nel m’a lais­sé une grande li­ber­té d’ac­tion, me don­nant ain­si la pos­si­bi­li­té de créer LE par­fum que j’ima­gi­nais. Ce­la dit, j’ai te­nu à res­pec­ter l’es­prit de la mai­son en uti­li­sant des fleurs comme ma­tières pre­mières et en les agen­çant de fa­çon in­édite. Com­bien de temps vous a- t- il fal­lu pour mettre au point ce par­fum? Plu­sieurs an­nées! J’ai pris mon temps afin d’avoir toute la la­ti­tude né­ces­saire pour éva­luer l’iden­ti­té de la fragrance, sa dif­fu­sion, etc. Il est pri­mor­dial d’avoir suf­fi­sam­ment de re­cul si on dé­sire créer un ef­fluve qui au­ra une du­rée de vie qu’on es­père très longue! Est- il com­plexe d’«em­bou­teiller» une per­son­na­li­té telle que celle de Gabrielle Cha­nel? Je ne suis pas cer­tain qu’il soit pos­sible d’em­pri­son­ner dans un fla­con l’es­sence d’une

per­sonne. Mais il est clair que je me suis ins­pi­ré des dif­fé­rentes fa­cettes de sa per­son­na­li­té pour fi­gno­ler cette fragrance. Il y a des choses im­por­tantes – et bien sen­ties! – à dire sur cette femme fas­ci­nante. No­tam­ment qu’avec elle, on n’est ja­mais dans la nos­tal­gie, mais plu­tôt dans la mo­der­ni­té. On re­garde tou­jours vers le fu­tur. Jus­qu’à quel point a- t- il été fa­cile de trans­po­ser en notes le style ico­nique de Gabrielle Cha­nel? C’est plu­tôt simple, tout compte fait! Ce qui, en mode, est fait de ma­te­las­sé, de chaînes mé­tal­li­sées et de ca­mé­lias (les plus im­por­tants sym­boles de la griffe), a été tra­duit, en par­fu­me­rie, par le jas­min, l’ylang-ylang et une pointe d’iris (les notes ve­dettes du cé­lèbre No 5). On a gar­dé ces notes my­thiques, qu’on a sim­ple­ment agen­cées dif­fé­rem­ment afin d’écrire une nou­velle mé­lo­die. Lorsque vous avez com­men­cé à tra­vailler au par­fum Gabrielle, avez-vous sen­ti que vous de­viez in­no­ver ou, au contraire, vous ins­crire dans la conti­nui­té des grands suc­cès de la mai­son, No 5 en tête? Un mé­lange des deux, je di­rais. C’est drôle: on me parle sou­vent du poids de l’his­toire d’une mai­son comme Cha­nel. Or, cet hé­ri­tage est plu­tôt un ter­rain fer­tile à l’éclo­sion d’une mul­ti­tude de nou­velles idées! Il s’agit du pre­mier par­fum féminin in­édit de Cha­nel en quinze ans. Stres­sante mis­sion ou dé­fi em­bal­lant? Je par­le­rais plu­tôt d’une forme de pres­sion po­si­tive! C’est cer­tain qu’il s’agit d’un mo­ment phare pour nous. Je tra­vaille chez Cha­nel de­puis près de trois ans main­te­nant, et j’ai com­men­cé à plan­cher sur cet ef­fluve dès mon en­trée en poste! Il me tarde donc de voir la ré­ac­tion que sus­ci­te­ra ce jus... À quel type de femme Gabrielle s’adresse-t- elle? Je crois que ce par­fum plai­ra sur­tout à celles qui aiment les fleurs blanches et qui ont un ca­rac­tère af­fir­mé ou qui sont plu­tôt ex­tra­ver­ties. Com­ment sug­gé­rez-vous de por­ter cette fragrance? Je pense que vous pou­vez tout à fait vous «ha­biller» en Gabrielle à toute heure du jour et de la nuit, puis­qu’il s’agit d’un par­fum simple et com­plexe à la fois. Et pour ci­ter Ma­de­moi­selle Cha­nel elle-même, j’ajou­te­rais: «Par­fu­mez-vous là où vous sou­hai­tez être em­bras­sée!» Com­ment dé­fi­nis­sez-vous la si­gna­ture des par­fums Cha­nel? Flo­rale, abs­traite, as­sez opu­lente et très fé­mi­nine. Com­ment fait- on son che­min dans l’uni­vers de la par­fu­me­rie après le pas­sage d’un père aus­si cé­lèbre et pro­li­fique que le vôtre? [Jacques Polge est éga­le­ment parfumeur mai­son chez Cha­nel et a entre autres créé Co­co, Co­coMa­de­moi­selle, Al­lu­reHomme, Chance et Bleu.] Ce lien de pa­ren­té m’a ou­vert plus de portes qu’il ne m’en a fer­mées. C’est grâce à mon père que j’ai pu faire les bonnes ren­contres afin d’ap­prendre l’abc de ce mé­tier. Et nous avons réus­si, l’un comme l’autre, à em­prun­ter deux che­mins de car­rière com­plè­te­ment sé­pa­rés... jus­qu’à mon ar­ri­vée chez Cha­nel!

LA MUSE

Gabrielle Cha­nel était, avant toute chose, une femme libre. Une amou­reuse, une pas­sion­née, une in­sou­mise, une créa­trice hors-norme qui fai­sait fi des conven­tions et des obs­tacles qui se dres­saient sur son che­min. Femme de tête, cou­ra­geuse et avant-gar­diste, elle a ré­vo­lu­tion­né le style ves­ti­men­taire et ame­né une nou­velle forme de fé­mi­ni­té, in­ci­tant les femmes du monde en­tier à se li­bé­rer des codes im­po­sés et à vivre par elles-mêmes, pour elles-mêmes. Toutes ces fa­cettes de la per­son­na­li­té plus grande que na­ture de Ma­de­moi­selle Cha­nel sont mises en re­lief dans ce nou­veau par­fum flo­ral so­laire, qui a tout pour plaire.

L’ÉGÉRIE

Sur­prise, sur­prise! C’est à l’ac­trice Kris­ten Ste­wart, qui a re­joint la mai­son Cha­nel à titre d’am­bas­sa­drice en 2013, que re­vient l’in­signe hon­neur d’in­car­ner cette nou­velle fragrance fé­mi­nine, dans une cam­pagne publicitaire réa­li­sée par le ci­néaste bri­tan­nique Rin­gan Led­wige et le pho­to­graphe fran­çais Ka­rim Sad­li.

LE FLA­CON

En verre ul­tra­fin et lé­ger comme l’air, sa bou­teille laisse rayon­ner plei­ne­ment le jus. Et la cou­leur du la­mé mat du ca­pot, à la fron­tière de l’or et de l’ar­gent, est di­rec­te­ment ins­pi­rée des tis­sus haute cou­ture conser­vés au pa­tri­moine de la mai­son Cha­nel. Chi­cis­sime, élé­gan­tis­sime... Cha­ne­lis­sime, quoi!

Sac à main Gabrielle, de Cha­nel (prix sur de­mande; bou­tiques Cha­nel).

est­frap­pé Cha­que­ca­pot puis du­lo­goC­ha­nel nt. uni­tai­reme contrô­lé

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