À l’ère du po­pu­lisme.

Plu­sieurs sec­teurs de­vraient pro­fi­ter de l’ef­fet Trump.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR FRAN­ÇOIS NOR­MAND

vote en fa­veur du brexit, élec­tion de Do­nald Trump : le po­pu­lisme monte en force dans le monde. Les épar­gnants peuvent s’y adap­ter en dé­ployant des stra­té­gies tant of­fen­sives que dé­fen­sives.

De nom­breux fac­teurs ex­pliquent cette vague de po­pu­lisme, comme les f lux mi­gra­toires in­con­trô­lés et la hausse des in­éga­li­tés de re­ve­nus. La li­bé­ra­li­sa­tion du com­merce in­ter­na­tio­nal et la concur­rence de la Chine sont aus­si poin­tées du doigt par les Do­nald Trump de ce monde.

D’ailleurs, la prin­ci­pale consé­quence de la mon­tée du po­pu­lisme est la re­cru­des­cence du pro­tec­tion­nisme.

MI­SER SUR LES IN­FRA­STRUC­TURES

Les in­ves­tis­seurs peuvent tou­te­fois ti­rer pro­fit de cette si­tua­tion en aug­men­tant ou en ré­dui­sant leur ex­po­si­tion à cer­tains sec­teurs.

En outre, les par­tis po­pu­listes mettent tous l’ac­cent sur l’éco­no­mie na­tio­nale. Cette stra­té­gie se tra­duit par une hausse des dé­penses en in­fra­struc­tures. Le pro­gramme éco­no­mique de Do­nald Trump en est un bon exemple.

C’est pour­quoi Serge Pé­pin, spé­cia­liste des ac­tions eu­ro­péennes chez BMO Ges­tion mon­diale d’ac­tifs, juge qu’in­ves­tir dans les en­tre­prises liées aux tra­vaux d’in­fra­struc­tures peut être une bonne stra­té­gie of­fen­sive.

« Ce do­maine pren­dra de l’am­pleur si Do­nald Trump donne suite à ses pro­messes », dit-il.

Aux États-Unis, trois sec­teurs de­vraient at­ti­rer l’at­ten­tion des épar­gnants, se­lon Mi­chel Dou­cet, vice- pré­sident et ges­tion­naire de por­te­feuille chez Va­leurs mo­bi­lières Des­jar­dins : les in­fra­struc­tures ; les banques et les as­su­reurs ( en rai­son de la hausse an­ti­ci­pée des taux d’in­té­rêt) ; et les soins de la san­té.

« La vo­lon­té de l’ad­mi­nis­tra­tion Trump d’ac­croître les in­ves­tis­se­ments en in­fra­struc­tures de­vrait être bé­né­fique à court et moyen terme pour les so­cié­tés d’in­gé­nie­rie comme WSP », dit-il.

À long terme, les in­dus­trielles comme Ca­ter­pillar, Cum­mins et Ge­ne­ral Elec­tric de­vraient aus­si en pro­fi­ter, se­lon lui. Une ac­cé­lé­ra­tion de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique aux États- Unis se­ra éga­le­ment bé­né­fique aux trans­por­teurs fer­ro­viair es tels que Ca­na­dien Na­tio­nal, Ca­na­dien Pa­ci­fique et Union Pa­ci­fique Cor­po­ra­tion.

D’AUTRES SEC­TEURS GA­GNANTS

Par ailleurs, la hausse pré­vue des taux d’in­té­rêt se­ra une bouf­fée d’oxy­gène pour les as­su­reurs vie comme Fi­nan­cière Ma­nu­vie, Fi­nan­cière Sun Life et MetLife.

« L’ac­cen­tua­tion de la pente des ren­de­ments ain­si que l’ac­cé­lé­ra­tion de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique de­vraient sti­mu­ler les ré­sul­tats des banques amé­ri­caines et des banques canadiennes qui ont une bonne pré­sence amé­ri­caine », sou­ligne Mi­chel Dou­cet.

Par­mi les ins­ti­tu­tions amé­ri­caines, il es­time que JPMor­gan Chase, Wells Far­go ou Bank of Ame­ri­ca sont bien po­si­tion­nées. Cô­té ca­na­dien, il re­com­mande des banques comme la TD, la Royale et BMO.

Quant au sec­teur de la san­té, les mo­di­fi­ca­tions pro­je­tées à l’Oba­ma­care pour­raient nuire à des four­nis­seurs de soins, tels que les hô­pi­taux, se­lon Mi­chel Dou­cet.

« Nous pri­vi­lé­gions donc des dis­tri­bu­teurs et des bio­techs », dit-il. In­ves­tir dans un fonds in­di­ciel comme le Gug­gen­heim In­vest S& P 500 Equal Weight Health Care ETF ( RYH) peut aus­si être une bonne stra­té­gie, dit-il.

