FNB pour les mar­chés haus­siers.

Une sé­lec­tion de trois FNB adap­tée au contexte haus­sier.

Finance et Investissement - - LA UNE - PAR YAN BARCELO par­ty.

FRAN­ÇOIS FOR­TIER AC­CORDE une place de choix aux fonds né­go­ciés en Bourse ( FNB), qui comptent au moins pour 50 % de l’ac­tif des por­te­feuilles qu’il gère.

« J’uti­lise beau­coup les FNB, parce qu’ils ré­pondent bien au be­soin de di­ver­si­fi­ca­tion », af­firme le ges­tion­naire de por­te­feui l le et di rec­teur à la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale – Ges­tion de pa­tri­moine.

Dans sa sé­lec­tion de FNB, il mise aus­si bien sur les fonds à ges­tion pas­sive que sur ceux à ges­tion ac­tive. « Il est im­por­tant que les deux as­pects soient pré­sents », dit-il.

Fran­çois For­tier, qui gère un ac­tif to­tal d’en­vi­ron 150 M$, ne né­glige pas pour au­tant les fonds com­muns de pla­ce­ment ( FCP), qui com­posent en­vi­ron 20 % de ses por­te­feuilles. Tou­te­fois, « il faut qu’un fonds com­mun gé­nère de l’al­pha ( plus-va­lue) en sé­rie F », sou­ligne-t-il.

Un dé­fi im­por­tant, compte te­nu de l’écart entre les frais de ges­tion des FCP et ceux des FNB. En ef­fet, les FNB les plus coû­teux de son por­te­feuille pré­lèvent des frais de 0,6 % seule­ment. ( Il faut ajou­ter à ces frais ceux de Fran­çois For­tier qui, se­lon la taille et/ou le pro­fil de risque du por­te­feuille, s’éta­blissent gé­né­ra­le­ment entre 0,60 % et 1,20 %.)

Nous sommes dans un contexte par­ti­cu­lier, juge Fran­çois For­tier.

Après un re­mar­quable mar­ché haus­sier qui dure de­puis plus de sept ans, « l’ar­ri­vée au pou­voir de Do­nald Trump a pro­pul­sé le mar­ché amé­ri­cain à un ni­veau en­core plus éle­vé, et plu­sieurs pensent que sa pous­sée du­re­ra en­core quatre ans. Per­sonne ne peut pré­voir quand la fête fi­ni­ra. Par contre, on sait qu’on n’est pas en dé­but de Une saine pru­dence s’im­pose. »

Sa sé­lec­tion de FNB cherche donc à te­nir compte de ces cir­cons­tances quelque peu dé­rou­tantes.

1. ISHARES S& P U. S. MID- CAP IN­DEX ETF ( XMH)

Ma­nu­fac­tu­rier : Bla­ckRock Créa­tion : août 2015 Ac­tif sous ges­tion ( ASG) : 96,8 M $ (au 10 fé­vrier 2017) Ra­tio des frais de ges­tion ( RFG) : 0,15 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 8,97 % (au 31 jan­vier 2017)

Dans un mar­ché de hausse à moyen terme, ce FNB, qui suit un in­dice Dow Jones com­po­sé de 400 titres amé­ri­cains de pe­tite ca­pi­ta­li­sa­tion, offre un plus fort po­ten­tiel de hausse que le sec­teur des titres de grande ca­pi­ta­li­sa­tion grâce à une vo­la­ti­li­té plus forte.

Ce sec­teur, bien qu’il soit plus ris­qué, offre un taux de ren­de­ment de di­vi­dende de 2 %, presque au­tant que ce­lui de l’in­dice Dow Jones, qui s’éta­blit à 2,24 %. L’avan­tage de ce FNB est donc double : po­ten­tiel de hausse plus grand que le sec­teur des so­cié­tés de grande ca­pi­ta­li­sa­tion avec un ni­veau de di­vi­dende presque équi­valent.

Deux autres fac­teurs ren­forcent l’in­té­rêt du fonds XMH : son RFG peu éle­vé ( 0,15 %) et sa cou­ver­ture du dol­lar ca­na­dien.

