Confu­sion sur la ré­mu­né­ra­tion.

Les clients qui se sentent dé­lais­sés risquent de chan­ger de conseiller.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR TESSIE SANCI

ALORS QUE LES CLIENTS CA­na­diens com­men­ce­ront à re­ce­voir les nou­veaux rap­ports obli­ga­toires de per­for­mance et de frais au dé­but de 2017, les reche rches montrent qu’une grande confu­sion règne par­mi les Ca­na­diens concer­nant ce qu’ils paient pour leurs pla­ce­ments. De plus, un grand nombre d’entre eux af­firment ne payer au­cuns frais.

D’après la plus ré­cente édi­tion du son­dage sur la Zone de con­fort fi­nan­cier, plus de la moi­tié ( 59 %) des Ca­na­diens son­dés disent qu’au­cune com­mis­sion de sui­vi ne leur est fac­tu­rée, et 26 % d’entre eux ne sont pas sûrs de payer ce type de frais.

« Seule­ment 16 % ré­pondent “Oui, mon conseiller en ser­vices fi­nan­ciers tire sa ré­mu­né­ra­tion des com­mis­sions de sui­vi”, alors que l’on sait qu’une par­tie sub­stan­tielle du mar­ché du pla­ce­ment uti­lise les fonds com­muns », re­marque Hugh Mur­phy, di­rec­teur gé­né­ral de Cre­do Consul­ting, de Mis­sis­sau­ga, en On­ta­rio.

Un pour­cen­tage si­gni­fi­ca­tif ( 23 %) des in­ves­tis­seurs ca­na­diens va jus­qu’à dire qu’on ne lui fac­ture rien du tout pour les ser­vices fi­nan­ciers pro­fes­sion­nels qu’ils re­çoivent. Au Qué­bec, ce pour­cen­tage at­teint même 39 % des ré­pon­dants.

Ces ré­sul­tats sont ti­rés de la der­nière édi­tion du son­dage pan­ca­na­dien me­né au­près des consom­ma­teurs par Cre­do en par­te­na­riat avec le Groupe Fi­nance, de TC Me­dia, qui pu­blie Fi­nance et In­ves­tis­se­ment.

Cette édi­tion ser­vi­ra d’étude com­pa­ra­tive ini­tiale de l’opi­nion des in­ves­tis­seurs concer­nant les frais de pla­ce­ment, les ser­vices et la va­leur ap­por­tée par les conseillers en ser­vices fi­nanc iers, avant que les re­le­vés re­quis en ver­tu de la deuxième phase du Mo­dèle de re­la­tion client- conseiller ( MRCC 2) ne soient en­voyés aux clients. Les Ca­na­diens se­ront son­dés tout au long de 2017 pour dé­ter­mi­ner si leurs opi­nions changent après la ré­cep­tion de ces re­le­vés qui ré­vé- le­ront en dol­lars ce qu’ils paient pour leurs va­leurs mo­bi­lières.

Si les conseillers croient que leurs clients ignorent la ma­nière dont ils sont ré­mu­né­rés, ils ont be­soin de ren­con­trer les clients et de le leur ex­pli­quer clai­re­ment, af­firme Rob Ko­chel, vice- pré­sident de la fi­liale de con­seil d’In­ves­co Ca­na­da, de To­ron­to.

Des frais in­at­ten­dus et in­ex­pli­qués se­raient la pre­mière rai­son pour la­quelle les in­ves­tis­seurs ca­na­diens per­draient confiance en leur conseiller, se­lon Rob Ko­chel, qui cite la re­cherche d’In­ves­co sur les at­tentes des in­ves­tis­seurs.

Le de­gré de confiance des Ca­na­diens dans leur conseiller est un autre élé­ment clé de la Zone de con­fort fi­nan­cier. Lors­qu’on a de­man­dé aux in­ves­tis­seurs de qua­li­fier leur conseiller, 45 % des par­ti­ci­pants au son­dage ont ré­pon­du « digne de confiance », et 44 %, « hon­nête ».

Hugh Mur­phy étu­die­ra les éven­tuels chan­ge­ments de per­cep­tion des in­ves­tis­seurs concer­nant la fia­bi­li­té et l’hon­nê­te­té de leur conseiller après l’ap­pli­ca­tion du MRCC 2.

« Je pense que [ l’opi­nion des in­ves­tis­seurs] pour­rait être [ moins po­si­tive] s’ils se sentent dé­lais­sés, dit Hugh Mur­phy. Si les conseillers com­mu­niquent ef­fi­ca­ce­ment sur les ques­tions liées au MRCC 2, il est pos­sible que les in­ves­tis­seurs ne changent pas d’opi­nion concer­nant ces qua­li­tés des conseillers. »

On a éga­le­ment de­man­dé aux in­ves­tis­seurs de qua­li­fier la va­leur ap­por­tée par les ser­vices du conseiller. Moins d’un quart ( 21,4 %) des par­ti­ci­pants au son­dage ont qua­li­fié d’« ex­cel­lente va­leur » les conseils fi­nan­ciers qu’ils re­çoivent, et plus de la moi­tié ( 57,5 %), de « bonne va­leur ».

