Et per­for­mantes.

Plu­sieurs géants conti­nuent de pro­fi­ter de leur ré­seau de dis­tri­bu­tion.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR FRÉ­DÉ­RIC ROY

bien que les banques aug­mentent leur part de mar­ché d’ac­tif en fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP) an­née après an­née, cer­taines so­cié­tés de FCP de niche conti­nuent d’aug­men­ter leur ac­tif sous ges­tion (ASG).

« Ces so­cié­tés se concentrent sur des sec­teurs d’ac­ti­vi­té que les grands ma­nu­fac­tu­riers ne couvrent qu’en sur­face. Ils offrent des so­lu­tions pré­cises pour des sec­teurs en de­mande », dit Dan Hal­lett, vice-pré­sident et as­so­cié chez HighView Fi­nan­cial Group.

Les hausses en pour­cen­tage de l’ASG, au dé­tail, sont d’ailleurs les plus im­por­tantes pour des so­cié­tés ayant moins de 15 fonds, dont Ly­san­der Funds, Ma­wer In­vest­ment Ma­na­ge­ment et Ges­tion de Pa­tri­moine Ed­ge­point.

Cette der­nière firme, créée en 2008 par d’an­ciens ges­tion­naires ou di­ri­geants de Tri­mark, offre seule­ment quatre por­te­feuilles. Ce­pen­dant, en trois ans, leur ASG a connu une pro­gres­sion de 254,8 % et at­teint main­te­nant 11 G$.

Leur stra­té­gie : une offre sim­pli­fiée de fonds qui doivent se main­te­nir dans le pre­mier quar­tile de leur ca­té­go­rie sur une longue pé­riode. Et ils réus­sissent. Ces fonds se classent bel et bien dans le pre­mier quar­tile sur une pé­riode de cinq ans, comme le montre le ta­bleau.

D’ailleurs, si on exa­mine les so­cié­tés qui se qua­li­fient dans le pre­mier quar­tile de leur ca­té­go­rie sur cinq ans, on constate que les pe­tites so­cié­tés in­dé­pen­dantes se dé­marquent.

Des firmes comme Ma­wer In- vest­ment Ma­na­ge­ment et Beu­tel, Good­man & Com­pa­ny, par exemple, qui se concentrent ma­jo­ri­tai­re­ment dans le mar­ché mo­né­taire ins­ti­tu­tion­nel, sont par­ve­nues à main­te­nir 75 % de leurs pro­duits dans le pre­mier quar­tile.

« Ma­wer a été vrai­ment constant à four­nir les ré­sul­tats es­comp­tés pen­dant plu­sieurs an­nées, alors ce n’est pas sur­pre­nant », ex­plique Dan Hal­lett.

Cette so­cié­té, qui dis­tri­bue di­rec­te­ment au pu­blic, a éga­le­ment des frais de ges­tion gé­né­ra­le­ment plus bas que les autres fonds, ajoute Ch­ris­tian Cha­rest, ré­dac­teur chez Mor­ning­star : « Nos ana­lystes donnent des cotes sub­jec­tives très éle­vées à cha­cun de leurs fonds ».

Par ailleurs, les per­for­mances de Ges­tion d’ac­tifs Ma­nu­vie peuvent s’ex­pli­quer en par­tie par le fait qu’il dis­tri­bue des fonds Ma­wer, re­nom­més sous la ban­nière de Ma­nu­vie, se­lon lui. Ma­wer agit comme sous-con­seiller pour 17 fonds de la so­cié­té.

À l’op­po­sé, le Groupe In­ves­tors, qui compte l’une des plus im­por­tantes gammes de pro­duits au pays, soit 795 FCP, n’a que 26 fonds si­tués dans le pre­mier quar­tile sur une pé­riode de cinq ans, soit une pro­por­tion de 3,3 %, la plus faible de notre sé­lec­tion de firmes.

L’autre géant, Fi­de­li­ty In­vest­ment Ca­na­da, réus­sit, pour sa part, à main­te­nir une qua­li­té de pro­duits et une offre va­riée, ce qui lui per­met d’ac­croître son ASG de ma­nière im­por­tante an­née après an­née pour at­teindre 99,3 G$ en 2016, une aug­men­ta­tion de 14,1 % en un an, d’après les don­nées re­cueillies par notre cher­cheur ( lire « Sous le ca­pot de la ma­chine Fi­de­li­ty », en page 22).

Les ana­lystes du sec­teur at­tri­buent éga­le­ment les bons ré­sul­tats de cer­taines so­cié­tés de FCP à une ten­dance de fond dans l’in­dus­trie, soit le trans­fert d’ac­tif vers des fonds ayant des sé­ries F à ho­no­raires, ou n’of­frant pas de com­mis­sions de sui­vi.

