Tout sur les tatouages.

AU­PA­RA­VANT AS­SO­CIÉS À UNE PAR­TIE OSTRACISÉE DE LA PO­PU­LA­TION, LES TATOUAGES SE DÉMOCRATISENT DE PLUS EN PLUS. TEN­TÉE DE SE LAN­CER DANS L’AVEN­TURE ENCRÉE? ON S’AS­SURE DE FAIRE LE PLEIN DE CONSEILS DE PROS AVANT DE DÉ­CO­RER NOTRE PEAU!

ELLE (Québec) - - Sommairejuillet- Août2018 - texte THÉO DU­PUIS- CARBONNEAU

Choi­sir son ta­toueur

Dé­co­ra­tion cor­po­relle dé­fi­ni­tive, le ta­touage est réa­li­sé en in­jec­tant de l’encre à l’aide d’une ai­guille sous l’épi­derme, à moindre pro­fon­deur que le bulbe des poils. Comme les tatouages se dé­clinent en un large éven­tail de styles, se­lon l’artiste qui les réa­lise, ils nous per­mettent d’ar­bo­rer une pièce ul­tra­per­son­na­li­sée. Mais at­ten­tion: le geste n’est pas ano­din et de­mande un mi­ni­mum de recherche, sur­tout si on se fait en­crer pour la pre­mière fois. Com­ment être sûre de faire le bon choix? «Sou­vent, lors d’une pre­mière ex­pé­rience, on recherche un ta­touage avec une forte si­gni­fi­ca­tion, mais je suis d’avis qu’il faut plu­tôt choi­sir une pièce d’un artiste dont on ad­mire le tra­vail et qu’on trouve su­blime en soi. La citation qu’on ai­mait tant à 18 ans ne ré­son­ne­ra peut-être plus des an­nées après, alors qu’une pan­thère bien exé­cu­tée se­ra per­pé­tuel­le­ment ba­dass », ex­plique Jes­si Pres­ton, co­fon­da­trice du sa­lon Two Horses, à Mon­tréal, et pro­prié­taire du stu­dio Lombard Street Tat­too, à Port­land, en Ore­gon. Pour dé­cou­vrir le tra­vail de ta­toueurs de par­tout à tra­vers le monde, rien de mieux que d’éplu­cher une tonne de port­fo­lios sur les réseaux sociaux. On peut, du même coup, en ap­prendre plus sur la per­sonne qui se cache der­rière ses oeuvres et sur sa fa­çon de pra­ti­quer son art. Pour sa part, Char­line Ba­taille, ta­toueuse chez Mi­nuit Dix, à Mon­tréal, croit énor­mé­ment au pou­voir du bouche-à-oreille pour dé­ni­cher la perle rare. «Ce n’est pas tout de sa­voir que l’artiste est ta­len­tueux. Je veux que la per­sonne qui me ta­toue soit aus­si fé­mi­niste, res­pec­tueuse, com­mu­ni­ca­tive et ou­verte à mes idées, en plus de bien connaître les dif­fé­rences de corps, de peaux et d’iden­ti­tés. Pour ré­pondre à tous ces cri­tères, mieux vaut se fier à des amis qui se sont déjà fait ta­touer», in­siste la ta­toueuse.

Il est en­suite pri­mor­dial d’éta­blir un pre­mier contact afin de voir si on se sent en confiance. «Je le ré­pète tou­jours: il faut prendre le temps de dis­cu­ter avec l’artiste. S’il ne vous écoute pas, que vous êtes mal re­çue ou que vous ne vous sen­tez pas res­pec­tée, al­lez ailleurs! » , conseille Mu­riel de Mai, ins­ti­ga­trice du stu­dio Mi­nuit Dix. Est-ce qu’une consul­ta­tion avant notre ren­dez-vous fi­nal est ab­so­lu­ment obli­ga­toire? Les avis sont par­ta­gés! «La ma­jo­ri­té de ma clien­tèle veut tra­vailler avec moi parce qu’elle recherche pré­ci­sé­ment mon style, donc une ren­contre préa­lable n’est par­fois pas né­ces­saire. Par contre, si l’idée de mon client manque de clar­té, de pré­ci­sion ou d’ins­pi­ra­tion, je pré­fère qu’on en dis­cute face à face avant d’es­quis­ser un pre­mier jet. En­suite, si on sou­haite ap­por­ter des mo­di­fi­ca­tions, on le fait le jour même du ta­touage», pré­cise Jes­si Pres­ton. «Avant, je pré­voyais trois en­tre­tiens: une consul­ta­tion en amont, une ren­contre de dé­voi­le­ment du des­sin et, fi­na­le­ment, le ren­dez-vous d’exé­cu­tion. Avec le temps, j’ai ga­gné en confiance. Il me suf­fit sou­vent de va­li­der le pro­jet par cour­riel avec les clients avant de les voir pour le ta­touage, quitte à faire des mo­di­fi­ca­tions en­semble au be­soin», cla­ri­fie Mu­riel de Mai. Dans tous les cas, on re­tient deux choses: l’im­por­tant est de je­ter notre dé­vo­lu sur un artiste dont le style nous parle, et de sen­tir que notre dé­marche se fait dans le res­pect et l’écoute.

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