SEAT­TLE POUR ÉPI­CU­RIENS

POUR LES ÉPI­CU­RIENS

Exquis (French) - - Sommaire - PAR ANNE-LOUISE DES­JAR­DINS

Un ville à proxi­mi­té du vi­gnoble et de l'océan.

Si­tuée dans le Pu­get Sound, au sud de Van­cou­ver, et sur­nom­mée Eme­rald Ci­ty (la ci­té d'éme­raude) en rai­son de son nombre éle­vé d'es­paces verts et des fo­rêts de co­ni­fères qui l'en­cerclent, Seat­tle est as­so­ciée au plein air, à l'éco­no­mie du sa­voir et au mou­ve­ment hips­ter. C'est aus­si la porte d'en­trée du Nord-Ouest Pa­ci­fique, avec tout ce que ce­la sup­pose de ri­chesse et de di­ver­si­té cultu­relle, d'au­dace cu­li­naire, de bons vins et de vie noc­turne at­trayante.

AVEC SA SPACE NEEDLE, QUI CULMINE À 620 PIEDS, LE SEAT­TLE CENTRE EST LE POINT DE DÉ­PART OBLI­GÉ DE TOUTE VI­SITE DE SEAT­TLE. DE SA TOUR D'OB­SER­VA­TION, LE RE­GARD EM­BRASSE LA CHAÎNE DES MON­TAGNES OLYM­PIC, LE MONT RAINIER, LE PU­GET SOUND, LES GRATTE-CIEL DU CENTRE-VILLE ET EL­LIOTT BAY.

S'il est vrai qu'il pleut sou­vent dans la ca­pi­tale de l'État de Wa­shing­ton, l'au­tomne reste la sai­son par ex­cel­lence pour vi­si­ter cette ville qui a consa­cré Kurt Co­bain, Pearl Jam, Jim­my Hen­drix, Bill Gates et le chef Ma­rio Ba­ta­li. Avec sa Space Needle, qui culmine à 620 pieds, le Seat­tle Centre est le point de dé­part obli­gé de toute vi­site de Seat­tle. De sa tour d'ob­ser­va­tion, le re­gard em­brasse la chaîne des mon­tagnes Olym­pic, le mont Rainier, le Pu­get Sound, les gratte-ciel du centre-ville et El­liott Bay, où les tra­ver­siers font la na­vette. Au res­tau­rant SkyCi­ty, per­ché à 500 pieds, le brunch (49,95 $) in­clut une vi­site de l'ob­ser­va­toire et pro­pose des plats tels que gaufres aux ai­relles, ri­sot­to aux cham­pi­gnons sau­vages, hue­vos ran­che­ros au sau­mon fu­mé ou pain per­du au cho­co­lat blanc et aux noix de ma­ca­dam.

LE MAR­CHÉ QUI NE DORT JA­MAIS

Un des en­droits les plus vi­brants de Seat­tle est cer­tai­ne­ment le vé­né­rable Pike Place Mar­ket, sur les rives d'El­liott Bay. Ou­vert de­puis 1907, il est l'une des prin­ci­pales at­trac­tions tou­ris­tiques de la ville de même qu'un im­por­tant mo­teur éco­no­mique, lieu d'échanges et d'ap­pro­vi­sion­ne­ment pour les ré­si­dents. Il re­gorge de bou­lan­ge­ries, ca­fés, res­tos et mi­cro­bras­se­ries, pro­dui­sant un bour­don­ne­ment constant du ma­tin jus­qu'au soir. Ré­par­ties sur cinq étages sou­ter­rains, les bou­tiques (ma­gie, mu­sique, bi­joux si­gna­ture, ar­ticles de col­lec­tion) y cô­toient les échoppes d'ar­ti­sa­nat lo­cal et in­ter­na­tio­nal. Par­tout, on constate un par­ti pris pour la qua­li­té, l'ori­gi­na­li­té et la consom­ma­tion res­pon­sable. Même di­ver­si­té du cô­té ali­men­taire, avec de nom­breux kiosques de fruits, lé­gumes, viande, fro­mages ou pro­duits trans­for­més du Nord-Ouest Pa­ci­fique, com­plé­tés par une éblouis­sante va­rié­té d'in­gré­dients et de spé­cia­li­tés du monde en­tier. Le fa­meux lan­cer du sau­mon, c'est là qu'on peut l'ob­ser­ver, au Pike Place Fish Mar­ket, l'un des quatre mar­chés de pois­son. On vou­dra aus­si vi­si­ter les mar­chés des quar­tiers ja­po­nais et chi­nois, très ani­més et co­lo­rés.

