« La marche est haute »

Finance et Investissement - - PRODUITS ET ASSURANCE - - JEAN- FRAN­ÇOIS BARBE

Est- il pos­sible de s’ins­pi­rer de l’as­su­rance au­to­mo­bile afin d’uni­for­mi­ser les po­lices d’as­su­rance vie ? « C’est dif­fi­ci­le­ment conce­vable en as­su­rance vie per­ma­nente, en rai­son de ses com­po­santes d’in­ves­tis­se­ment et de fis­ca­li­té », af­firme Eve­lyne Ver­rier.

As­so­ciée au ca­bi­net d’avo­cats La­ve­ry, di­plô­mée en droit et en ac­tua­riat, Eve­lyne Ver­rier connaît l’in­dus­trie de l’as­su­rance. Elle co­or­donne le sec­teur de la dis­tri­bu­tion de pro­duits et ser­vices fi­nan­ciers de l’un des ca­bi­nets d’avo­cats les plus im­por­tants du Qué­bec.

« L’uni­vers de l’as­su­rance au­to­mo­bile s’est prê­té à l’uni­for­mi­sa­tion des contrats, car les pro­tec­tions sont simples, es­sen­tiel­le­ment la res­pon­sa­bi­li­té ci­vile et la col­li­sion. Ce­la en fait d’ailleurs un pro­duit ci­blé pour la dis­tri­bu­tion en ligne. Pour sa part, l’as­su­rance ha­bi­ta­tion s’y prête re­la­ti­ve­ment bien, en rai­son des quelques ni­veaux de pro­tec­tion qu’elle com­porte, ce qui facilite la com­pa­rai­son des po­lices. La si­tua­tion en as­su­rance de per­sonnes est dif­fé­rente, et il ne me semble pas pos­sible d’al­ler aus­si loin. Néan­moins, la si­tua­tion évo­lue », dit l’avo­cate.

Eve­lyne Ver­rier évoque le chan­tier de l’uni­for­mi­sa­tion en as­su­rance voyage et la ré­cente ligne di­rec­trice nu­mé­ro cinq de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne des com­pa­gnies d’as­su­rances de per­sonnes (ACCAP) qui oblige les as­su­reurs à four­nir des ren­sei­gne­ments pré­cis pour dé­fi­nir la po­lice (http://ti­nyurl.com/zy2­musm). La spé­cia­liste du droit des as­su­rances ajoute que « du tra­vail a été fait éga­le­ment en as­su­rance ma­la­dies graves sur le plan des dé­fi­ni­tions et des ex­clu­sions ».

L’as­su­rance vie pour­rait- elle être la pro- chaine cible des ef­forts de stan­dar­di­sa­tion de l’in­dus­trie de l’as­su­rance de per­sonnes ?

« La marche est haute ! », dit Me Ver­rier, in­vo­quant la com­plexi­té des vo­lets in­ves­tis­se­ment et fis­ca­li­té des pro­duits d’as­su­rance vie per­ma­nente. « De plus, chaque as­su­reur sou­haite se dé­mar­quer avec di­verses ca­rac­té­ris­tiques propres aux pro­duits d’as­su­rance vie per­ma­nente qui les rendent dif­fi­ci­le­ment com­pa­rables les unes avec les autres, se­lon qu’il s’agit de po­lices avec ou sans par­ti­ci­pa­tion, d’élé­ments du contrat ga­ran­tis ou non, des taux d’in­té­rêt, et autres ».

Se­lon cette avo­cate d’ex­pé­rience, les ma­nu­fac­tu­riers de pro­duits d’as­su­rance vie per­ma­nente pour­raient tou­te­fois être en me­sure d’ac­croître la stan­dar­di­sa­tion des illus­tra­tions. Eve­lyne Ver­rier évoque éga­le­ment la pos­si­bi­li­té d’en­ta­mer un cer­tain pro­ces­sus de stan­dar­di­sa­tion en as­su­rance vie tem­po­raire, puisque ces pro­duits sont « re­la­ti­ve­ment simples ».

Étant don­né que les po­lices d’as­su­rance vie ne pour­ront ja­mais de­ve­nir aus­si uni­formes que ce­lui de l’as­su­rance au­to­mo­bile, le rôle du conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière de­vient es­sen­tiel.

« Le conseiller doit se dis­tin­guer par la connais­sance la plus ap­pro­fon­die pos­sible de pro­duits qui ne pour­ront ja­mais être les mêmes d’un as­su­reur à l’autre. Il de­vra na­vi­guer dans la com­plexi­té et la so­phis­ti­ca­tion des pro­duits. Et c’est tout à son avan­tage, car ce­la dé­montre que le choix d’un conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière peut être aus­si im­por­tant que ce­lui d’un conseiller en va­leurs mo­bi­lières », dit l’avo­cate.

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