Pour sa part, Guy Cô­té, ges­tion­naire de por­te­feuille et pre­mier vice-pré­sident à la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, croit que le sec­teur amé­ri­cain de la dé­fense offre un bon po­ten­tiel. Do­nald Trump a l’in­ten­tion de dou­bler le bud­get mi­li­taire à 1 000 G$ US.

« C’est cer­tain que ce sec­teur­là va de­ve­nir ex­trê­me­ment in­té­res­sant » , af­firme Guy Cô­té, qui croit que Lock­heed Mar­tin est bien pla­cée pour pro­fi­ter de cet es­sor.

Se­lon lui, le sec­teur in­dus­triel amé­ri­cain se­ra éga­le­ment fa­vo­ri­sé par la po­li­tique de l’ad­mi­nis­tra­tion Trump vi­sant à main­te­nir – et même à ra­pa­trier – des em­plois ma­nu­fac­tu­riers aux États-Unis.

« Les pe­tites ca­pi­ta­li­sa­tions et le sec­teur in­dus­triel bé­né­fi­cie­ront des me­sures Trump, c’est sûr et cer­tain », af­firme le ges­tion­naire.

Il cite l’exemple du fa­bri­cant d’équi­pe­ments d’air cli­ma­ti­sé Car­rier, en In­dia­na. À la fin de no­vembre, Do­nald Trump a convain­cu l’en­tre­prise de ne pas dé­lo­ca­li­ser 1 000 em­plois. Guy Cô­té pré­voit que d’autres en­tre­prises es­saie­ront d’ob­te­nir des aides de l’État ( cré­dit à la R-D, fis­ca­li­té, etc.) comme Car­rier.

Pour s’ex­po­ser à ce sec­teur, il sug­gère d’in­ves­tir dans un fonds né­go­cié en Bourse qui re­pro­duit l’in­dice des so­cié­tés de pe­tite ca­pi­ta­li­sa­tion Rus­sell 2000.

STRA­TÉ­GIES DÉ­FEN­SIVES

En ce qui a trait aux stra­té­gies dé­fen­sives, Serge Pé­pin juge que les so­cié­tés de com­merce de dé­tail et les en­tre­prises de ser­vices pu­blics peuvent bé­né­fi­cier d’un cer­tain ni­veau de pro­tec­tion­nisme.

Par contre, si des pays fixent des bar­rières com­mer­ciales trop contrai­gnantes ( comme des ta­rifs doua­niers éle­vés), ce­la au­ra un ef­fet né­ga­tif, as­sure-t-il.

« La mon­dia­li­sa­tion ap­porte des bé­né­fices aux ci­toyens. Si une éco­no­mie se re­ferme et di­mi­nue ses re­la­tions, elle pour­rait connaître des pro­blèmes éco­no­miques as­sez sé­rieux » , sou­tient-il.

Pour Mi­chel Dou­cet, d’un point de vue dé­fen­sif aux ÉtatsU­nis, les épar­gnants de­vraient ré­duire leur ex­po­si­tion aux sec­teurs par­ti­cu­liè­re­ment sen­sibles à la re­mon­tée des taux d’in­té­rêt, tels que les fonds de pla­ce­ment im­mo­bi­lier, les ser­vices pu­blics et la consommation de base.

Par ailleurs, si les mul­ti­na­tio­nales peuvent pâ­tir de me­sures pro­tec­tion­nistes, les pe­tites ca­pi­ta­li­sa­tions – concen­trées sur leur mar­ché na­tio­nal – de l’in­dice Rus­sell 2000 de­vraient « pro­fi­ter d’un en­vi­ron­ne­ment plus clé­ment », af­firme Mi­chel Dou­cet.

Pour sa part, Guy Cô­té es­time que les épar­gnants en mode dé­fen­sif doivent te­nir compte du fait que les po­li­tiques éco­no­miques de l’ad­mi­nis­tra­tion Trump fa­vo­ri­se­ront l’in­fla­tion et l’ap­pré­cia­tion du dol­lar amé­ri­cain. Il re­com­mande donc d’avoir plus d’ac­tifs en dol­lar amé­ri­cain.

Se­lon lui, les épar­gnants de­vraient mi­ser sur des obli­ga­tions à plus courte du­ra­tion (cinq ans maxi­mum) en rai­son de la hausse an­ti­ci­pée des taux d’in­té­rêt (quand les taux d’in­té­rêt aug­mentent, le prix des obli­ga­tions di­mi­nue).

Les pe­tites ca­pi­ta­li­sa­tions et le sec­teur in­dus­triel bé­né­fi­cie­ront des me­sures Trump. — Guy Cô­té

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