LE PA­RA­DIS DES FRUITS DE MER

On ne va pas à Seat­tle sans s'of­frir quelques fes­tins de pois­son et fruits de mer parce que la pêche éco­res­pon­sable axée sur la fraî­cheur et la va­rié­té y est un mode de vie pro­fon­dé­ment en­ra­ci­né dans les men­ta­li­tés, au point que chefs, pois­son­niers et pê­cheurs en font une vé­ri­table ob­ses­sion. Ré­sul­tat : la ca­pi­tale de l'État de Wa­shing­ton abrite quelques-uns des meilleurs oys­ter bars et res­tau­rants de pois­son et su­shis du monde, rien de moins! Ni­shi­no, ou­vert de­puis 1995, est l'un de ces su­shi bars de grande ré­pu­ta­tion qui res­pectent les prin­cipes d'au­then­ti­ci­té et de sim­pli­ci­té ja­po­naise dans la créa­tion de leurs su­shis et sa­shi­mis. Ma­ne­ki, la plus an­cienne table à su­shis de la ville, n'a pas per­du un gramme de po­pu­la­ri­té, et les ama­teurs font la file pour y man­ger. Pour des su­shis abor­dables, Cut­ting Board, dans Geor­ge­town, pro­pose une bonne va­rié­té de rou­leaux, de ni­gi­ris et d'ex­cel­lents ra­vio­lis ja­po­nais, les gyo­zas.

PAR­TOUT, ON CONSTATE UN PAR­TI PRIS POUR LA QUA­LI­TÉ, L'ORI­GI­NA­LI­TÉ ET LA CONSOM­MA­TION RES­PON­SABLE.

LES MEILLEURS COMP­TOIRS À HUÎTRES

Pour une ex­pé­rience clas­sique évo­ca­trice du Seat­tle des an­nées 60, on pren­dra place au Em­mett Wat­son's Oys­ter Bar du Pike Place Mar­ket, où l'on sert les huîtres à la bonne fran­quette et la bière à prix d'ami. La ter­rasse ar­rière est une oa­sis de ver­dure en plein centre-ville. Pour un re­pas sur­nom­mé from tide to table, axé sur les huîtres et les fruits de mer, une vi­rée s'im­pose à l'une des trois suc­cur­sales de Tay­lor Oys­ter Bars, dont celle du quar­tier Queen Anne (beau dé­cor, en face du Seat­tle Centre), ap­pro­vi­sion­nées par les éle­vages de l'en­tre­prise mère, Tay­lor Shell­fish Farms; celle-ci élève huîtres et autres mol­lusques sur la côte Ouest, entre Van­cou­ver et San Fran­cis­co, de­puis 1890, avec une an­tenne ca­na­dienne. On ne trouve pas plus frais! Les res­tau­rants An­to­ny's, dont ce­lui du Pier 66, offrent une am­biance tra­di­tion­nelle et fa­mi­liale et la plu­part sont si­tués au bord de l'eau.

Un de nos bars à huîtres fa­vo­ris est The Wal­rus and the Car­pen­ter, dans le quar­tier Ballard, qui doit son nom à un poème de l'au­teur d'Alice au pays des mer­veilles. En plus des huîtres, ce lieu unique et cha­leu­reux sert d'ex­cel­lents pois­sons et fruits de mer, comme le sau­mon du Pa­ci­fique ou la pieuvre grillée. Su­perbe choix de vins et de bières lo­caux.

