IN­DICE DE RÉ­FÉ­RENCE

Ces in­dices visent à pro­mou­voir les membres du CGE.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR RI­CHARD CLOUTIER FI

Les ges­tion­naires émer­gents ont le leur.

le con­seil des ges­tion

naires en émer­gence ( CGE) a off iciel­le­ment lan­cé à la mi- jan­vier deux in­dices des­ti­nés à mon­trer la per­for­mance conso­li­dée de fonds gé­rés par ses membres.

L’In­dice CGE-EMB QC Ac­tions et l’In­dice CGE-EMB QC Placements al­ter­na­tifs re­groupent res­pec­ti­ve­ment 9 et 13 fonds. Cer­taines firmes in­cluent plus d’un fonds dans l’in­dice.

Tous les fonds sont équi­pon­dé­rés et ont donc la même im­por­tance à l’in­té­rieur de l’in­dice. La part choi­sie pour chaque fonds se­ra celle de sé­rie F et la per­for­mance étu­diée de chaque fonds se­ra nette de tous frais. Le cal­cul de l’in­dice re­monte au 1er jan­vier 2016.

De même, un in­dice de ré­fé­rence a été créé pour chaque in­dice. Ceux-ci se com­posent d’une équi­pon­dé­ra­tion des dif­fé­rents in­dices de ré­fé­rence uti­li­sés par chaque fonds par­ti­ci­pant.

Le CGE bé­né­fi­cie dans cette dé­marche du sou­tien de Fi­nance

Mon­tréal et de Fun­da­ta Ca­na­da. « Nous avons en­vie de créer un en­goue­ment pour ces fonds et de créer un bench­mark CGE ( un point de ré­fé­rence), sou­ligne Étienne Tho­mas, di­rec­teur du Pro­jet - In­dice CGE. Au fi­nal, nous es­pé­rons que ça va per­mettre à ces fonds d’être sé­lec­tion­nés à titre de ca­té­go­rie d’ac­tif par les ins­ti­tu­tions et les grands in­ves­tis­seurs. »

Se­lon le site In­ter­net du CGE, l’in­dice CGE- EMB QC Ac­tions af­fiche un ren­de­ment de 9,25 % de­puis un an ( au 31 dé­cembre 2016), par rap­port à 12,26 % pour les pé­riodes res­pec­tives pour l’in­dice de ré­fé­rence, qui se com­pose d’une équi­pon­dé­ra­tion des dif­fé­rents in­dices de ré­fé­rence uti­li­sés par chaque fonds et sé­lec­tion­nés via Fun­da­ta.

Pour Étienne Tho­mas, qui a gé­ré ce pro­jet dans le cadre de sa maî­trise en fi­nances à HEC

Mon­tréal, la concep­tion de ces in­dices est d’au­tant plus in­té­res­sante « qu’il n’existe au­cun in­dice de per­for­mance concer­nant les gest ion­naires émer­gents à l’échelle mon­diale. Même aux États- Unis, on ne re­trouve pas d’in­dice sui­vant la per­for­mance de ges­tion­naires ayant un ac­tif sous ges­tion de moins de 1 G$, parce que là- bas pour être émergent, on parle da­van­tage d’ac­tif sous ges­tion de moins de 5 G$ ».

Au dé­part, le CGE pré­voyait pro­duire trois in­dices. « Le troi­sième in­dice, ce­lui concer­nant les titres à re­ve­nus fixes, met du temps à ve­nir parce qu’il y a en­core peu d’ac­teurs à Mon­tréal ou au Qué­bec ca­pables de se qua­li­fier », in­dique Étienne Tho­mas.

Jus­qu’ici, quelques firmes ont ex­pri­mé leur in­té­rêt à par­ti­ci­per au troi­sième in­dice, mais ce nombre est in­suf­fi­sant pour bâ­tir un in­dice re­pré­sen­ta­tif. Étienne Tho­mas est aus­si d’avis que la par­ti­ci­pa­tion des firmes au pro­jet est en par­tie frei­née par les frais d’ins­crip­tion au­près de Fun­da­ta, puis­qu’il « s’agit de frais im­por­tants pour de nom­breux ges­tion­naires émer­gents ».

Cet obs­tacle a tou­te­fois été contour­né, puisque de­puis la mi­jan­vier, les membres du CGE bé­né­fi­cient d’un ra­bais ap­pré- ciable sur l’ins­crip­tion à Fun­da­ta. Jus­qu’ici, la com­bi­nai­son des deux in­dices re­groupe une di­zaine de par­ti­ci­pants. Le CGE a l’ob­jec­tif de ras­sem­bler une tren­taine d’ac­teurs au sein de ce pro­jet.

« Ces in­dices re­pré­sentent éga­le­ment une ma­nière de faire la pro­mo­tion des ges­tion­naires qui sont membres du CGE » , in­dique Étienne Tho­mas.

Créé en jan­vier 2014, le CGE a pour mis­sion de contri­buer au dé­ve­lop­pe­ment des ent re­pre­neurs lo­caux qui émergent dans le sec­teur de la ges­tion de por­te­feuille, et dont l’ac­tif sous ges­tion est in­fé­rieur à 1 G$. Le CGE compte une cin­quan­taine de membres et ses act ions visent no­tam­ment à convaincre les in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels du Ca­na­da de leur confier des man­dats.

VI­TRINE ÉTROITE

Il n’y a rien de mal à se faire de la pu­bli­ci­té, mais ces « in­dices » sont plus une vi­trine pour fa­ci­li­ter la pu­bli­ci­té sur quelques fonds que des in­dices de mar­ché, in­dique Ri­chard Guay, pro­fes­seur au Dé­par­te­ment de fi­nance de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à

Mon­tréal, in­ter­ro­gé par Fi­nance et In­ves­tis­se­ment.

Se­lon lui, les consti­tuants des in­dices CGE sont beau­coup trop étroits pour se qua­li­fier « d’in­dices » de ré­fé­rence.

« Je se­rais très sur­pris que ces in­dices de­viennent des ré­fé­rence, no­tam­ment pour dé­ci­der si un in­ves­tis­seur re­di­ri­ge­ra des fonds dans cette ca­té­go­rie de l’ac­tif ou non. Pour prendre une telle dé­ci­sion, un in­ves­tis­seur uti­li­se­ra un “vrai” in­dice qui se­ra re­pré­sen­ta­tif de la ca­té­go­rie de l’ac­tif », dit-il.

Ri­chard Guay es­time qu’un bon in­dice de­vrait per­mettre une stra­té­gie de pla­ce­ment qui ré­plique cet in­dice, ce que ne per­met­traient pas les in­dices pro­po­sés par le CGE, puis­qu’ils sont construits avec une équi­pon­dé­ra­tion men­suelle.

« Je ne suis pas cer­tain qu’il soit pos­sible de mettre cette ap­proche en place avec un por­te­feuille réel, contrai­re­ment au S& P 500 ou au S& P/ TSX qui sont d’ailleurs très bien ré­pli­qués par des fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB) » , ana­lyse-t-il.

Au mieux ces « in­dices » se­ront sui­vis uni­que­ment pour avoir une me­sure du ren­de­ment moyen de quelques ges­tion­naires de fonds, pré­voit Ri­chard Guay.

Je se­rais très sur­pris que ces in­dices de­viennent des ré­fé­rences. — Ri­chard Guay

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