Por­te­feuille pour ba­by- boo­mers.

Yan Mec­ca, de Qua­drus, mise sur des pla­ce­ments peu vo­la­tils qui s’ap­puient sur des re­ve­nus en di­vi­dende pour sa clien­tèle de 55 ans et plus.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO

Entre trois fonds qui donnent un ren­de­ment égal, je vais tou­jours choi­sir le moins vo­la­til.

— Yan Mec­ca

les be­soins par­ti­cu­liers des ba­by- boo­mers dé­ter­minent la phi­lo­so­phie de pla­ce­ment d’Yan Mec­ca, re­pré­sen­tant en épargne col­lec­tive et conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière chez Ser­vices d’in­ves­tis­se­ment Qua­drus.

« Ce sont les gens de plus de 55 ans qui dé­tiennent l’ar­gent au­jour d’hui, et c’est dans ce groupe que se trouve l’es­sen­tiel de ma clien­tèle », ob­serve-t-il.

En tant qu’in­ves­tis­seurs, ces clients, membres de la gé­né­ra­tion du ba­by- boom, ont connu trois dé­con­fi­tures bour­sières ma­jeures : le krach de 1987, l’écla­te­ment tech­no de 2000 et la crise fi­nan­cière de 2007-2008.

« Les ci­ca­trices sont en­core là, et le temps se me­sure de fa­çon plus ser­rée pour eux », sou­ligne le conseiller. Ce­la guide les deux prin­cipes à la base de l’ap­proche du conseiller.

Pre­mier prin­cipe : mi­ser le plus pos­sible sur des pla­ce­ments qui payent des re­ve­nus ré­gu­liè­re­ment, es­sen­tiel­le­ment des di­vi­dendes d’ac­tions. « Un gain en ca­pi­tal, ça peut se perdre vite, mais un ren­de­ment en di­vi­dende, on ne peut pas nous l’en­le­ver », fait-il re­mar­quer.

Deuxième prin­cipe : mi­ni­mi­ser la vo­la­ti­li­té, en pri­vi­lé­giant des fonds qui s’ex­posent à des risques plus faibles que leur in­dice de ré­fé­rence ou que leurs concur­rents.

Les titres à di­vi­dende sa­tis­font cet im­pé­ra­tif « en étant ty­pi­que­ment moins vo­la­tils. Entre trois fonds qui donnent un ren­de­ment égal, je vais tou­jours choi­sir le moins vo­la­til ».

« Je crois qu’une ap­proche plus pru­dente, axée sur le contrôle du risque, est de la pre­mière im­por­tance. Évi­dem­ment, je vais te­nir un dis­cours un peu dif­fé­rent aux en­fants de ces clients, mais je vais quand même leur al­louer une pon­dé­ra­tion so­lide en titres à di­vi­dende. »

Ain­si, Yan Mec­ca pro­pose trois fonds qui oc­cupent sou­vent une place pri­vi­lé­giée dans ses por­te­feuilles.

1. FONDS DE RE­VE­NU CA­NA­DIEN SENTRY – SÉ­RIE A

Ma­nu­fac­tu­rier : Sentry In­ves­tis­se­ments Créa­tion : fé­vrier 2002 Ac­tif sous ges­tion ( ASG) :

5,7 G$ (au 31 août 2016) Ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) : 2,37 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis 10 ans : 8,2 %

« J’uti­lise ce fonds de­puis que je me suis lan­cé en af­faires il y a 13 ou 14 ans, si­gnale Yan Mec­ca. Il est bon, so­lide, et il pré­sente un très bon his­to­rique. Je com­prends que c’est le vais­seau ami­ral de Sentry. » L’avan­tage de ce fonds, c’est qu’il ré­siste bien aux baisses bour­sières. « La meilleure fa­çon de faire de l’ar­gent, c’est de tâ­cher d’en perdre le moins pos­sible », rap­pelle le conseiller. Ce fonds pré­sente un bê­ta de 0,43, ce qui veut dire que dans un mar­ché bais­sier, son flé­chis­se­ment se­ra moindre de 60 %.

Le man­dat du ges­tion­naire lui per­met d’in­ves­tir jus­qu’à 49 % du por­te­feuille à l’ex­té­rieur du Ca­na­da. Ac­tuel­le­ment, près de 39 % du por­te­feuille est pla­cé aux États-Unis, et le reste au Ca­na­da. « Pour­tant, on n’y trouve pas une seule banque ca­na­dienne, pas de Ro­gers, pas de Te­lus. Il ne re­pro­duit pas l’in­dice S& P/ TSX, une par­ti­cu­la­ri­té im­por­tante. »

Cette struc­ture peu or­tho­doxe a mer­veilleu­se­ment ser­vi les in­ves­tis­seurs en 2015, une an­née où le S& P/TSX a bais­sé d’en­vi­ron 8 %. Le fonds Sentry, pour sa part, a en­re­gis­tré une hausse mince, mais po­si­tive de 0,12 %.

De plus, l’es­sen­tiel des titres, tant au Ca­na­da qu’aux ÉtatsU­nis, se trouve dans les biens es­sen tiels. « Pas de Google ou de Fa­ce­book ici, sou­ligne Yan Mec­ca. On est dans le vrai in­ves­tis­se­ment, dans les fon­da­men­taux de l’éco­no­mie. Et tous les titres pro­curent un ren­de­ment en di­vi­dende. »

Ali­men­ta­tion Couche-Tard, Re­pu­blic Ser­vices, Oracle Cor­po­ra­tion et Uni­ted Par­cel Ser­vice ( UPS) fi­gurent par­mi les prin­ci­paux titres en por­te­feuille ( au 31 août 2016). Le sec­teur des pro­duits in­dus­triels, avec une pro­por­tion de 20,9 %, est pri­vi­lé­gié. Suivent ceux de l’éner­gie (13,7 %), de la consom­ma­tion de base ( 9,8 %) et de l’im­mo­bi­lier ( 9,8 %).

