Puisque je cô­toie San­dro de­puis 25 ans, nous avons eu l'oc­ca­sion d'échan­ger à maintes re­prises. Voi­ci une conver­sa­tion en­ga­gée avec lui dans le ma­gni­fique dé­cor de la Fo­res­te­ria Se­re­go Ali­ghie­ri, par un beau jour de sep­tembre.

Exquis (French) - - Histoire De Vignes -

San­dro, tu fais par­tie de la sixième gé­né­ra­tion d’une famille de vi­gne­rons du Ve­ne­to. Comment as-tu dé­bu­té dans la pro­fes­sion?

Après le ly­cée classique, j'ai ob­te­nu une li­cence en éco­no­mie et com­merce à l'Uni­ver­si­té ca­tho­lique de Mi­lan. Puis, j'ai com­men­cé à tra­vailler pour Ma­si en 1964. J'étais dé­jà at­ti­ré par le mar­ke­ting et j'avais com­pris l'im­por­tance de l'iden­ti­té d'une marque, la mise en va­leur de l'image d'une com­pa­gnie, et ses re­tom­bées sur les ventes, no­tam­ment à l'in­ter­na­tio­nal.

Est-ce qu’il y a eu une an­née dé­ci­sive dans la pro­gres­sion de Ma­si?

Oui, en 1973, quand nous avons éta­bli un joint ven­ture avec la famille des Con­ti Se­re­go Ali­ghie­ri, des­cen­dants di­rects du poète Dante et pro­prié­taires du plus an­cien do­maine de Val­po­li­cel­la. Nous avons d'ailleurs fa­vo­ri­sé au dé­but des an­nées 2000 le re­tour de la famille dans sa Tos­cane na­tale avec la créa­tion de la Po­de­ri del Bel­lo Ovile, où l'on éla­bore un rouge d'ap­pel­la­tion Tos­ca­na, avec du san­gio­vese, du ca­naio­lo et du ci­lie­gio­lo.

En 1978, tu de­viens le pré­sident de Ma­si Agri­co­la, poste que tu oc­cupes en­core au­jourd’hui. Que s’est-il pas­sé en près de 40 ans?

C'est une belle his­toire! Dès le dé­but, nous avons tra­vaillé à la ré­or­ga­ni­sa­tion de nos terroirs et à l'amé­lio­ra­tion de nos pra­tiques oe­no­lo­giques, tant pour les nou­veaux vins que pour les tra­di­tion­nelles cu­vées d'ama­rone. Au mi­lieu des an­nées 1990, nous avons créé un centre qui va­lo­ri­sait les vins fins is­sus des meilleurs ter­ri­toires vé­ni­tiens. En 1995, l'aven­ture su­da­mé­ri­caine a com­men­cé, avec la nais­sance de Ma­si Tu­pun­ga­to, dans la val­lée d'Uco, en Ar­gen­tine, au sud de Men­do­za. Plus tard, en 2007, notre partenariat avec les Bos­si Fe­dri­got­ti, une famille aris­to­cra­tique du Tren­ti­no voi­sin, a été of­fi­cia­li­sé.

Dans les an­nées 1980, en bon avo­cat de la re­cherche et de l’in­no­va­tion, tu as créé le Groupe tech­nique Ma­si. En quoi ce­la consiste-t-il?

Il s'agit d'un groupe d'ex­perts de dif­fé­rentes spé­cia­li­tés, de la vi­ti­cul­ture à l'oe­no­lo­gie et du la­bo­ra­toire au mar­ke­ting, qui ex­plore les tech­niques de vi­ti­cul­ture et de vi­ni­fi­ca­tion mo­dernes et fa­vo­rise la re­dé­cou­verte des cé­pages au­toch­tones et la ré­éva­lua­tion des mé­thodes tra­di­tion­nelles de vi­ni­fi­ca­tion, le tout se fai­sant en lien avec des uni­ver­si­tés et d'autres or­ga­nismes pro­fes­sion­nels.

Vous avez créé en cours de route le prix Ma­si Ci­vil­tà Ve­ne­ta, qui a don­né nais­sance en 1981 à la Fon­da­tion Ma­si et au Ma­si Ci­vil­tà del Vi­no. Tu peux nous en dire plus?

Il s'agit d'un évé­ne­ment an­nuel à l'ori­gine de nom­breuses ini­tia­tives cultu­relles et édi­to­riales qui ont élar­gi le prix pour ré­com­pen­ser des per­son­na­li­tés in­ter­na­tio­nales du monde vi­ti­cole et de ce­lui du pro­grès so­cial*. Très ac­tif dans la pro­mo­tion des vins ita­liens et vé­ni­tiens à l'échelle mon­diale, l'ami San­dro est le fon­da­teur de l'as­so­cia­tion Fa­milles Ama­rone, qui re­groupe douze pro­duc­teurs im­por­tants dans le but de pré­ser­ver l'ex­cel­lence et l'image de l'ama­rone à l'in­ter­na­tio­nal. Il s'im­plique aus­si dans la pres­ti­gieuse or­ga­ni­sa­tion hu­ma­ni­taire in­ter­na­tio­nale Grapes for Hu­ma­ni­ty, et il est le pré­sident de Fe­der­vi­ni, la pre­mière or­ga­ni­sa­tion pro­fes­sion­nelle en Ita­lie dans le do­maine du vin et des spi­ri­tueux. Il a par­ti­ci­pé à la créa­tion de Vi­ni­ta­ly, l'une des deux plus im­por­tantes foires vi­ti­coles dans le monde. Nom­mé Com­man­deur de la Ré­pu­blique ita­lienne, membre de l'Aca­dé­mie de la Vigne et du Vin, Ca­va­liere del La­vo­ro, il a re­çu en Al­le­magne le pres­ti­gieux prix Mei­nin­ger. Si la mai­son Ma­si est re­con­nue pour son ex­per­tise de l'ap­pas­si­men­to, ce n'est pas un ha­sard si San­dro Bos­cai­ni, homme de grande culture, aus­si cha­ris­ma­tique que dis­cret et mo­deste, est connu au­jourd'hui sous le nom de Mis­ter Ama­rone!

Raf­faele, San­dro et Ales­san­dra Bos­cai­ni

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