Place à l’in­for­ma­tique cog­ni­tive.

Des tech­no­lo­gies comme Wat­son ai­de­ront les conseillers à mieux ser­vir leurs clients.

Finance et Investissement - - LA UNE - GILLES LA­ROSE la­rose@ mai­son­di­gi­lor.ca

la ca­pa­ci­té des conseillers à ti­rer pro­fit des ren­sei­gne­ments dont ils dis­posent sur leurs clients est un élé­ment clé pour se dé­mar­quer. Et d’ici quelques an­nées, les sys­tèmes in­for­ma­tiques cog­ni­tifs pour­raient leur four­nir une aide pré­cieuse dans ce do­maine.

Ces sys­tèmes sont d’au­tant plus ap­pe­lés à jouer un rôle clé que les don­nées nu­mé­riques connaissent une forte crois­sance. C’est ce qu’a sou­li­gné Claude Guay, as­so­cié en chef pour le Qué­bec de Ser­vices d’af­faires mon­diaux IBM, lors d’une jour­née d’in­for­ma­tion qu’IBM or­ga­ni­sait ré­cem­ment pour pré­sen­ter son su­per­or­di­na­teur et sa tech­no­lo­gie cog­ni­tive Wat­son.

En ef­fet, la quan­ti­té de don­nées nu­mé­riques gé­né­rées en une an­née au­ra dé­cu­plé en 2020 par rap­port à 2013, pour s’éle­ver 44 zet ta­bytes, soit 44 000 mi l l iards de gi­ga­oc­tets ( un oc­tet = un ca­rac­tère), se­lon In­ter­na­tio­nal Da­ta Cor­po­ra­tion.

DON­NÉES PRÉ­CIEUSES

Une mise en contexte ra­pide ai­de­ra à mieux com­prendre la por tée de l’in­for­mat ique cog­ni­tive.

De­puis le dé­but de l’in­for­ma­tique, les conseillers ac­cu­mulent des don­nées de fa­çon struc­tu­rée.

Ain­si, vous uti­li­sez pro­ba­ble­ment un lo­gi­ciel de ges­tion de clien­tèle qui com­prend des champs dé­ter­mi­nés tels que le nom, le pré­nom et l’adresse des clients, ain­si que des ren­sei­gne­ments sur chaque pol ice d’as­su­rance.

Cette banque de don­nées vous per­met de sa­voir quels clients pos­sèdent une po­lice d’as­su­rance T10 ou un CELI. Vous pou­vez aus­si l’in­ter­ro­ger afin de re­pé­rer tous les clients pour les­quels vous avez no­té qu’i ls aiment le golf ou qu’ils at­tendent un en­fant.

Dans les faits, c’est vous qui dé­fi­nis­sez la re­cherche. L’or­di­na- teur ne fait qu’exé­cu­ter vos ins­truc­tions sur une masse de don­nées or­ga­ni­sées de fa­çon struc­tu­rée.

AIDE À LA DÉ­CI­SION

Et si l’or­di­na­teur, sans que vous lui de­man­diez quoi que ce soit, vous di­sait : « Voi­ci la liste de tes clients qui au­ront un en­fant dans les deux pro­chains mois ». Et vous sug­gé­rait des ca­deaux à leur don­ner ?

Ce n’est pas de la science-fic­tion. Les sys­tèmes cog­ni­tifs de l’en­ver­gure de Wat­son sont en me­sure de trai­ter des don­nées non struc­tu­rées, ou mé­ga­don­nées, et de leur at­tri­buer un sens, de fa­çon à four­nir des ren­sei­gne­ments qui mènent à une ac­tion.

Au­tre­ment dit, la ca­pa­ci­té ana­ly­tique des sys­tèmes cog­ni­tifs peut ai­der les en­tre­prises à prendre des dé­ci­sions op­ti­males.

Pre­nons un exemple ti­ré de la mé­téo. Dans ce do­maine, la simple ana­lyse de don­nées struc­tu­rées per­met de pré­dire la tem­pé­ra­ture. Un sys­tème in­for­ma­tique cog­ni­tif, lui, pour­rait al­ler plus loin en sug­gé­rant des fa­çons de s’ha­biller en fonc­tion de la tem­pé­ra­ture à ve­nir.