Moins d’un cin­quième (16 %) consi­dèrent qu’ils re­çoivent une « juste va­leur », et 5,2 % se de­mandent même pour­quoi ils paient pour les ser­vices de leur conseiller. Hugh Mur­phy consi­dère que les clients de ces deux der­nières ca­té­go­ries sont si­tués dans une « zone de chan­ge­ment » dans la­quelle il existe une forte pos­si­bi­li­té qu’ils soient ten­tés de chan­ger de conseiller.

Sa­ra Gil­bert, fon­da­trice de Stra­te­gist( Dé­ve­lop­pe­ment des af­faires, pousse plus loin la qua­li­fi­ca­tion de la « zone de chan­ge­ment ». Ceux qui disent que leur conseiller leur ap­porte une juste va­leur ou ne vaut pas les frais qu’ils paient chan­ge­ront cer­tai­ne­ment de conseiller dès qu’ils re­ce­vront les re­le­vés re­quis par le MRCC 2, af­firme-t- elle. Et ceux qui qua­li­fient les ser­vices de leur conseiller de bonne va­leur sont ou­verts à com­mu­ni­quer avec d’autres conseillers.

« Ce­la si­gni­fie qu’il suf­fit qu’un autre conseiller montre que ses ser­vices offrent da­van­tage de vale ur pour qu’il soit pos­sible que les in­ves­tis­seurs changent de conseiller. »

L’étude de Cre­do four­nit aux conseillers un aper­çu de ce que les in­ves­tis­seurs se­ront dis­po­sés à payer pour le tra­vail des conseillers. On a de­man­dé aux par­ti­ci­pants au son­dage de di­vi­ser un mon­tant fic­tif de 100 $ entre dive rs ser­vices en fonc­tion de l’im­por­tance qu’ils ac­cordent à chaque ser­vice.

La ges­tion du pla­ce­ment est ar­ri­vée en tête, les in­ves­tis­seurs lui ac­cor­dant en moyenne 39,80 $, sui­vie par la pla­ni­fi­ca­tion de la re­traite, qui a re­çu en moyenne 22,10 $.

Les autres ser­vices sui­vaient loin der­rière avec une im­por­tance moindre, alors que les in­ves­tis­seurs ac­cor­daient moins de 8 $ à l’in­for­ma­tion et l’édu­ca­tion, la pla­ni­fi­ca­tion fis­cale, la bud­gé­ti­sa­tion, la pla­ni­fi­ca­tion des dé­penses im­por­tantes, la pla­ni­fi­ca­tion suc­ces­so­rale, la cou­ver­ture d’as­su­rance, le fi­nan­ce­ment de la for­ma­tion, les soins aux per­sonnes âgées, et les dons de bien­fai­sance.

La po­pu­la­ri­té de la pla­ni­fi­ca­tion de la re­traite n’est pas sur­pre­nante, se­lon Sa­ra Gil­bert, qui l’at­tri­bue à une po­pu­la­tion consi­dé­rable de ba­by- boo­mers. « Les ba­by-boo­mers voient ar­ri­ver la re­traite dans quelques an­nées, ils voient leurs pa­rents [à cette étape de la vie], et cer­tains de ces pa­rents ont des dif­fi­cul­tés à payer ce dont ils ont be­soin », dit Sa­ra Gil­bert.

Alors que les ba­by- boo­mers com­mencent à en­trer dans une phase de dé­cais­se­ment de leur ca­pi­tal, il faut s’at­tendre à une aug­men­ta­tion de l’im­por­tance de la pla­ni­fi­ca­tion fis­cale à me­sur e que les clients se de­man­de­ront si les conseillers pour­ront les ai­der à re­ti­rer leurs fonds de re­traite d’une ma­nière fis­ca­le­ment avan­ta­geuse, af­firme Rob Ko­chel.

« Je pense que la fis­ca­li­té va de­ve­nir un point plus im­por­tant pour quan­ti­fier et qua­li­fier la va­leur ap­por­tée par un conseiller », ajoute-t-il.

L’étude en ligne sur la Zone de con­fort fi­nan­cier a son­dé plus de 14 000 Ca­na­diens. Le son­dage vise à ex­plo­rer les re­la­tions entre le con­seil fi­nan­cier, le bien- être fi­nan­cier et la sa­tis­fac­tion glo­bale de la vie dans la so­cié­té ca­na­dienne. Les Ca­na­diens sont son­dés tous les mois, et le nombre de per­sonnes son­dées aug­men­te­ra chaque mois.

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