HO­RI­ZONS Dé­fi tech­no­lo­gique.

L’agent gé­né­ral compte lan­cer un site tran­sac­tion­nel d’ici 2017.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR JEAN- FRAN­ÇOIS BARBE FI

sans avoir à bou­ger le pe­tit doigt, Google, Ama­zon et Fa­ce­book font dé­jà des ra­vages dans l’in­dus­trie de l’as­su­rance.

En ef­fet, pas moins d’un consom­ma­teur sur cinq se dit prêt à ache­ter, dès main­te­nant, des pro­duits d’as­su­rance sur In­ter­net, à la condi­tion qu’ils soient ven­dus par un de ces géants de l’in­for­ma­tique ! C’est ce que ré­vèle un son­dage ef­fec­tué par Fu­jit­su au­près de 7 000 Eu­ro­péens ( http:// ti­ny.cc/2ebp­cy).

« Ma plus grande crainte, c’est que les Google et Ama­zon de ce monde viennent nous concur­ren­cer un jour au Qué­bec » , ad­met James McMa­hon, pré- sident de la di­vi­sion du Qué­bec du Groupe Fi­nan­cier Ho­ri­zons.

« Google et Ama­zon re­gorgent d’ar­gent. Ils sont très forts dans la col­lecte et l’in­ter­pré­ta­tion des grandes masses de don­nées sur les in­ter­nautes. Comme ils les connaissent très bien, ils peuvent de­van­cer les be­soins des consom­ma­teurs. »

PRENDRE SA PLACE SUR IN­TER­NET

Tou­te­fois, James McMa­hon pré­pare ac­ti­ve­ment la ré­plique au dé­fi des grandes tech­no­lo­gies nu­mé­riques, le plus im­por­tant pour l’in­dus­trie de l’as­su­rance de per­sonnes en ce dé­but de 21e siècle.

« On pense que d’ici cinq ans, de 25 à 30 % des af­faires en as­su­rance de per­sonnes se fe­ront sur le Web. Or, même si les au­to­ri­tés de ré­gle­men­ta­tion fer­maient la porte aux Google et Ama­zon, il fau­drait tout de même prendre sa place sur In­ter­net » , sou­ligne James McMa­hon.

Pour­quoi ? Parce que les consom­ma­teurs y sont dé­jà.

« C’est par­ti­cu­liè­re­ment le cas de la gé­né­ra­tion Y et de la sui­vante. Ces jeunes s’in­té­ressent da­van­tage au com­merce en ligne qu’au com­merce en bou­tiques. Si, dans un do­maine don­né, il n’existe pas d’ap­pli­ca­tions pour té­lé­phones in­tel­li­gents, ils dé­crochent. Et en as­su­rance de per­sonnes, nous avons col­lec­ti­ve­ment 10 ans de re­tard », ob­serve le pa­tron du Groupe Fi­nan­cier Ho­ri­zons au Qué­bec.

EN DEUX ÉTAPES

C’est pour­quoi les in­for­ma­ti­ciens du Groupe Ho­ri­zons tra­vaillent dur ac­tuel­le­ment. Leur tâche consiste à créer des ou­tils in­for­ma­tiques qui chan­ge­ront ra­di­ca­le­ment la fa­çon de vendre et d’ache­ter des pro­duits en as­su­rance de per­sonnes.

« On veut lan­cer un site tran­sac­tion­nel d’ici 2017. Et si tout se passe sans ani­croche, le lance- ment pour­rait même se faire d’ici la fin de l’an­née 2016 », pré­cise James McMa­hon.

Tou­te­fois, dans un pre­mier temps, le Groupe Ho­ri­zons veut mettre en place un nou­veau site Web pour les conseillers.

