la touche

GAVALDA

ELLE (Québec) - - Culture -

Dans FENDRE L’ARMURE, l’auteure d’En­sem­blec’est­tout pro­pose sept his­toires in­times comme au­tant de mo­ments de vé­ri­té. Tour à tour, des femmes et des hommes se confient dans toute leur nu­di­té, leur fra­gi­li­té. On re­con­naît bien là le goût d’An­na Gavalda, dont les livres se vendent par mil­lions, pour la faille in­té­rieure. Et on sa­voure sa lé­gen­daire em­pa­thie. Ne vous lais­sez pas dé­mon­ter par le cha­ra­bia ar­go­tique et les ex­pres­sions crues, à la li­mite de la vul­ga­ri­té, em­ployés par la jeune femme dans le mo­no­logue qui ouvre ce re­cueil de nou­velles. Peu édu­quée, mal em­bou­chée, cette ban­lieu­sarde cé­li­ba­taire qui gagne sa vie dans une ani­ma­le­rie le dit el­le­même: «Je suis gros­sière, mais c’est ma te­nue de ca­mou­flage.» Elle ac­cepte à contre­coeur d’ac­com­pa­gner une amie dans une fête pa­ri­sienne chez les bo­bos et ne se sent pas à sa place, évi­dem­ment. Mais elle y fait la ren­contre sur­pre­nante d’un poète qui semble tom­ber sous son charme. Pourquoi, mal­gré tout ce qui les sé­pare, ne pas prendre le risque d’une nuit magique? Quitte à pleu­rer en­suite, tan­dis qu’elle re­gagne sa ban­lieue mi­teuse. Sui­vront les confi­dences tout aus­si tou­chantes d’une jeune veuve, mère de fa­mille de­ve­nue al­coo­lique, d’un homme qui doit faire eu­tha­na­sier son vieux chien et ne se re­met pas de la mort de son fils, d’un bu­si­ness­man pla­qué par sa femme, etc. Tout ce­la sans mi­sé­ra­bi­lisme, avec la touche de lé­gè­re­té à la Gavalda qu’on ap­pré­cie tant. (Le di­let­tante)

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.