L'« EM­PIRE » CU­LI­NAIRE DE RENEE ERICKSON

Seat­tle ne se­rait pas Seat­tle sans l'ap­port de chefs de la trempe de Renee Erickson, cette femme ins­pi­rée, à l'ori­gine de pas moins de six ma­gni­fiques éta­blis­se­ments gour­mands, re­grou­pés sous l'égide du groupe Sea Crea­tures. À ce­la s'ajoute une terre de 55 acres, La ferme des ânes, sur l'île de Whid­bey, où sont éle­vés agneaux, boeufs et poules, et culti­vés une bonne par­tie des lé­gumes uti­li­sés dans les res­tau­rants de cette chef lau­réate du pres­ti­gieux James Beard Award. Le comp­toir à huîtres The Wal­rus and the Car­pen­ter est l'un de ceux-là, de même que le bar Bar­nacle, ad­ja­cent, qui cé­lèbre l'art de l'apé­ro à l'ita­lienne. Au Whale Wins, viandes, fruits de mer et lé­gumes sont grillés sur feu de bois dans une am­biance de re­traite de plage; tan­dis que le Bar Me­lu­sine est un autre comp­toir à huîtres, ins­pi­ré de la tra­di­tion fran­çaise, et que Ba­teau se veut une steak house à la fran­çaise, avec des ac­com­pa­gne­ments au­da­cieux et des coupes de boeuf dif­fé­rentes. En­fin, le ca­fé Ge­ne­ral Por­poise pré­pare des beignes al­lé­chants : crème pâ­tis­sière à la va­nille, cho­co­lat-gui­mauve, crème au ci­tron, confi­ture fraise-rhu­barbe, etc. Renee Erickson est aus­si pro­prié­taire d'un des meilleurs en­droits pour le brunch, le Boat Street Cafe & Kit­chen, et de la gamme de ma­ri­nades Boat Street Pi­ckles. On ap­pré­cie aus­si ses hap­pe­nings cu­li­naires ori­gi­naux : re­pas sur la plage, à la ferme ou fré­quentes vi­sites de chefs in­vi­tés.

D'AUTRES RES­TOS RÉ­PU­TÉS

Seat­tle est une ville de foo­dies et le choix de bons res­tau­rants est pro­pre­ment af­fo­lant. Si­tué dans Ra­ven­na, Sa­lare est un bis­tro de quar­tier qui fait beau­coup par­ler de lui, avec sa cui­sine lo­cale mé­tis­sée, ins­pi­rée no­tam­ment de l'Amé­rique la­tine et des Ca­raïbes. Son jeune chef pro­prié­taire, Eduar­do Jor­dan, a été nom­mé l'un des best new chefs du ma­ga­zine Food & Wine en 2016. Dans le quar­tier Fre­mont, la cui­sine fran­co-co­réenne aux sa­veurs franches de Re­vel fait cou­rir les foules. Il faut es­sayer le crabe dor­meur aux nouilles aux algues, au ca­ri rouge et à la crème ou le bla­cke­ned pork aux nouilles, au chou fri­sé et au mi­so épi­cé pour com­prendre l'en­goue­ment pour cette table abor­dable. Dans Queen Anne, Eden Hill compte 24 places et se dé­crit comme « mo­der­niste » (New Ame­ri­can Cui­sine), ex­plo­rant avec suc­cès de nou­velles fa­çons d'ap­prê­ter les in­gré­dients lo­caux. Au me­nu du chef Maxi­mil­lian Pet­ty, on re­trouve la sa­lade de pas­tèque fu­mée sur to­mates com­pres­sées, le tar­tare de cre­vettes rouges au bran­dy et aux noi­settes, ou la pieuvre noir­cie à la mousse de poi­reau et aux peaux d'ar­ti­chaut.