« Le sys­tème cog­ni­tif pro­pose une liste de ré­ponses qu’il af­fine en fonc­tion de ses in­ter­ac­tions avec l’uti­li­sa­teur. Il ne donne pas sou­vent “la” ré­ponse ( car elle n’existe pas dans l’ab­so­lu), mais la so­lu­tion la plus ac­cep­table, celle qui a le plus de chances de fonc­tion­ner dans un contexte don­né » ex­plique Ber­trand Du­per­rin, res

pon­sable du pôle Trans­for­ma­tion di­gi­tale chez Ema­ki­na France, sur son site In­ter­net per­son­nel.

Cet ex­pert sou­ligne d’ailleurs l’ex­pé­rience me­née à l’émis­sion

Jeo­par­dy, au cours de la­quelle l’or­di­na­teur cog­ni­tif Wat­son a bat­tu les meilleurs concur­rents (pour la vi­sion­ner, ren­dez-vous au http:// bit.ly/1dY8FwB)

AP­PREN­TIS­SAGE CONTI­NU

L’in­for­ma­tique cog­ni­tive com­prend trois élé­ments : une base de don­nées qui s’en­ri­chit conti­nuel­le­ment ; un or­di­na­teur conçu pour re­ce­voir des ap­pli­ca­tions de type cog­ni­tives ; et des ap­pli­ca­tions lo­gi­cielles cog­ni­tives comme celles qu’IBM et SAS dé­ve­loppent.

La va­leur de l’in­for­ma­tique cog­ni­tive ré­side dans le fait qu’on crée du sa­voir à par­tir de don­nées non or­ga­ni­sées afin d’ac­croître l’ex­per­tise de tous. Il s’agit donc d’un pro­ces­sus d’ap­pren­tis­sage conti­nu.

Se­lon IBM, la tech­no­lo­gie Wat­son « hausse ses connais­sances de trois fa­çons : par ce que ses uti­li­sa­teurs lui en­seignent, par ce qu’il dé­duit d’in­ter­ac­tions an­té­rieures et par les nou­velles in­for­ma­tions qu’on lui pré­sente. Au­tre­ment dit, les or­ga­ni­sa­tions peuvent mieux com­prendre et uti­li­ser les don­nées qui les en­tourent, puis s’en ser­vir pour prendre de meilleures dé­ci­sions » , lit- on sur son site In­ter­net.

SAS, un des lea­ders du do­maine, a no­tam­ment mis au point une ap­pli­ca­tion ca­pable d’in­ter­pré­ter l’ima­ge­rie mé­di­cale de fa­çon plus pré­cise et plus ra­pide que l’être hu­main. Dans le cas de cer­taines ma­la­dies, l’or­di­na­teur sug­gère le trai­te­ment qui au­ra le plus de chances d’être ef­fi­cace.

RÊ­VONS UN PEU

IBM et SAS offrent ain­si d’adap­ter leurs sys­tèmes lo­gi­ciels cog­ni­tifs à la réa­li­té d’af­faires de pe­tites en­tre­prises, et ce, à des prix abor­dables.

Et qu’en est-il du do­maine de la ges­tion fi­nan­cière ? Rê­vons un peu !

Ima­gi­nons que la tech­no­lo­gie d’IBM ou de SAS soit adap­tée à des ap­pli­ca­tions de ges­tion comme Kro­nos Fi­nance, REP­man et iGe­nyP­ro, de fa­çon à ce que le conseiller puisse en­core mieux ex­ploi­ter les mé­ga­don­nées sur sa clien­tèle.

Votre boîte de cour­riels se­rait alors ré­gu­liè­re­ment ali­men­tée d’oc­ca­sions d’af­faires : « Il y a 60 % de chances que les clients sui­vants soient ré­cep­tifs à une pro­po­si­tion d’as­su­rance ma­la­dies graves ». Ou en­core : « Pro­po­ser au client X la po­lice de la firme A avec rem­bour­se­ment des primes aux 15 ans. »

Non, je ne fa­bule pas ! Cette ap­proche cog­ni­tive est dé­jà uti­li­sée dans les sec­teurs ban­caire ( pour re­pé­rer des fraudes, entre autres), mé­di­cal et même de la mode ( http:// bit. ly/1Z7TRyo). C’est donc à suivre !

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