« Les frais sont très éle­vés, les ren­de­ments sont moyens et ce mode de dis­tri­bu­tion est en dé­clin. Nous le re­mar­quons pour des so­cié­tés de fonds comme Pla­ce­ments CI, Brid­ge­house, AGF et In­ves­co », ex­plique Ch­ris­tian Cha­rest.

Ces com­por­te­ments des conseillers et de cer­taines so­cié­tés se ré­per­cutent sur les ré­sul­tats qu’ob­tiennent ac­tuel­le­ment les so­cié­tés de fonds.

« Ce n’est pas né­ces­sai­re­ment lié aux fonds de ces firmes- là, donc pas né­ces­sai­re­ment à leur per­for­mance […] c’est da­van­tage lié à une ten­dance, un chan­ge­ment au ni­veau de la com­po­si­tion des por­te­feuilles, ajoute-t-il. Au lieu de faire af­faire avec un con­seiller qui va être payé à com­mis­sion, beau­coup de gens changent leur mode d’épargne, ils vont soit vers un cour­tier à es­compte ou vers un con­seiller ré­mu­né­ré par ho­no­raires. »

ROULEAU COMPRESSEUR BAN­CAIRE

Les an­nées se suivent et se res­semblent, et les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières aug­mentent tou­jours leurs ASG, ain­si que leurs parts de mar­ché ( lire « La dis­tri­bu­tion plus concen­trée que ja­mais », en page 23).

« Ils tirent pro­fit de leur ré­seau de dis­tri­bu­tion in­terne, mais éga­le­ment de leur ré­seau ex­terne, of­frant des ser­vices aux conseillers. Ils se servent main­te­nant de tous les ré­seaux dis­po­nibles, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ans », sou­tient Dan Hal­lett.

C’est au tour­nant des an­nées 2000 que les banques ca­na­diennes ont dé­ci­dé de dé­ve­lop­per leur ré­seau de dis­tri­bu­tion ex­terne, of­frant une vaste gamme de ser­vice s aux conseillers et aux ges­tion­naires de por­te­feuille, d’après lui.

Leurs va­ria­tions d’ASG sont

gé­né­ra­le­ment po­si­tives sur cinq ans, tel qu’en té­moignent les aug­men­ta­tions de BMO Fonds d’in­ves­tis­se­ment ( 37,8 %), Ges­tion de pla­ce­ments TD ( 62,7 %) ain­si que du plus im­por­tant ac­teur du sec­teur en terme d’ac­tif gé­ré, RBC Ges­tion mon­diale d’ac­tifs (40,3 %).

« Dans la grande ma­jo­ri­té des cas, c’est par le ré­seau de dis­tri­bu­tion des suc­cur­sales qu’ils ob­tiennent la ma­jo­ri­té de leur ac­tif, dit Ch­ris­tian Cha­rest. Ce ne sont ja­mais les meilleurs, ja­mais les pires non plus. Ça m’éton­ne­rait beau­coup qu’on voie des baisses d’ac­tif dans les so­cié­tés ban­caires au cours des pro­chaines an­nées. »

IN­DUS­TRIE EN TRANS­FOR­MA­TION

« Si le mar­ché des fonds com­muns est en tran­si­tion, c’est prin­ci­pa­le­ment en rai­son des chan­ge­ments en ma­tière de ré­gle­men­ta­tion. Et ce n’est pas ter­mi­né », sou­tient le ré­dac­teur chez Mor­ning­star.

Sui­vant ces pos­sibles mo­di­fi­ca­tions sur le plan de la ré­gle­men­ta­tion, du mou­ve­ment est à pré­voir dans les so­cié­tés au cours des pro­chaines an­nées, se­lon les ana­lystes.

« C’est pra­ti­que­ment cer­tain qu’il y au­ra d’autres ac­ti­vi­tés, comme des ac­qui­si­tions. Il est très dif fi­ci le de dé­ter­mi­ner quelles so­cié­tés pour­raient être tou­chées, ex­plique Dan Hal­lett. Par exemple, ça fait plus de 10 ans qu’on en­tend dire dans l’in­dus­trie qu’AGF pour­rait être ache­tée ou en­core être ache­teur. » ( Lire « Signes de vi­ta­li­té re­trou­vée chez AGF », en page 26)

Les ac­qui­si­tions font d’ailleurs par­tie de la stra­té­gie de cer­taines so­cié­tés de FCP, qui s’en servent pour croître plus ra­pi­de­ment.

« Si on prend l’exemple de Fie­ra, je suis cer­tain que la hausse de 79 % de son ac­tif [ dans les trois der­nières an­nées] s’ex­plique en bonne par­tie par les ac­qui­si­tions » , ajoute le vi­ce­pré­sident de HighView Fi­nan­cial Group.

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