LES TRÉ­SORS DES WINE BARS

Si­tuée tout près de la route des vins de l'État de Wa­shing­ton (voir texte de Na­dia Four­nier, page 44), Seat­tle est une ville for­mi­dable pour faire la tour­née des bars à vins, qui sont presque tou­jours aus­si d'ex­cel­lents res­tos. En plus de ceux du groupe Sea Crea­tures, l'un des plus ré­pu­tés reste le Up­per Bar Fer­di­nand, dans Ca­pi­tol Hill, où se trouvent plu­sieurs tables re­nom­mées. Ici, le chef Matt Dillon et le som­me­lier Marc Pa­pi­neau font des mer­veilles d'ac­cords mets et vins, avec des crus en pro­ve­nance de pe­tits do­maines de qua­li­té du monde en­tier. Les plats sont sou­vent cuits sur braises ou fu­més. Le tan­dem est éga­le­ment pro­prié­taire du Lo­wer

Bar Fer­di­nand, où l'on vend aus­si du vin au dé­tail et qui or­ga­nise des dé­gus­ta­tions thé­ma­tiques, en plus des res­tau­rants Sit­ka & Spruce (ex­cel­lente hap­py hour), The Lon­don Plane et The Cor­son Buil­ding.

Pour dé­gus­ter une bonne sé­lec­tion de vins lo­caux dans l'am­biance d'une cave, on choi­si­ra The Tas­ting Room, au Pike Place Mar­ket, qui ac­com­pagne ses crus de char­cu­te­ries et de fro­mages ser­vis dans l'es­prit ta­pas. Au cen­tre­ville, Purple Cafe & Wine Bar est un éta­blis­se­ment au sou­ci pé­da­go­gique constant, avec une carte des vins de 60 pages et un per­son­nel com­po­sé de som­me­liers très com­pé­tents. Me­nu éclec­tique comp­tant de nom­breuses en­trées et des clas­siques, comme les pâtes ou le steak. Un autre bar à vin im­por­tant est le fa­meux RN74 du chef émé­rite Mi­chael Mi­na, en l'hon­neur de la route my­thique épo­nyme des grands crus de la Bour­gogne. Pour les ama­teurs de vins fran­çais, le Ca­viste est une pe­tite adresse très sym­pa­thique à es­sayer. Seat­tle connaît aus­si un fort en­goue­ment pour le cidre, et le Schil­ling Ci­der House, est l'en­droit rê­vé pour les goû­ter.

POUR BIEN COM­MEN­CER OU FI­NIR SA JOUR­NÉE

Lieu de nais­sance des Star­bucks, en 1971, Seat­tle re­gorge d'ex­cel­lents ca­fés. On re­tien­dra, entre autres, le très bran­ché Voxx Cof­fee, où les ba­ris­tas re­çoivent une for­ma­tion de pointe, le ré­pu­té Caf­fè Um­bria, qui compte sur une ex­per­tise cou­vrant trois gé­né­ra­tions, et Vic­tro­la, le fa­vo­ri des ama­teurs de jazz, qui offre des séances d'ini­tia­tion à la dé­gus­ta­tion. La ville est aus­si un lieu de pré­di­lec­tion pour les glaces. Au Blue­bird Ice Cream, l'équipe pro­pose à ses clients de sa­vou­rer, dans un su­perbe dé­cor des an­nées 50, des milk­shakes ou des floats à base de crème gla­cée et de bois­sons ga­zeuses, comme dans le temps de Jim­my Dean. Le Fain­ting Goat Ge­la­to se spé­cia­lise dans les glaces de style ita­lien, dont le ge­la­to à la Guin­ness ou à l'avo­cat, avec un ex­cellent choix de sor­bets mai­son. Chez Aman­dine Ba­ke­shop, qui sert aus­si un très bon ca­fé, on se ré­ga­le­ra de des­serts à la fran­çaise comme les ma­ca­rons, les bis­cuits et les vien­noi­se­ries (es­sayez les crois­sants à la pis­tache double cuis­son!).

SEAT­TLE EST UNE VILLE FOR­MI­DABLE POUR FAIRE LA TOUR­NÉE DES BARS À VINS, QUI SONT PRESQUE TOU­JOURS AUS­SI D'EX­CEL­LENTS RES­TOS.

Whale Wins Res­tau­rant

Chef Edouar­do Jor­dan, Sa­lare

Eden Hill Res­tau­rant

Renee Erickson, Sea Crea­tures

An­tho­ny's Pier 66

Tay­lor Oys­ter Bars

El­liott Bay, Pike Place Mar­ket

Pike Place Mar­ket

Up­per Bar Fer­di­nand

Purple Cafe & Wine Bar

Mkt. Res­tau­rant

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.