« Cer­tains as­su­reurs connaissent l’iden­ti­té des conseillers qui vi­sitent leurs sites. Par exemple, ils savent que le conseiller X au­rait dû cli­quer à une cer­taine zone du site, compte te­nu de son par­cours ini­tial. Pour­quoi ne l’a-t-il pas fait ? Manque-t-il d’in­for­ma­tions ? Pour le sa­voir, ils peuvent té­lé­pho­ner au conseiller X. C’est ce qu’on veut faire : un site in­tel­li­gent pour les conseil- lers de notre ré­seau », dit le pa­tron de l’agent gé­né­ral.

Dans un deuxième temps, Ho­ri­zon s lan­ce­ra un site Web tran­sac­tion­nel à l’in­ten­tion des consom­ma­teurs.

« Les gens pour­ront choi­sir des pro­duits et faire des achats. Mais tou­jours avec l’in­ter­ven­tion obli­ga­toire d’un conseiller », pré­cise James McMa­hon.

« On croit que même les pro­duits ap­pa­rem­ment simples ne le sont ja­mais au­tant qu’ils en ont l’air. La Tem­po­raire 10 ans ré­pond- el le vrai­ment aux be­soins de tous les consom­ma­teurs qui se­raient ten­tés de l’ache­ter sur In­ter­net ? Sû­re­ment pas. L’ana­lyse de be­soins du conseiller est es­sen­tielle », ré­sume-t-il.

S’INS­PI­RER DES MEILLEURES PRA­TIQUES

Il existe peu de pré­cé­dents en ma­tière de com­merce élec­tro­nique adap­té à l’as­su­rance de per­sonnes. James McMa­hon dé­plore d’ailleurs une cer­taine at­ti­tude gé­né­rale par rap­port aux in­évi­tables rup­tures cau­sées par les tech­no­lo­gies nu­mé­riques.

« Les choses com­mencent à se pla­cer. Par exemple, les consom­ma­teurs peuvent faire des achats en ligne chez Em­pire Vie. Mais nous sommes en­core trop nom­breux à mon­ter aux bar­ri­cades, comme des chauf­feurs de taxi ! » dit-il.

Le Groupe Fi­nan­cier Ho­ri­zons entre ain­si dans un ter­rain peu connu. Afin de li­mi­ter les risques, la com­pa­gnie compte s’ins­pi­rer des meilleures pra­tiques. « On sait, par exemple, que la

Banque TD a un très bon sys­tème de sol­li­ci­ta­tion par cour­riel. Ils ont conclu qu’ils ne doivent pas en­voyer plus de huit cour­riels par an­née à leurs clients, si­non, ceux­ci se sentent har­ce­lés. Mais dans une li­mite de huit cour­riels, les clients peuvent ré­pondre et s’en­ga­ger dans un pro­ces­sus d’achat », ex­plique James McMa­hon.

Le Groupe Fi­nan­cier Ho­ri­zons veut éga­le­ment mettre en ac­tion le po­ten­tiel de ses propres banques de don­nées.

« Au cours des ans, nous avons as­sem­blé beau­coup d’in­for­ma­tions nu­mé­riques. Nos bases de don­nées sont im­pres­sion­nantes. Nous pen­sons pou­voir uti­li­ser ces masses de don­nées de fa­çon créa­tive et of­frir des pro­duits mieux adap­tés aux be­soins des gens. »

Ho­ri­zons croit ain­si « être en me­sure, par l’en­tre­mise des conseillers, de re­joindre les consom­ma­teurs sur In­ter­net et de leur faire des offres ».

Tel est l’en­jeu de la ba­taille : la connais­sance de ce que veulent les consom­ma­teurs. Les Ama­zon et Google de ce monde ont pris de l’avance et ils at­tendent qu’on leur ouvre la porte.

« Mais nous, en as­su­rance de per­sonnes, nous avons la connais­sance du ter­rain et nos res­sources sont prêtes à en­trer en ac­tion » , pré­vient James McMa­hon.

On pense que d’ici cinq ans, de 25 à 30 % des af­faires en as­su­rance de per­sonnes se fe­ront sur le Web. — James McMa­hon

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