Les fonds com­muns ont la cote.

Les clients for­tu­nés ain­si que leurs conseillers pré­fèrent les FCP aux ac­tions, aux fonds dis­tincts et aux FNB.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR TESSIE SANCI In­ves­tis­se­ment. Fi­nance et

bien que l’ac­cent de plus en plus pro­non­cé sur la di­vul­ga­tion des frais et l’offre de pro­duits moins coû­teux mettent de la pres­sion sur les fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP), ceux- ci res­tent le pro­duit de pla­ce­ment de choix, tant au­près des in­ves­tis­seurs que des conseillers en ser­vices fi­nan­ciers. Ce­pen­dant, des signes montrent que les fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB) les rat­trapent len­te­ment mais sû­re­ment.

En tout, un tiers ( 33 %) des Ca­na­diens in­ves­tit dans les FCP, ce qui rend ces pro­duits plus po­pu­laires que les ac­tions, les FNB et les fonds dis­tincts. Les fonds com­muns sont éga­le­ment le pro­duit de choix pour les Ca­na­diens qui ont un conseiller. Par­mi ces in­ves­tis­seurs, 46 % disent dé­te­nir des FCP, 27 %, des ac­tions, et 25 %, des cer­ti­fi­cats de pla­ce­ment ga­ran­ti ( CPG).

Ces ré­sul­tats sont ti­rés de la der­nière édi­tion de l’étude sur la Zone de confort fi­nan­cier, un son­dage pan­ca­na­dien ef­fec­tué au­près des consom­ma­teurs par Cre­do Consulting, de Mis­sis­sau­ga, en On­ta­rio, en par­te­na­riat avec le Groupe Fi­nance, de TC Media, qui pu­blie

Cette édi­tion du son­dage ana­lyse les pro­duits de pla­ce­ment les plus po­pu­laires chez les Ca­na­diens.

La pré­fé­rence des in­ves­tis­seurs et des conseillers pour les FCP n’a rien de sur­pre­nant, af­firme Hugh Mur­phy, di­rec­teur gé­né­ral de Cre­do Consulting : « Les fonds com­muns sont bien conçus pour of­frir im­mé­dia­te­ment [ aux in­ves­tis­seurs] une cer­taine di­ver­si­fi­ca­tion. Met­tant de cô­té toute la mi­gra­tion vers des comptes à ho­no­raires, ils pro­curent aux conseillers une ré­mu­né­ra­tion simple. C’est pour­quoi les conseillers ont été aus­si mo­ti­vés à uti­li­ser les fonds com­muns au fil du temps. »

La pos­si­bi­li­té de dé­lé­guer la su­per­vi­sion de fonds com­muns à des ges­tion­naires d’ex­pé­rience consti­tue éga­le­ment un avan­tage pour les conseillers, qui savent que l’on pren­dra soin de leurs clients sur le plan du pro­duit. Ce­la per­met aux conseillers de tra­vailler à leurs re­la­tions avec les clients, af­firme Sara Gil­bert, fon­da­trice de Stra­te­gist(e) Dé­ve­lop­pe­ment des af­faires.

De plus, le nombre de conseillers ac­cré­di­tés pour la vente de fonds com­muns joue in­con­tes­ta­ble­ment un rôle dans la do­mi­nance de ce type de pro­duit. Par exemple, au Qué­bec, près de 23 000 conseillers ont un per­mis de cour­tage en épargne col­lec­tive, se­lon le der­nier rap­port an­nuel de la Chambre de la sé­cu­ri­té fi­nan­cière ( CSF). De plus, se­lon le der­nier rap­port an­nuel de l’Or­ga­nisme ca­na­dien de ré­gle­men­ta­tion du com­merce des va­leurs mo­bi­lières ( OCRCVM), ce der­nier a au­to­ri­sé en­vi­ron 4 800 per­sonnes à exer­cer. Ces quelque 28 000 consei l lers dé­passent les 13 131 re­pré­sen­tants en as­su­rance de per­sonnes qui ont un per­mis au Qué­bec, se­lon le rap­port de la CSF.

Même les conseillers qui ont pour clients des per­sonnes à re­ve­nu éle­vé pré­fèrent les fonds com­muns : 57 % des Ca­na­diens à re­ve­nu éle­vé qui ont un conseiller disent in­ves­tir dans les fonds com­muns par rap­port à 38 % des Ca­na­diens qui ont un conseiller et in­ves­tissent dans les ac­tions.

Les per­sonnes à re­ve­nu éle­vé et leurs conseillers sont sus­cep­tibles de pro­fi­ter des prix concur­ren­tiels des sé­ries de fonds à ho­no­raire et des­ti­nés aux clients ins­ti­tu­tion­nels, af­firme Dan Hal­lett, vice- pré­sident et as­so­cié chez HighView Fi­nan­cial Group, à Oak­ville, en On­ta­rio.

La po­pu­la­ri­té gé­né­ra­li­sée des fonds com­muns est peut- être un fac­teur qui fait que les fonds dis­tincts conti­nuent à être en quelque sorte un pro­duit de niche, car seule­ment 5 % des par­ti­ci­pants son­dés et ayant un conseiller en dé­tiennent.