Le taux de change peut tou­jours nous ré­ser­ver des sur­prises, rap­pelle Fran­çois For­tier. C’est pour­quoi, dans la pers­pect ive ac­tuelle, il vaut mieux choi­sir un pro­duit cou­vert. « Si le ba­ril de pé­trole monte à 75 $ US ou si les taux montent à 3 %, ce se­ra avan­ta­geux pour le dol­lar ca­na­dien. On a tout in­té­rêt à se cou­vrir à ce mo­ment- ci. »

Aut re ca­rac­té­rist ique du XMH : son in­dice de ré­fé­rence ( qu’il cherche à re­pro­duire) re­groupe des banques ré­gio­nales amé­ri­caines. C’est un fac­teur très po­si­tif, juge Fran­çois For­tier, ce qui nous amène au pro­chain choix de FNB.

2. FINB BMO ÉQUIPONDÉRÉ BANQUES AMÉ­RI­CAINES COU­VERT EN DOL­LARS CA­NA­DIENS ( ZUB)

Ma­nu­fac­tu­rier : BMO Ges­tion mon­diale d’ac­tifs Créa­tion : mai 2010 ASG : 493 M $ (au 10 fé­vrier 2017) RFG : 0,40 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 10 % (au 31 jan­vier 2017)

Ce FNB, qui vise à re­pro­duire le ren­de­ment de l’in­dice So­lac­tive Equal Weight US Bank, pré­sente un pro­fil par­ti­cu­liè­re­ment at­trayant pour un épar­gnant qui n’est pas ex­po­sé au mar­ché amé­ri­cain, se­lon Fran­çois For­tier.

Tout d’abord, les me­sures de base des banques amé­ri­caines se com­parent avan­ta­geu­se­ment à celles des ins­ti­tu­tions ca­na­diennes. Au Ca­na­da, le ra­tio cours/va­leur comp­table s’éta­blit à 2,2 ; aux États-Unis, entre 1,2 et 1,4. De plus, « les mul­tiples cours/ bé­né­fices des banques amé­ri­caines sont plus bas que dans le mar­ché boursier gé­né­ral », note Fran­çois For­tier.

Par ailleurs, l’im­mo­bi­lier amé­ri­cain, re­ve­nu à des ni­veaux rai­son­nables, « rend les por­te­feuilles d’hy­po­thèques moins ris­qués, pré­cise le por­te­feuilliste. Et on che­mine vers des taux d’in­té­rêt plus éle­vés, ce qui va être plus pro­fi­table pour les banques ».

En­fin, les po­li­tiques de dé­ré­gle­men­ta­tion de Do­nald Trump fa­vor ise­ront pro­ba­ble­ment le sec­teur ban­caire, sans comp­ter le ra­pa­trie­ment des ca­pi­taux en terre amé­ri­caine, in­dique Fran­çois For­tier.

3. FNB HO­RI­ZONS AC­TIF ( HAF) RE­VE­NU FIXE MON­DIAL

Ma­nu­fac­tu­rier : Ho­ri­zons Créa­tion : juillet 2009 ASG : 43,4 M $ (au 10 fé­vrier 2017) RFG : 0,45 % Ren­de­ment an­nua­li­sé de­puis la créa­tion : 1,84 % (au 31 jan­vier 2017)

Ce FNB est consa­cré à des titres obli­ga­taires à re­ve­nu éle­vé de qua­li­té A à AAA dont la du­ra­tion moyenne s’éta­blit à trois ans.

Comme le re­con­naît Fran­çois For­tier, le fonds HAF n’est pas un pro­duit payant. Tou­te­fois, ajoute- t- il, après 15 an­nées de per­for­mance éton­nante, les obli­ga­tions sont main­te­nant ap­pe­lées à af­fron­ter des vents contraires.

Plu­sieurs épar­gnants n’ont pas le choix de s’ap­pro­vi­sion­ner en obli­ga­tions fé­dé­rales et pro­vin­ciales à hau­teur d’en­vi­ron 50 % de leur por­te­feuille. Mais s’il reste de la place, un pro­duit stra­té­gique comme le HAF est un bon choix, se­lon le por­te­feuilliste.

En ef­fet, l’un des moyens de na­vi­guer dans un contexte de re­tour­ne­ment des taux d’in­té­rêt est de fa­vo­ri­ser des titres de re­ve­nus ayant une courte du­rée. De cette fa­çon, on peut re­nou­ve­ler le por­te­feuille plus ra­pi­de­ment en se ré­ap­pro­vi­sion­nant en nou­veaux titres à ren­de­ments plus éle­vés.

Le HAF étant un FNB gé­ré ac­ti­ve­ment, qui pos­sède de sur­croît une courte du­ra­tion ac­tuel­le­ment, un épar­gnant pour­rait donc tra­ver­ser avec moins de dom­mages et de vo­la­ti­li­té un fu­tur cycle de taux d’in­té­rêt à la hausse.

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