Le ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) s’éta­blis­sait à 2,7 % en­core ré­cem­ment, mais il a été abais­sé à 2,37 %, nous as­sure Yan Mec­ca, même si le site In­ter­net de Sentry in­dique en­core un RFG de 2,7 %. « Je n’avais pas de dif­fi­cul­té à le pro­po­ser à 2,7 %, mais à 2,37 %, c’est en­core mieux, dit-il. Le coût [ les frais] est seule­ment un pro­blème en l’ab­sence de va­leur. Ici, de la va­leur, il y en a. »

2. FONDS MAN­DAT PRI­VÉ FIDELITY RÉ­PAR­TI­TION DE L’AC­TIF – B SÉ­RIE

Ma­nu­fac­tu­rier : Fidelity In­vest­ments Ca­na­da Créa­tion : Dé­cembre 2011 ASG : 1,09 G$ (au 31 juillet 2016) RFG : 2,13 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 7,78 % (au 30 sep­tembre 2016)

Nous sommes ici dans les fon­da­tions d’un por­te­feuille, juge Yan Mec­ca. « C’est le che­val de trait que je mets au tra­vail pour mes clients plus for­tu­nés », dit-il. En ef­fet, ce fonds re­quiert un in­ves­tis­se­ment ini­tial d’au moins 150 000 $.

Il s’agit aus­si d’un fonds de fonds, dont la com­po­si­tion re­groupe 10 autres fonds de Fidelity. Les prin­ci­paux sont les fonds d’obl igat ions ca­na­diennes (17,5 %), d’ac­tions ca­na­diennes (13,7 %), d’obli­ga­tions mon­diales (13,2 %) et de mar­ché mo­né­taire ( 8,9 %). Par­ti­cu­la­ri­té in­té­res­sante, on y trouve aus­si une part de contrats à terme, d’op­tions et de swaps, à hau­teur de 3,7 %, ain­si que d’obli­ga­tions amé­ri­caines à ren­de­ment éle­vé (2,4 %).

Ce fonds pré­sente un style de ges­tion qui s’ap­pa­rente à un fonds de pen­sion, pense Yan Mec­ca, et son prin­cipe do­mi­nant est la pru­dence.

« Il est de style conser­va­teur, avec une si­gna­ture équi­li­brée 50- 50, et je ne crains pas d’y mettre l’es­sen­tiel du por­te­feuille d’un client for­tu­né. Et en rai­son de son point d’équi­libre cen­tral, je peux le faire bas­cu­ler un peu pour l’ame­ner à 60/40, par exemple. »

En fait, on peut fa­ci­le­ment ne dé­te­nir que ce fonds, car il est très bien di­ver­si­fié, sou­tient le conseiller. Ce­pen­dant, Yan Mec­ca pré­fère le re­te­nir comme axe cen­tral d’un por­te­feuille, en lui don­nant des « com­plé­ments » au goût du client.

« J’aime bien une ap­proche 80-20, avance-t-il. Ce fonds peut oc­cu­per 80 % du por­te­feuille, et je vais al­louer les 20 % res­tants à deux autres fonds, se­lon la pré­fé­rence du client, dans les ma­tières pre­mières, par exemple, ou dans un fonds im­mo­bi­lier. »

Les pro­duits dé­ri­vés, qui n’ont ja­mais comp­té pour plus de 5 % du por­te­feuille du fonds, sont une com­po­sante utile « dans un monde à faible taux de ren­de­ment », sou­ligne Yan Mec­ca. Ils consti­tuent un ins­tru­ment à la fois de ré­sis­tance à la baisse et de pro­pul­sion à la hausse, ce à quoi s’ajoute l’avan­tage de ré­duire un peu plus la cor­ré­la­tion à l’in­dice de ré­fé­rence.

3. FONDS FIDELITY SI­TUA­TIONS – B SPÉ­CIALES SÉ­RIE

Ma­nu­fac­tu­rier : Fidelity In­vest­ments Ca­na­da Créa­tion : avril 2007 ASG : 1 G$ (toutes les sé­ries, au 31 oc­tobre 2016) RFG : 2,27 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 13,9 % (au 30 sep­tembre 2016)

Ce fonds re­pré­sente la par­tie plus aven­tu­reuse d’un por­te­feuille.

« Ce ges­tion­naire aime les si­tua­tions plus cor­sées, com­mente Yan Mec­ca. Il cherche les si­tua­tions de re­tour­ne­ment : chan­ge­ment de lea­der­ship, re­vi­re­ments de mar­ché, vo­la­ti­li­té des in­trants. Si les prix du pé­trole s’amé­liorent, par exemple, il va ache­ter le titre d’une so­cié­té de trans­port. »

Ce n’est pas un che­val de trait, mais un éta­lon. Il est ner­veux : son aper­çu in­dique un ni­veau de risque « éle­vé ». Et fou­gueux : le rythme des tran­sac­tions im­pose au por­te­feuille un rou­le­ment an­nuel de l’ordre de 300 à 400 %. Ra­pide : son ren­de­ment an­nuel com­po­sé de­puis sa créa­tion en 2007 s’élève à 13,9 %. En 2015, quand le S& P/TSX plon­geait de 8 % ce pur­sang fran­chis­sait le fil d’ar­ri­vée avec un ren­de­ment de 9,2 %.

On ne s’étonne pas qu’un tel cour­sier ait « bat­tu 93 % de ses pairs au cours des trois der­nières an­nées », sou­ligne Yan Mec­ca.

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