Sou­vent, de nom­breux conseillers qui vendent des fonds dis­tincts vendent éga­le­ment des fonds com­muns et se­raient plus en­clins à of­frir un fonds com­mun moins coû­teux, à moins qu’un client ait spé­ci­fi­que­ment be­soin d’un fonds dis­tinct, dit Dan Hal­lett.

Mal­gré la crois­sance du nombre de FNB et de leurs four­nis­seurs au Ca­na­da, seule­ment 5 % des Ca­na­diens sans conseiller comptent des FNB dans leur por­te­feuille, alors que ce chiffre monte lé­gè­re­ment et at­teint 6 % chez les Ca­na­diens qui ont un conseiller.

Néan­moins, des signes montrent que les vents pour­raient tour­ner. Bien que les ventes de FNB soient en­core moindres que celles des fonds com­muns, en fait, elles aug­mentent alors que les ventes de fonds com­muns dé­cé­lèrent.

Un exemple : des don­nées de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne des fonds né­go­ciés en Bourse (ACFNB) montrent que les ventes d’ac­tif net de FNB pour la pé­riode de neuf mois ter­mi­née le 30 sep­tembre ont été de 12,2 G$, une hausse par rap­port à 11,4 G$ pour la même pé­riode en 2015. Par contre, les ventes nettes de fonds com­muns ont été de 23,8 G$ pour la pé­riode de neuf mois ter­mi­née le 30 sep­tembre, une baisse si­gni­fi­ca­tive par rap­port aux ventes d’ac­tif net de 49,8 G$ pour la pé­riode cor­res­pon­dante un an plus tôt, se­lon les don­nées de l’Ins­ti­tut des fonds d’in­ves­tis­se­ment du Ca­na­da ( IFIC).

La plus grande prise de conscience des frais d’in­ves­tis­se­ment par les clients sti­mu­le­ra l’aug­men­ta­tion d’uti­li­sa­tion des FNB, re­marque Hugh Mur­phy, qui ajoute qu’une par­tie de la po­pu­la­tion ap­pré­cie­ra da­van­tage ces pro­duits.

« À me­sure que la po­pu­la­tion vieilli­ra et ap­pro­che­ra de la re­traite, dit-il, [ elle] s’in­té­res­se­ra à son bien-être fi­nan­cier, ce qui in­clut de se concen­trer sur la di­rec­tion prise par l’ar­gent. »

Une aug­men­ta­tion du nombre de conseillers qui offrent des FNB pour­rait en­core plus sti­mu­ler les ventes de ces pro­duits. L’adop­tion des FNB par le sec­teur des fonds com­muns de l’in­dus­trie a été très lente, et les cour­tiers en fonds com­muns et leurs conseillers at­tendent en­core des normes fi­nales concer­nant les normes de com­pé­tence

mi­ni­males exi­gées pour la vente de FNB.

Dès que ces pro­duits de­vien­dront da­van­tage dis­po­nibles pour les conseillers, Dan Hal­lett s’at­tend à une aug­men­ta­tion sup­plé men­taire du nombre de conseillers qui vendent des FNB, car ceux- ci doivent prendre le temps de bien connaître ces pro­duits.

Aus­si po­pu­laires que les FNB puissent de­ve­nir, les fonds com­muns ne se­ront pas évin­cés de si­tôt. Se­lon Sara Gil­bert, « il y au­ra tou­jours des pro­duits plus brillants. Ac­tuel­le­ment, il y a les FNB et il y a quelques an­nées, il y avait les fi­du­cies de pla­ce­ment im­mo­bi­lier ( FPI). Il est im­por­tant que les conseillers sur­veillent ces nou­veaux pro­duits, ce­pen­dant, ils ne consti­tue­ront ja­ma is la ma­jeure par­tie du por­te­feuille d’un client. »

Dan Hal­lett ajoute : « Les fonds com­muns se­ront des pro­duits

do­mi­nants pen­dant un bon mo­ment, juste parce qu’ils sont dé­jà si im­po­sants ».

En plus de leur énorme em­prise sur le mar­ché, les fonds com­muns évo­luent face à la pres­si on crois­sante de pro­duits moins coû­teux tels que les FNB. En fait, un nombre gran­dis­sant de firmes de ges­tion d’ac­tif ré­duisent les frais de leurs fonds com­muns et offrent des avan­tages tels qu’un ta­rif pré­fé­ren­tiel au­to­ma­tique pour les plus hauts ni­veaux d’ac­tif sous ad­mi­nis­tra­tion, re­marque Dan Hal­lett.

L’étude en ligne sur la Zone de confort fi­nan­cier a son­dé plus de 13 000 Ca­na­diens. Le son­dage vise à ex­plo­rer les re­la­tions entre le con­seil fi­nan­cier, le bien- être fi­nan­cier et la sa­tis­fac­tion glo­bale de la vie dans la so­cié­té ca­na­dienne. Les Ca­na­diens sont son­dés tous les mois, et le nombre de per­sonnes son­dées aug­men­te­ra chaque mois.

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